mardi 29 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2200362 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | ROUX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, un mémoire et des pièces enregistrés les 17 mars 2022, 22 mars 2022 et 22 juillet 2022, Mme G E, représentée par Me Roux, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 15 juillet 2021 par laquelle le préfet de la Haute-Vienne a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Vienne de lui délivrer un titre de séjour et de travail, ou de prendre une nouvelle décision, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 794 euros à verser à son conseil sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- sa requête n'est pas tardive ;
- il n'est pas justifié de la compétence du signataire de la décision du 15 juillet 2021 ;
- la décision du 15 juillet 2021 est entachée d'un vice de procédure à défaut d'avis de la commission du titre de séjour ;
- la décision du 15 juillet 2021 méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, le 1. de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense enregistré le 14 avril 2022, la préfète de la Haute-Vienne conclut au rejet de la requête, à titre principal, comme irrecevable en raison de sa tardiveté, à titre subsidiaire, comme non-fondée.
Mme E a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 18 janvier 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Boschet a été entendu au cours de l'audience publique à laquelle les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Ressortissante guinéenne née le 7 juin 1997, Mme E est entrée en France en 2013. A sa majorité, elle s'est vu délivrer un titre de séjour portant la mention " étudiant " valable du 1er octobre 2016 au 30 septembre 2017. Par un arrêté du 23 novembre 2017, le préfet de la Haute-Vienne a refusé de renouveler son titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français. Le 30 avril 2021, elle a déposé une demande de délivrance d'une carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale " en raison de ses liens privés et familiaux. Par une décision du 15 juillet 2021, le préfet de la Haute-Vienne a rejeté cette demande. Mme E demande l'annulation de cette décision.
2. En premier lieu, M. H B, sous-préfet, directeur de cabinet du préfet de la Haute-Vienne et signataire de la décision attaquée, bénéficiait d'une délégation de signature du préfet de la Haute-Vienne en date du 6 août 2020, régulièrement publiée au recueil des actes administratifs spécial n° 87-2020-079 du même jour, à l'effet de signer " les arrêtés, décisions et actes pris sur le fondement du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile " en cas d'absence ou d'empêchement de M. Decours, secrétaire général. Alors qu'il n'est ni établi ni même soutenu que M. Decours était effectivement absent ou empêché à la date de la décision en litige, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de cette décision doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
4. Si, à la date de la décision litigieuse, Mme E était entrée il y a plus de huit ans en France, il ressort toutefois des pièces du dossier que le seul titre de séjour portant la mention " étudiant " dont elle a été titulaire du 1er octobre 2016 au 30 septembre 2017 ne lui donnait pas vocation à rester durablement dans ce pays, qu'elle a fait l'objet d'un arrêté du 23 novembre 2017 lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et l'obligeant à quitter le territoire français, qu'elle n'a pas exécuté cette mesure d'éloignement et que, depuis, elle n'a eu aucun titre de séjour. En outre, si elle se prévaut de la présence en France de son conjoint, M. A D, ressortissant guinéen avec lequel elle a eu ses deux fils F et C nés en janvier 2019 et novembre 2020, il ressort des pièces du dossier qu'elle n'était pas mariée avec lui, qu'il vivait en Indre-et-Loire où il avait déposé une demande d'asile et qu'à l'exception des actes de naissance des enfants, aucun élément probant n'est apporté pour justifier de l'intensité des liens entretenus entre eux ou entre le père et les enfants. Par ailleurs, la circonstance que M. A D ne pouvait pas encore être éloigné du territoire français dès lors que sa demande d'asile était toujours en cours d'examen ne faisait pas, par elle-même, obstacle à ce que le préfet de la Haute-Vienne refuse un titre de séjour à la requérante, cette décision n'ayant au demeurant ni pour objet ni pour effet de l'obliger à quitter le territoire français. Également, si Mme E indique qu'elle a obtenu un BEP et un BAC Pro accompagnement, soins et services à la personne respectivement en 2016 et en 2017, le parcours d'études de la requérante ne peut pour autant être regardé comme présentant un caractère remarquable. De plus, en dépit de la durée de sa présence en France, Mme E ne justifiait pas, à la date de la décision litigieuse, d'une intégration notable sur le plan socio-professionnel. Dans ces conditions, en refusant de lui délivrer un titre de séjour, le préfet de la Haute-Vienne n'a pas porté une atteinte disproportionnée au droit de Mme E au respect de sa vie privée et familiale. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit donc être écarté. Pour les mêmes motifs, Mme E n'est pas fondée à soutenir que la décision qui lui refuse la délivrance d'un titre de séjour est entachée d'erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
6. Outre que, comme il a été indiqué au point 4, l'intensité des liens entretenus entre M. A D et ses deux enfants n'est pas établie, la décision du 15 juillet 2021 du préfet de la Haute-Vienne n'a ni pour objet ni pour effet de séparer ces enfants de leurs parents. Par ailleurs, il n'est pas fait état d'obstacle à ce qu'à la date de cette décision, ces deux enfants, qui n'avaient pas encore été scolarisés en France, puissent être scolarisés en Guinée, pays dont ils avaient la nationalité, comme leurs parents. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance du 1. de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.
7. En dernier lieu, il résulte des dispositions de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour que le préfet n'est tenu de saisir la commission du titre de séjour que du cas des seuls étrangers qui remplissent effectivement les conditions prévues aux articles visés par ces dispositions auxquels il envisage néanmoins de refuser le titre de séjour sollicité, et non de celui de tous les étrangers qui s'en prévalent. Dès lors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme E remplissait les conditions pour se voir délivrer un titre de séjour de plein droit sur le fondement des dispositions auxquelles renvoie cet article L. 432-13, elle n'est pas fondée à soutenir que la commission du titre de séjour aurait dû être saisie en application de cet article avant l'intervention de la décision de refus du titre de séjour.
8. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir soulevée en défense, que les conclusions aux fins d'annulation de la décision du 15 juillet 2021 du préfet de la Haute-Vienne et, par voie de conséquence, les autres conclusions présentées par Mme E doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme E est rejetée.
Article 2 : Ce jugement sera notifié à Mme G E et au préfet de la Haute-Vienne.
Délibéré après l'audience du 15 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Revel, président,
M. Boschet, premier conseiller,
M. Gazeyeff, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 octobre 2024
Le rapporteur,
J.B. BOSCHET
Le président,
F.J. REVELLe greffier,
M. I
La République mande et ordonne
au préfet de la Haute-Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour le Greffier en Chef,
La Greffière
M. I
jb
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026