jeudi 29 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2200876 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | AVOC'ARENES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 24 juin 2022, M. B A, représenté par Me Toulouse, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler, d'une part, l'arrêté du 9 juin 2022 par lequel la préfète de la Haute-Vienne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an et, d'autre part, l'arrêté du 23 juin 2022 par lequel la préfète de la Haute-Vienne l'a assigné à résidence dans ce département pour une durée de 45 jours ;
3°) d'enjoindre à la préfète de la Haute-Vienne, à titre principal, de lui délivrer un certificat de résidence algérien dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation au regard de son droit au séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et, en tout état de cause, de lui délivrer immédiatement une autorisation provisoire de séjour, dans l'attente d'une nouvelle décision relative à son droit au séjour ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 312-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 7 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et celles du 5 de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français sans délai :
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire.
En ce qui concerne la décision portant fixation du pays de renvoi :
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
En ce qui concerne la décision portant assignation à résidence :
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est disproportionnée au regard du droit constitutionnel d'aller et de venir et de son droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 juin 2022, la préfète de la Haute-Vienne conclut au rejet de la requête comme non fondée.
Par ordonnance du 29 juin 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 18 août 2022.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 20 juillet 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme D a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président ". Aux termes du second alinéa de l'article 61 du décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 pris pour l'application de ces dispositions : " L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ".
2. M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 20 juillet 2022. Par suite, ses conclusions tendant à ce qu'il soit admis à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle sont devenues sans objet. Il n'y a plus lieu d'y statuer.
Sur l'étendue du litige :
3. Par un jugement du 28 juin 2022, le président du tribunal a, d'une part, rejeté les conclusions de la requête dirigées contre la décision du 9 juin 2022 par laquelle la préfète de la Haute-Vienne a obligé M. A à quitter le territoire français sans délai et contre l'arrêté du 23 juin 2022 l'assignant à résidence et a renvoyé à une formation collégiale du tribunal l'examen des conclusions dirigées contre la décision de refus de titre de séjour.
4. Par suite, il n'y a lieu, dans la présente instance, que de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation de la décision portant refus de titre de séjour contenue dans l'arrêté du 9 juin 2022 et sur les conclusions accessoires afférentes.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
5. En premier lieu, aux termes de l'article 7 de l'accord franco-algérien du 27 décembre décembre 1968 modifié: " () / b) Les ressortissants algériens désireux d'exercer une activité professionnelle salariée reçoivent après le contrôle médical d'usage et sur présentation d'un contrat de travail visé par les services du ministre chargé de l'emploi, un certificat de résidence valable un an pour toutes professions et toutes régions, renouvelable et portant la mention " salarié " : cette mention constitue l'autorisation de travail exigée par la législation française ". Et enfin, selon l'article 9 de ce même accord : " () Pour être admis à entrer et séjourner plus de trois mois sur le territoire français au titre des articles 4, 5,7, 7 bis al. 4 (lettre c et d) et du titre III du protocole (), les ressortissants algériens doivent présenter un passeport en cours de validité muni d'un visa de long séjour délivré par les autorités françaises ". Il résulte de ces stipulations que la délivrance d'un certificat de résidence d'un an, que ce soit sur le fondement de l'article 5 ou sur le fondement du b) de l'article 7 de l'accord franco-algérien, est subordonnée à l'obtention d'un visa de long séjour.
6. En l'espèce, si M. A fait valoir qu'il est le conjoint d'une ressortissante française, il précise toutefois lui-même être séparé de sa compagne. Ainsi, et dès lors qu'il soutient résider chez l'un de ses oncles, il n'établit aucunement l'existence d'une communauté de vie avec sa femme. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier qu'il est entré en France sous couvert d'un visa court séjour et que, après avoir été mis en possession d'un certificat de résidence algérien entre le 9 juillet 2019 et le 8 juillet 2020, il a fait l'objet d'un arrêté portant obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de l'Ain le 19 octobre 2020 et qu'il s'est ensuite maintenu irrégulièrement sur le territoire français dès lors qu'il n'a pas exécuté l'obligation qui lui était faite. Par suite, la préfète de la Haute-Vienne pouvait légalement refuser de lui délivrer le titre de séjour sollicité pour le seul motif tiré du défaut de visa de long séjour. Dans ces conditions, M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision de la préfète de la Haute-Vienne portant refus de titre de séjour méconnaîtrait les stipulations précitées de l'accord franco-algérien et les dispositions de l'article L. 312-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors même qu'il soutient qu'il aurait dû bénéficier de plein droit d'un visa de long séjour lors de son entrée en France en raison de la nationalité française de son épouse.
7. En second lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien : " Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit () 5) au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus () ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ".
8. Si M. A se prévaut de ce que ni lui ni sa femme n'ont initié une procédure de divorce, les pièces du dossier établissent l'absence de vie commune. En outre, si l'intéressé soutient que des membres de sa famille résident en France, il ressort toutefois des pièces du dossier qu'il est entré récemment sur le territoire, en mai 2019, et qu'il ne conteste pas avoir conservé des liens dans son pays d'origine, dans lequel il a vécu jusqu'à l'âge de 25 ans. De plus, s'il soutient être hébergé par sa famille, il apparait que M. A, qui a déclaré lors de sa demande de titre de séjour être séparé de son épouse, a élu domicile au centre communal d'action sociale de Limoges depuis le 11 mars 2022, ce qui n'est pas de nature à justifier de liens d'une particulière intensité avec les personnes hébergeantes. Si le requérant a produit à l'appui de sa demande de titre de séjour une demande d'autorisation de travail formulée par l'entreprise Bâti Confort installée au Palais-sur-Vienne (Haute-Vienne), cet élément n'est pas de nature à établir qu'il aurait transféré le centre de ses intérêts personnels et familiaux en France. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que la préfète de la Haute-Vienne aurait porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien modifié.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A contre la décision du 9 juin 2022 par laquelle la préfète de la Haute-Vienne a refusé de lui délivrer un titre de séjour doivent être rejetées. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction assortie d'une astreinte, ainsi que ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er: Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2:Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3:Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Toulouse et à la préfète de la Haute-Vienne.
Délibéré après l'audience du 15 septembre 2022 où siégeaient :
- Mme Mège, président,
- Mme Siquier, première conseillère,
- Mme Gaullier-Chatagner, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 septembre 2022.
La rapporteure,
H. D
Le président,
C. MEGE
Le greffier,
M. C
La République mande et ordonne
A la préfète de la Haute-Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour le Greffier en Chef
Le Greffier
M. C
mf
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026