jeudi 10 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2200344 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL RAYNAL DASSE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 mars 2022, Mme C B, représentée par Me Raynal, demande au tribunal d'enjoindre au préfet de l'Indre d'exécuter le jugement du tribunal administratif de Limoges n° 1900165 en date du 1er juillet 2021.
Elle soutient que le préfet de l'Indre n'a pas exécuté ce jugement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 août 2022, le préfet de l'Indre conclut au rejet de la requête comme non-fondée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le jugement n° 1900165 du tribunal administratif de Limoges ;
- l'ordonnance du 15 mars 2022 ouvrant une procédure juridictionnelle d'exécution du jugement n° 1900165 du tribunal administratif de Limoges ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Mège, rapporteur,
- les conclusions de Mme Benzaïd, rapporteure publique,
- et les observations de Me Raynal, représentant Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander à la juridiction, une fois la décision rendue, d'en assurer l'exécution. / Si le jugement ou l'arrêt dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte. ".
2. Mme B a fait l'objet, par arrêté du 28 juin 2017, d'une saisie d'armes d'une durée d'un an, puis à l'issue de ce délai, par décision du 30 novembre 2018, d'un refus de restitution des armes. Par un jugement n° 1900165 rendu le 1er juillet 2021, le tribunal administratif de Limoges, a annulé cette décision prise par le préfet de l'Indre au motif d'un défaut de motivation et a enjoint au préfet de l'Indre de réexaminer la situation de Mme B dans un délai d'un mois à compter de la notification de ce jugement. Il a également mis à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
3. En premier lieu, l'annulation prononcée par le tribunal n'appelait aucune autre mesure d'exécution que le réexamen par le préfet de l'Indre de la demande de restitution à Mme B de ses armes, notamment pas la restitution desdites armes. Il résulte de l'instruction que le préfet de l'Indre a, dès le 27 juillet 2021, réexaminé la situation de Mme B au regard de la législation sur la détention d'armes et lui a indiqué les raisons pour lesquelles la restitution de ses armes à l'issue du délai de saisie d'un an n'était pas possible. Cette décision a bien été notifiée à Mme B qui, avisée de la mise en instance du pli, ne l'a pas réclamé dans le délai requis auprès du bureau de poste. Enfin, la saisie définitive des armes de Mme B a été prononcée par un arrêté du 20 janvier 2022 et la circonstance que cet arrêté soit l'objet d'un recours pendant devant la juridiction est sans incidence sur l'exécution du jugement du 1er juillet 2021. Le préfet de l'Indre a ainsi exécuté le jugement n° 1900165 du 1er juillet 2021 annulant la décision du 30 novembre 2018.
4. En second lieu, aux termes du I de l'article 1er de la loi du 16 juillet 1980 relative aux astreintes prononcées en matière administrative et à l'exécution des jugements par les personnes morales de droit public, reproduit à l'article L. 911-9 du code de justice administrative : " Lorsqu'une décision juridictionnelle passée en force de chose jugée a condamné l'Etat au paiement d'une somme d'argent dont le montant est fixé par la décision elle-même, cette somme doit être ordonnancée dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision de justice. / () A défaut d'ordonnancement dans les délais mentionnés aux alinéas ci-dessus, le comptable assignataire de la dépense doit, à la demande du créancier et sur présentation de la décision de justice, procéder au paiement ". Dès lors que ces dispositions permettent à la partie gagnante, en cas d'inexécution d'une décision juridictionnelle passée en force de chose jugée, d'obtenir du comptable public assignataire le paiement de la somme que l'Etat est condamné à lui verser à défaut d'ordonnancement dans le délai prescrit, il n'y a, en principe, pas lieu de faire droit à une demande tendant à ce que le juge prenne des mesures pour assurer l'exécution de cette décision. Il en va toutefois différemment lorsque le comptable public assignataire, bien qu'il y soit tenu, refuse de procéder au paiement.
5. Mme B fait valoir que la somme mise à la charge de l'Etat au titre des frais d'instance ne lui a pas été versée. Toutefois, elle n'allègue , ni n'établit avoir fait les diligences auprès du comptable public pour obtenir le paiement de cette somme. Dans ces conditions, les conclusions de la requête tendant à enjoindre les mesures nécessaires à l'exécution de la condamnation de l'Etat au titre des frais d'instance ne sont pas fondées et doivent être rejetées.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B n'est pas fondée et doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er: La requête de Mme B est rejetée.
Article 2:Le présent jugement sera notifié à Mme C B, Me Raynal et au préfet de l'Indre.
Délibéré après l'audience du 27 octobre 2022 où siégeaient :
- Mme Mège, président-rapporteur,
- Mme Siquier, premier conseiller,
- Mme Gaullier-Chatagner, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 novembre 2022.
Le président-rapporteur,
C. MEGE
La 1ère assesseure,
H. SIQUIER
Le greffier,
M. A
La République mande et ordonne
au préfet de l'Indre en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour le Greffier en Chef
Le Greffier
M. A
mf
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026