mardi 11 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2200459 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | JUGE UNIQUE A SLIMANI |
| Avocat requérant | LEBOUC DOROTHÉE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 4 avril 2022, 26 janvier et 13 mars 2024, Mme A B, représentée par Me Lebouc, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 22 mars 2022 par laquelle le président du conseil départemental de la Haute-Vienne a rejeté sa demande de remise de dette d'un montant de 6 148,23 euros au titre d'un trop-perçu de revenu de solidarité active pour la période de janvier 2019 à mars 2021 ;
2°) d'annuler la décision du 5 janvier 2022 par laquelle la caisse d'allocations familiales de la Haute-Vienne a mis à sa charge les sommes de 792,74 euros au titre d'indus d'aides exceptionnelles de fin d'année pour les mois de décembre 2019 et décembre 2020 et de 1 100 euros au titre d'indus d'aides exceptionnelles de solidarité pour les mois de mai et novembre 2020 ;
3°) d'annuler la décision du 5 janvier 2022 par laquelle la caisse d'allocations familiales a prononcé à son encontre une pénalité administrative d'un montant de 275 euros au titre de la fraude ;
4°) de la décharger des sommes précitées ;
5°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales et du département de la Haute-Vienne la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle n'a pas eu connaissance précisément du montant des revenus de son fils pendant la période en cause ;
- l'aide financière apportée par sa mère l'a été ponctuellement ;
- elle invoque son droit à l'erreur ;
- elle est de bonne foi et n'a jamais fraudé comme l'a relevé un jugement de relaxe du tribunal correctionnel de Limoges du 29 septembre 2022.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 20 février 2023 et 13 mars 2024, la caisse d'allocations familiales la Haute-Vienne conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- à titre principal, d'une part, elle n'est pas compétente pour défendre sur le terrain de l'indu de revenu de solidarité active, d'autre part, la requête est tardive concernant la fraude ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 21 février 2023 et 6 février 2024, le département de la Haute-Vienne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Par un courrier du 14 mai 2024, les parties ont été informées de ce que le tribunal est susceptible de relever un moyen d'office tiré de ce que les conclusions dirigées contre la pénalité administrative de 275 euros relèvent de la compétence du juge judiciaire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le décret n° 2019-1323 du 10 décembre 2019 ;
- le décret n° 2020-519 du 5 mai 2020 ;
- le décret n° 2020-1453 du 27 novembre 2020 ;
- le décret n° 2020-1746 du 29 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Ahmed Slimani, premier conseiller, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Par une décision du 23 mai 2024, le président du tribunal a désigné Mme Noémi Gaullier-Chatagner en qualité de rapporteure publique sur le fondement des dispositions de l'article R. 222-24 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
M. C a présenté son rapport au cours de l'audience publique à laquelle aucune des parties n'était présente ou représentée et à l'issue de laquelle a été prononcée la clôture d'instruction.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 18 octobre 2021, la caisse d'allocations familiales (Caf) de la Haute-Vienne a mis à la charge de l'intéressée les sommes de 5 573,22 euros au titre d'un trop-perçu de revenu de solidarité active, de 792,74 euros au titre d'indus d'aides exceptionnelles de fin d'année pour les mois de décembre 2019 et décembre 2020, de 1 100 euros au titre d'indus d'aides exceptionnelles de solidarité pour les mois de mai et novembre 2020. Par une décision du 17 novembre 2021, la Caf a indiqué à Mme B qu'elle envisageait de lui infliger une pénalité administrative de 275 euros au titre de la fraude. Par un courrier du 26 novembre 2021, l'intéressé a formé un recours contre ces décisions. Par une décision du 5 janvier 2022, la Caf a rejeté son recours au titre de la fraude, a confirmé la pénalité précitée et a également rejeté le surplus de la demande. Par une décision du 22 mars 2022, le président du conseil départemental de la Haute-Vienne a rejeté sa demande de remise de dette, faite le 26 novembre 2021, d'un montant ramené à 6 148,23 euros au titre d'un trop-perçu de revenu de solidarité active pour la période de janvier 2019 à mars 2021. Mme B demande l'annulation de ces décisions.
Sur la fin de non-recevoir opposée par la caisse d'allocations familiales :
2. Si la caisse d'allocations familiales fait valoir que la requête est tardive dès lors que l'intéressée avait un mois pour contester ses décisions du 5 janvier 2022, aucune preuve de leurs notifications n'est versée au dossier. Par suite, aucun délai ne peut être opposé à la requête de Mme B, laquelle a été enregistrée au greffe du tribunal le 4 avril 2022, soit dans un délai raisonnable au regard des décisions attaquées.
Sur la pénalité administrative :
3. Aux termes de l'article L. 114-17 du code de la sécurité sociale : " I.- Peuvent faire l'objet d'un avertissement ou d'une pénalité prononcée par le directeur de l'organisme chargé de la gestion des prestations familiales ou des prestations d'assurance vieillesse, au titre de toute prestation servie par l'organisme concerné : 1° L'inexactitude ou le caractère incomplet des déclarations faites pour le service des prestations, sauf en cas de bonne foi de la personne concernée ; / 2° L'absence de déclaration d'un changement dans la situation justifiant le service des prestations, sauf en cas de bonne foi de la personne concernée ; / 3° L'exercice d'un travail dissimulé, constaté dans les conditions prévues à l'article L. 114-15, par le bénéficiaire de prestations versées sous conditions de ressources ou de cessation d'activité ; / 4° Les agissements visant à obtenir ou à tenter de faire obtenir le versement indu de prestations servies par un organisme mentionné au premier alinéa, même sans en être le bénéficiaire ; / 5° Les actions ou omissions ayant pour objet de faire obstacle ou de se soustraire aux opérations de contrôle exercées, en application de l'article L. 114-10 du présent code et de l'article L. 724-7 du code rural et de la pêche maritime, par les agents mentionnés au présent article, visant à refuser l'accès à une information formellement sollicitée, à ne pas répondre ou à apporter une réponse fausse, incomplète ou abusivement tardive à toute demande de pièce justificative, d'information, d'accès à une information, ou à une convocation, émanant des organismes chargés de la gestion des prestations familiales et des prestations d'assurance vieillesse, dès lors que la demande est nécessaire à l'exercice du contrôle ou de l'enquête () ". Il résulte ensuite de l'article
L. 114-17-2 du même code : " I.- Le directeur de l'organisme mentionné aux articles L. 114-17 ou L. 114-17-1 notifie la description des faits reprochés à la personne physique ou morale qui en est l'auteur afin qu'elle puisse présenter ses observations dans un délai fixé par voie réglementaire. A l'expiration de ce délai, le directeur : 1° Décide de ne pas poursuivre la procédure ; 2° Notifie à l'intéressé un avertissement ; 3° Ou saisit la commission mentionnée au II du présent article. A réception de l'avis de la commission, le directeur : () c) Soit notifie à l'intéressé la pénalité qu'il décide de lui infliger, en indiquant le délai dans lequel il doit s'en acquitter ou les modalités selon lesquelles elle sera récupérée sur les prestations à venir. La pénalité est motivée et peut être contestée devant le tribunal judiciaire spécialement désigné en application de l'article L. 211-16 du code de l'organisation judiciaire () ".
4. Par décision du 5 janvier 2022, le directeur de la caisse d'allocations familiales de la Haute-Vienne a infligé à Mme B une pénalité administrative de 275 euros en application de l'article L. 114-17 du code de la sécurité sociale. Il résulte des dispositions précitées que la contestation d'une telle décision relève de la compétence du tribunal judiciaire. Par suite, les conclusions de la requête dirigées contre cette pénalité doivent être rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.
Sur l'étendue du litige :
5. Il résulte du mémoire en défense du département de la Haute-Vienne, enregistré le 6 février 2024, que seule la période d'octobre 2019 à mars 2021 portant sur un indu d'un montant de 5 573,22 euros au titre du revenu de solidarité active demeure à l'instance.
Sur le revenu de solidarité active :
En ce qui concerne le bien-fondé :
6. Aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active ". Aux termes de l'article L. 262-3 du même code : " Le montant forfaitaire mentionné à l'article L. 262-2 est fixé par décret. () / L'ensemble des ressources du foyer () est pris en compte pour le calcul du revenu de solidarité active () ". Aux termes de l'article R. 262-6 de ce code : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux. / () ".
7. Il résulte des dispositions précitées du code de l'action sociale et des familles que l'allocataire du revenu de solidarité active est tenu, à chaque nouveau trimestre, de déclarer auprès de l'organisme payeur de l'allocation l'ensemble de ses ressources dès lors qu'elles ne figurent pas dans la liste de l'article R. 262-11 du même code, lequel énumère limitativement les prestations, indemnités ou allocations qui sont exclues des ressources à prendre en compte au titre de l'article R. 262-6 précité, et ce quelle que soit leur origine, leur montant, leur appellation ou le régime de déclaration auquel elles sont soumises par une législation indépendante des dispositions du code de l'action sociale et des familles concernant le revenu de solidarité active.
8. En l'espèce, Mme B a fait l'objet d'un contrôle de sa situation au mois de juin 2021. Ce contrôle a mis en évidence que l'intéressée avait déclaré, sur la période d'octobre 2018 à décembre 2020 prise pour le calcul du RSA de janvier 2019 à mars 2021, la somme de 3 940 euros au lieu de la somme non sérieusement contestée de 11 272,28 euros, ce qui a engendré un trop-perçu de 6 148,23 euros, ramené ainsi qu'il a été dit au point 2 à la somme de 5 573,22 euros.
9. En premier lieu, aux termes de l'article L. 123-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Une personne ayant méconnu pour la première fois une règle applicable à sa situation ou ayant commis une erreur matérielle lors du renseignement de sa situation ne peut faire l'objet, de la part de l'administration, d'une sanction, pécuniaire ou consistant en la privation de tout ou partie d'une prestation due, si elle a régularisé sa situation de sa propre initiative ou après avoir été invitée à le faire par l'administration dans le délai que celle-ci lui a indiqué. / La sanction peut toutefois être prononcée, sans que la personne en cause ne soit invitée à régulariser sa situation, en cas de mauvaise foi ou de fraude () ".
10. Si l'intéressée invoque son droit à l'erreur, la décision par laquelle un trop-perçu de prestation est notifié à l'allocataire, sans que soit mise à sa charge, en supplément du montant de la prestation reçue à tort, une amende destinée à réprimer les manquements aux obligations déclaratives, ne constitue pas une sanction pécuniaire. Dès lors que la prestation versée initialement n'était pas due, la récupération de l'indu ne constitue pas davantage la privation de tout ou partie d'une prestation due. Par suite, le moyen tiré du droit à l'erreur en application des dispositions de l'article L. 123-1 du code des relations entre le public et l'administration doit être écarté.
11. En deuxième lieu, si Mme B fait valoir qu'elle n'a pas eu connaissance précisément du montant des revenus de son fils, qui était à sa charge, pendant la période en cause, il n'est pas contesté que son fils a perçu des rémunérations suite à différentes activités salariées pour un montant total de 978 euros qu'elle n'a pas déclaré.
12. En troisième lieu, il résulte de l'instruction que l'intéressée a perçu des aides financières de la part de sa mère, pour un montant total de 4 071,92 euros, soit 791,92 euros en juin 2019, 250 euros en décembre 2019, 600 euros en janvier 2020, 50 euros en février 2020, 370 euros en mars 2020, 180 euros en avril 2020, 600 euros en août 2020, 1 180 euros en septembre 2020 et 50 euros en décembre 2020. Alors que des aides régulières apportées par sa mère doivent être prises en compte dans le calcul des ressources quel que soit l'usage qui en est fait, Mme B ne fournit aucune pièce justificative ou explication suffisamment probante de nature à justifier l'absence de prise en compte de tout ou partie des sommes litigieuses précitées.
13. Enfin, l'autorité de chose jugée par une juridiction pénale ne s'impose au juge administratif qu'en ce qui concerne les constatations de fait qu'elle a retenues et qui sont le support nécessaire du dispositif d'un jugement qu'elle a rendu et qui est devenu définitif, tandis que la même autorité ne saurait s'attacher aux motifs d'un jugement de relaxe ou d'acquittement tirés de ce que les faits reprochés ne sont pas établis ou de ce qu'un doute subsiste sur leur réalité.
14. Le jugement du tribunal correctionnel de Limoges du 29 septembre 2022, dont il n'est pas contesté qu'il est devenu définitif, a prononcé la relaxe de Mme B sans se prononcer explicitement sur l'exactitude matérielle des faits qui lui étaient reprochés. Le jugement ainsi motivé et l'autorité de la chose jugée par le juge pénal ne pouvaient, dès lors, faire obstacle à ce que l'indu litigieux soit mis à la charge de Mme B.
15. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir que le président du conseil départemental de la Haute-Vienne aurait fait une inexacte application des dispositions citées au point 6 en procédant à la rectification de ses ressources pour la période litigieuse et en lui notifiant, en conséquence, l'indu de revenu de solidarité active litigieux.
En ce qui concerne la demande de remise de dette :
16. Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active.() La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil général ou l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active pour le compte de l'Etat, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration () ".
17. Il résulte du rapport d'enquête d'un agent assermenté, établi le 10 septembre 2021, qui fait foi jusqu'à preuve du contraire, que Mme B n'a pas déclaré l'intégralité de ses revenus en qualité de travailleur indépendant pour la période de juillet 2019 à février 2021, les salaires de son fils à charge au cours des années 2019 et 2020 ainsi que les aides financières versées par sa mère pendant l'année 2020. Par ailleurs, le rapport indique que l'intéressée a effectué du travail dissimulé au cours des mois de novembre et décembre 2019 et n'a pas déclaré le chiffre d'affaires réalisé à compter du 15 janvier 2020, date de l'inscription de sa micro entreprise à l'Urssaf, et ce jusqu'au mois de décembre 2020. Il résulte de ce qui vient d'être dit, alors que la relaxe du tribunal correctionnel de Limoges citée au point 14 n'est pas fondée sur l'absence de valeur probante des faits, que le trop-perçu de revenu de solidarité active versé à Mme B a pour origine des fausses déclarations concernant sa situation et particulièrement ses ressources. La réitération de ces fausses déclarations, au sens des dispositions de l'article
L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles sur la période en litige, commises par la requérante dans l'exercice de son obligation exclut sa bonne foi et fait obstacle au bénéfice d'une remise gracieuse. Dans ces conditions, la situation de la requérante ne justifie pas une remise totale ou partielle de l'indu en cause.
Sur les aides exceptionnelles de fin d'année :
18. Aux termes de l'article 3 du décret du 10 décembre 2019 susvisé : " Une aide exceptionnelle est attribuée aux allocataires du revenu de solidarité active qui ont droit à cette allocation au titre du mois de novembre 2019 ou, à défaut, du mois de décembre 2019, sous réserve que le montant dû au titre de ces périodes ne soit pas nul et à condition que les ressources du foyer, appréciées selon les dispositions prises en vertu de l'article L. 262-3 du code de l'action sociale et des familles, n'excèdent pas le montant forfaitaire mentionné à l'article L. 262-2 du même code. / Une seule aide est due par foyer ". Aux termes de l'article 3 du décret 29 décembre 2020 susvisé : " Une aide exceptionnelle est attribuée aux allocataires du revenu de solidarité active qui ont droit à cette allocation au titre du mois de novembre 2020 ou, à défaut, du mois de décembre 2020, sous réserve que le montant dû au titre de ces périodes ne soit pas nul. Une seule aide est due par foyer ".
19. Il résulte de ce qui a été dit au point 15 que Mme B ne disposait plus d'aucun droits au revenu de solidarité pour les mois de décembre 2019 et décembre 2020. Par conséquent, elle ne pouvait pas bénéficier des aides exceptionnelles de fin d'année en cause.
Sur les aides exceptionnelles de solidarité :
20. Selon les articles 1er et 2 du décret du 5 mai 2020 portant attribution d'une aide exceptionnelle de solidarité liée à l'urgence sanitaire aux ménages les plus précaires et du décret du 27 novembre 2020 portant attribution d'une aide exceptionnelle de solidarité liée à la crise sanitaire aux ménages et aux jeunes de moins de 25 ans les plus précaires, l'aide exceptionnelle de solidarité est versée au titre des mois d'avril ou de mai 2020 et au titre des mois de septembre ou d'octobre 2020 aux bénéficiaires du revenu de solidarité active dont le montant de l'allocation n'est pas nul durant ces mois.
21. En l'espèce, il résulte de l'instruction que l'indu de revenu de solidarité active a été mis à la charge de Mme B pour la période d'octobre 2019 à mars 2021. Ainsi, elle n'avait pas droit à cette aide pour les mois de mai et novembre 2020.
22. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée, y compris ses conclusions aux fins de décharge et celles liées au frais du litige.
D E C I D E :
Article 1er: Les conclusions de la requête de Mme B dirigées contre la décision du 5 janvier 2022 lui infligeant une pénalité administrative sont rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.
Article 2:Le dossier de la requête concernant les conclusions mentionnées à l'article 1er du présent jugement est transmis au pôle social du tribunal judiciaire de Limoges.
Article 3:Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4:Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à Me Lebouc, au département de la Haute-Vienne, à la ministre du travail, de la santé et des solidarités et à la présidente du tribunal judiciaire de Limoges (pôle social). Une copie sera adressée à la caisse d'allocations familiales de la Haute-Vienne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juin 2024.
Le magistrat désigné,
A. C
La greffière en chef,
A. BLANCHON
La République mande et ordonne
à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
La Greffière en Chef
A. BLANCHON
if
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026