LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA87-2200831

Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2200831

jeudi 15 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2200831
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationJUGE UNIQUE D JOSSERAND-JAILLET
Avocat requérantMARTY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 16 juin 2022, Mme B D A, représenté par Me Marty, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté en date du 20 mai 2022 en tant que, par celui-ci, la préfète de la Haute-Vienne lui a retiré une attestation de demande d'asile, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, l'a interdite de retour sur le territoire français pour une durée d'un an, et a fixé le pays de renvoi ;

2°) d'enjoindre à la préfète de la Haute-Vienne de lui délivrer un titre de séjour l'autorisant à travailler, subsidiairement de réexaminer sa situation, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative, et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve pour ce conseil de renonciation à percevoir la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.

Elle soutient que :

Concernant l'obligation de quitter le territoire français et la décision fixant le pays de renvoi :

- elles révèlent un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;

- elles portent une atteinte disproportionnée à son droit à une vie privée et familiale normale qu'elle tient notamment des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elles sont entachées d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle.

Concernant l'interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est illégale du fait de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire et de celle du refus de séjour ;

- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit à une vie privée et familiale normale qu'elle tient notamment des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense, enregistré le 28 juin 2022, la préfète de la Haute-Vienne conclut au rejet de la requête.

Elle soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision en date du 22 juin 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la Constitution du 4 octobre 1958 ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Vu l'arrêté du vice-président du Conseil d'Etat en date du 10 mai 2022 par lequel M. Daniel Josserand-Jaillet, président honoraire du corps des magistrats des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel, a été inscrit sur la liste des magistrats honoraires prévue à l'article L. 222-2-1 du code de justice administrative.

Par une décision du 1er septembre 2022, M. Daniel Josserand-Jaillet, président de tribunal administratif honoraire, a été désigné par le président du tribunal pour exercer les pouvoirs qui lui sont conférés par les articles L. 776-1, R. 776-1 et R. 776-13-1 à R. 776-13-3 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir entendu au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. C,

- les observations de Me Marty, représentant Mme A.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B D A, ressortissante angolaise née le 18 mars 1998 à Lunda Sul, est, selon ses déclarations, entrée irrégulièrement, avec sa mère, et un frère et une sœur mineurs, le 10 mars 2019, en France, où elle a formé une demande d'asile qui, jointe en dernière instance à celles présentées par sa mère et ses frères et soeurs, a été rejetée le 10 août 2021 par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), confirmée par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 28 avril 2022. Elle a également sollicité, le 9 novembre 2021, la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " étudiant ", que la préfète de la Haute-Vienne lui a refusée par une décision du 16 décembre 2021, devenue définitive. Par un arrêté du 20 mai 2022, notifié le 27 mai suivant par la voie postale, la préfète de la Haute-Vienne lui a retiré son attestation de demande d'asile, l'a obligée à quitter le territoire français en lui fixant un délai de départ volontaire de trente jours, a fixé le pays de destination, et lui a interdit le retour en France pendant un an. Mme A demande l'annulation de l'ensemble de ces décisions.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne la légalité de l'obligation de quitter le territoire et de la décision fixant le pays de renvoi :

2. En premier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier, et notamment des mentions de l'arrêté en litige, qui comporte les éléments de fait propres à la situation personnelle de l'intéressée quant à son séjour en France sollicité tant en qualité de réfugié qu'au regard de son cursus scolaire et de sa vie privée et familiale replacée dans le contexte des circonstances de son arrivée et de la présence des membres de sa famille en France, que la préfète de la Haute-Vienne ne se serait pas livrée à un examen sérieux et approfondi de la situation de Mme A pour décider de l'obliger à quitter le territoire français et pour fixer le pays de destination de son éloignement, ces deux décisions n'ayant en tout état de cause pas à recevoir une motivation distincte de celle de l'acte qui les comporte. Le moyen qui en est tiré doit dès lors être écarté.

3. En second lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Ces stipulations ne sauraient, en tout état de cause, s'interpréter comme comportant pour un Etat l'obligation générale de respecter le choix, par un demandeur de titre de séjour, d'y établir sa résidence privée et de permettre son installation ou le regroupement de sa famille sur son territoire. En outre, il appartient à l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France, tel qu'il ressort de ces mêmes stipulations, de celles, en tout état de cause, de l'article 23 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques du 19 décembre 1966, ou tel qu'il découle de la Constitution du 4 octobre 1958, d'apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a, le cas échéant, conservés dans son pays d'origine.

4. Mme A, dont la demande d'asile a été définitivement rejetée conjointement avec celles effectuées par sa mère et ses frères et sœurs mineurs et majeurs, qui faisaient valoir des faits communs, regardés comme non établis par l'Ofpra et la CNDA, est entrée sur le territoire français le 10 mars 2019 selon ses déclarations, à l'âge de vingt-et-un ans, avec sa mère et ses frère et sœur alors âgés de dix et treize ans, à peine un mois après l'arrivée sur le territoire de ses deux autres frères, Leonildo Ernesto A et Leonardo Ernesto A, ce dernier muni d'un visa de court séjour, alors mineur et pris en charge en mars 2019 par l'aide sociale à l'enfance. Mme A a ensuite poursuivi une scolarité à l'institut universitaire de technologie de Limoges. Si, dans ces conditions particulières à l'espèce, elle justifie des conditions de sa scolarité, produisant à l'appui les justificatifs de son assiduité ainsi que les bulletins scolaires et de nombreuses attestations de soutien concernant son frère Leonardo, l'ensemble de ces circonstances ne révèle pas, en lui-même, l'existence d'une insertion particulière dans la société française de cette jeune majeure, très récemment arrivée en France, dont les pièces du dossier révèlent l'indépendance envers sa famille, à la date de l'obligation de quitter le territoire en litige. Elle ne peut notamment utilement à cet égard faire valoir la présence de sa famille en France, dès lors que tous les membres de cette dernière, sans qu'au demeurant soient expliqués les liens qu'elle entretient avec eux alors que notamment son frère, dont elle se prévaut de l'insertion exemplaire, est resté depuis son arrivée en charge de l'aide sociale à l'enfance, sont en situation irrégulière après le rejet de leurs demandes d'asile et les obligations de quitter le territoire français édictées à leur encontre ensuite de ce rejet. Aucun élément nouveau relatif aux conditions du départ de la famille d'Angola n'est produit à l'instance, et il ne ressort des pièces du dossier aucun obstacle à ce que l'ensemble de la cellule familiale, le cas échéant élargie aux enfants majeurs, se reconstitue dans le pays d'origine commun à sa fratrie majeure et sa mère où l'intéressée pourra poursuivre son cursus d'études. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de son droit à une vie privée et familiale normale, et d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle doivent être écartés.

5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête tendant à l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français et de la décision fixant le pays de destination doivent être rejetées.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an :

6. En premier lieu, par suite, le moyen tiré de ce que l'interdiction de retour sur le territoire français serait entachée d'illégalité en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire doit être écarté. Par ailleurs, à supposer le moyen explicitement invoqué, Mme A ne peut utilement, alors au surplus qu'elle n'articule aucun grief à l'encontre de cette décision, exciper par la voie de l'exception une illégalité de la décision du 16 décembre 2021 portant refus de délivrance d'un titre de séjour portant la mention " étudiant ", cette décision étant devenue définitive à la date de l'enregistrement de la requête.

7. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux développés aux points 3 et 4 ci-dessus, les moyens tirés de l'atteinte au droit de Mme A à la vie privée et familiale normale, de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation, articulés contre l'interdiction de retour sur le territoire français, doivent être écartés.

8. Il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation des décisions en litige. Par voie de conséquence, les conclusions de la requête à fin d'injonction doivent être rejetées.

Sur l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance, verse une somme au conseil de Mme A au titre des frais liés au litige.

D E C I D E :

Article 1er: La requête de Mme A est rejetée.

Article 2:Le présent jugement sera notifié à Mme B D A et à la préfète de la Haute-Vienne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 septembre 2022.

Le magistrat désigné,

D. C

Le greffier,

G. JOURDAN-VIALLARD

La République mande et ordonne

à la préfète de la Haute-Vienne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme

Pour Le Greffier en Chef

Le Greffier

G. JOURDAN-VIALLARD

aj

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions