mercredi 6 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2200634 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | MOREAU LISE-NADINE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces enregistrées les 6 mai et 14 juin 2022, M. A C, représenté par Me Moreau, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 8 mars 2022 par lequel la préfète de la Haute-Vienne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi, ensemble la décision du 14 juin 2022 rejetant son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre à la préfète de la Haute-Vienne de lui délivrer un titre de séjour ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans un délai de 2 mois ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 500 euros à son avocate, en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. C soutient que :
Sur le refus de titre de séjour :
- la décision est entachée d'un vice de procédure dès lors que la commission du titre de séjour n'a pas été saisie ;
- la décision méconnaît l'article 7.b et l'article 9 de l'accord franco-algérien dès lors que la préfète s'est crue en compétence liée par l'absence de visa long séjour ;
- elle contrevient au 5) de l'article 6 de cet accord et à l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est entachée d'une erreur de fait ;
- la préfète s'est crue liée par la décision lui refusant le bénéfice d'un titre de séjour ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an :
- la décision est illégale par voie de conséquence de l'illégalité du refus de titre de séjour et de la décision portant obligation de quitter le territoire français sur lesquelles elle se fonde ;
- la préfète s'est crue à tort en situation de compétence liée ;
- la décision est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 juin 2022, la préfète de la Haute-Vienne conclut au rejet de la requête et soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
M. C a présenté un mémoire le 21 juin 2022 qui a été enregistré sans être communiqué.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 13 avril 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique,
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- les observations de Me Moreau, représentant M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant algérien né en 1980, est entré en France le 8 septembre 2017 sous couvert d'un visa de court séjour. Il a sollicité, le 10 septembre 2021, la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " salarié ". Par un arrêté du 8 mars 2022 dont l'intéressé demande l'annulation, la préfète de la Haute-Vienne a refusé de faire droit à cette demande, a obligé l'intéressé à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours, a fixé le pays de renvoi et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an. M. C doit également être regardé comme demandant l'annulation de la décision 14 juin par laquelle la préfète de la Haute-Vienne a rejeté son recours gracieux.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Il ressort des pièces du dossier que M. C, entré en France en septembre 2017, est père d'une enfant de nationalité algérienne née en 2011 qui vit en France à Aubagne avec sa mère, de nationalité algérienne, titulaire d'un certificat de résidence de 10 ans et dont l'intéressé a divorcé le 3 août 2017. Il ressort de ces mêmes pièces, notamment de l'avis d'imposition de l'année 2021, que M. C verse une pension alimentaire de 300 euros par mois pour sa fille, sans même qu'il n'ait été contraint de verser une telle contribution par le jugement de divorce du 3 août 2017, qu'il participe aux frais de scolarité de celle-ci par la prise en charge de l'assurance scolaire et extra-scolaire, et qu'il a ouvert un livret A à son nom en janvier 2022. Quand bien même il n'a pas la garde de cette enfant, il doit être regardé comme contribuant à l'entretien et à l'éducation de celle-ci, ce qui n'est au demeurant pas contesté par la préfète de la Haute-Vienne. En outre, il est constant que M. C exerce une activité professionnelle déclarée en France au moins depuis avril 2018 en tant que mécanicien dans un garage en Isère, puis en qualité de réparateur de palettes au sein de l'entreprise TOP PALETTES située à Sauviat-Sur-Vige à compter de novembre 2020. Dans ces conditions, alors que l'intéressé dispose en France de deux frères de nationalité française et d'une sœur, au vu de cet ensemble d'éléments caractérisant la situation personnelle de l'intéressé, la préfète doit être regardée, dans les circonstances de l'espèce, comme ayant commis, en refusant de lui délivrer un titre de séjour, une erreur manifeste quant à l'appréciation des conséquences de ce refus sur cette situation. Dès lors, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, M. C est fondé à demander l'annulation de ce refus de titre de séjour ainsi que, par voie de conséquence, l'annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français, fixant le pays de renvoi et lui faisant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
3. Compte tenu du motif sur lequel elle repose, l'annulation des décisions litigieuses implique nécessairement, sous réserve de l'absence d'un changement dans les circonstances de droit ou de fait, qu'il soit enjoint à la préfète de la Haute-Vienne de délivrer à M. C une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ", dans un délai de deux mois à compter de la notification de ce jugement.
Sur les frais d'instance :
4. M. C a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son conseil peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Moreau renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à sa charge le versement à ce conseil de la somme de 1 200 euros.
D E C I D E :
Article 1er: L'arrêté du 8 mars 2022 par lequel la préfète de la Haute-Vienne a refusé de délivrer un titre de séjour à M. C et la décision du 14 juin 2022 portant rejet de son recours gracieux sont annulés.
Article 2:Sous réserve de l'absence d'un changement dans les circonstances de droit ou de fait, il est enjoint à la préfète de la Haute-Vienne de délivrer à M. C un titre de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ", dans un délai de deux mois à compter de la notification de ce jugement.
Article 3:L'Etat versera à Me Moreau une somme de 1 200 (mille deux cents) euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de celles du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que celle-ci renonce à percevoir la part contributive de l'Etat à la mission d'aide juridictionnelle.
Article 4:Le présent jugement sera notifié à M. A C et à la préfète de la Haute-Vienne.
Délibéré après l'audience du 23 juin 2022 où siégeaient :
- M. Gensac, président,
- M. Martha, premier conseiller,
- M. Boschet, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juillet 2022.
Le rapporteur,
F. B
Le président,
P. GENSAC
Le greffier,
G. JOURDAN-VIALLARD
La République mande et ordonne
à la préfète de la Haute-Vienne en ce qui la concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour le Greffier en Chef
Le Greffier
G. JOURDAN-VIALLARD
aj
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026