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AccueilJurisprudence administrativeN° TA87-2200857

Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2200857

vendredi 27 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2200857
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation2ème chambre
Avocat requérantKARAKUS-GURSAL HANIFE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 22 juin 2022, M. B A, représenté par Me Karakus, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 23 mai 2022 par laquelle le directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii) a mis fin aux conditions matérielles d'accueil dont il bénéficiait ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros, à verser à son conseil, en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et sous réserve qu'il renonce à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

- la décision contestée est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense, enregistré le 28 juillet 2023, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête comme non fondée.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle par une décision du 20 juillet 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Mme Chambellant a présenté son rapport au cours de l'audience, les parties n'étant ni présentes ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant afghan né en 1996, a sollicité le bénéfice de l'asile le 15 avril 2022 et a accepté, le même jour, les conditions matérielles d'accueil proposées par l'Ofii. Par une décision du 23 mai 2022, l'Ofii a décidé de mettre fin à ses conditions matérielles d'accueil au motif qu'il n'avait pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile en dissimulant le fait qu'il avait déjà obtenu la protection internationale en Grèce. Il sollicite l'annulation de cette décision.

2. En premier lieu, la décision du 23 mai 2022 vise les articles L. 551-16 et R. 551-18 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, mentionne la date d'enregistrement de la demande d'asile de M. A et indique les considérations de fait qui ont conduit à son édiction, en particulier la circonstance que M. A n'a pas respecté les exigences des autorités en charge de l'asile dans le cadre de la procédure " Dublin ", qui en constituent le fondement. Elle mentionne également que l'évaluation de sa situation personnelle et familiale ne fait pas apparaître de facteur particulier de vulnérabilité. Dès lors, la décision contestée est suffisamment motivée en droit et en fait. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation ne peut qu'être écarté.

3. En second lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Il est mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur, dans le respect de l'article 20 de la directive 2013/33/ UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, dans les cas suivants : / () / 3° Il ne respecte pas les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes () ".

4. D'une part, le motif de la décision entre dans le champ d'application du 3° de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui prévoit que les demandeurs d'asile fournissent les informations utiles à l'examen de sa demande. Le moyen tiré de l'erreur de droit qui aurait été commise par le directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration doit donc être écarté.

5. D'autre part, il ressort des pièces du dossier, et notamment des informations communiquées à l'Office français de l'immigration et de l'intégration le 15 avril 2022 par le ministère de l'intérieur, que M. A a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire en Grèce le 20 décembre 2021. Ainsi, et alors en outre que l'intéressé a finalement lui-même fait état de cet élément dans son courrier du 24 mai 2022, l'Office français de l'immigration et de l'intégration n'a pas fait une inexacte application de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni commis d'erreur manifeste d'appréciation en estimant que l'intéressé n'avait pas fourni toutes les informations utiles à l'instruction de sa demande et en mettant fin, en conséquence, au bénéfice des conditions matérielles d'accueil qui lui avait été antérieurement accordé. Par suite, le moyen doit être écarté.

6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. A tendant à l'annulation de la décision de l'Ofii du 23 mai 2022 doivent être rejetées, ainsi que par voie de conséquence, ses conclusions relatives aux frais de l'instance.

D E C I D E :

Article 1er: La requête de M. A est rejetée.

Article 2: Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Karakus et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

Délibéré après l'audience du 17 décembre 2024 où siégeaient :

- M. Revel, président,

- M. Christophe, premier conseiller,

- Mme Chambellant, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 décembre 2024.

La rapporteure,

J. CHAMBELLANT

Le président,

F-J. REVEL

La greffière,

M. C

La République mande et ordonne

au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme

La Greffière en Chef

La Greffière

M. C

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