jeudi 27 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2200892 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | DUMONT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 juin 2022, Mme B A épouse C et M. E C, représentés par Me Dumont, demandent :
1°) d'annuler la décision du 26 avril 2022 par laquelle la préfète de la Haute-Vienne a refusé de délivrer un certificat de résidence à Mme C ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Vienne de délivrer à Mme C un certificat de résidence à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la décision attaquée est entachée d'un défaut d'incompétence de son signataire ;
- cette décision porte atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale au regard des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de celles des articles 3, 9 et 16 de la convention internationale des droits de l'enfant et du 5° de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- elle souffre d'une pathologie grave dont l'absence de traitement pourrait avoir des conséquences d'une exceptionnelle gravité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 juillet 2022, la préfète de la Haute-Vienne conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par les intéressés ne sont pas fondés.
Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 20 juillet 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
M. Artus a présenté son rapport au cours de l'audience publique à laquelle aucune des parties n'était présente ou représentée.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A épouse C, ressortissante algérienne née en 1990 en Algérie, est entrée en France le 10 mai 2016 munie d'un visa de court séjour. Le 10 mars 2018, elle s'est mariée à Gagny-sur-Seine avec M. E C, ressortissant algérien titulaire d'un certificat de résidence valable dix ans. Le 30 novembre 2021, elle a sollicité la délivrance d'un certificat de résidence portant la mention " vie privée et familiale ". Par une décision du 26 avril 2022, la préfète de la Haute-Vienne a rejeté sa demande. Les intéressés demandent l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ".
3. Mme et M. C soutiennent, alors que M. C réside sur le territoire national depuis plus de quinze ans et bénéficie d'un certificat de résidence de dix ans, qu'ils sont mariés depuis le 10 mars 2018 en France, et que Mme C est mère de trois enfants qui sont nés en France. Il ressort en effet des pièces du dossier que Mme C est entrée en France le 10 mai 2016 sous couvert d'un visa C et que le mariage présentait une durée de plus de quatre ans à la date de la décision attaquée. Dans ces conditions, dans les circonstances de l'espèce, compte tenu de l'ancienneté et de la stabilité des relations familiales des intéressés, lesquels ont fixé le centre de leurs intérêts personnels et professionnels en France, M. C bénéficiant d'un certificat de résidence de dix ans, le refus de titre de séjour pris à l'encontre de Mme C a porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport à ses motifs et a, ainsi, méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
4. Il résulte de tout ce qui précède que Mme et M. C sont fondés, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, à demander l'annulation de la décision du 26 avril 2022 de la préfète de la Haute-Vienne.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. Le présent jugement implique nécessairement, sous réserve d'un changement dans les circonstances de droit ou de fait, que l'autorité préfectorale délivre un certificat de résidence " vie privée et familiale " à Mme C dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les conclusions présentées au titre des frais d'instance :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de condamner l'Etat à verser la somme de 1 200 euros à Me Dumont, qui renonce au bénéfice de l'aide juridictionnelle, au titre des frais d'instance exposés.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 26 avril 2022 de la préfète de la Haute-Vienne est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Haute-Vienne de délivrer, sous réserve d'un changement dans les circonstances de fait ou de droit, un certificat de résidence à Mme C dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 :Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : L'Etat versera à Me Dumont, qui renonce au bénéfice de l'aide juridictionnelle, la somme de 1 200 (mille deux cents) euros au titre des frais d'instance.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A épouse C, M. E C, à Me Dumont et au préfet de la Haute-Vienne.
Délibéré après l'audience du 13 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Artus, président-rapporteur,
Mme Siquier, première conseillère,
Mme Gaullier-Chatagner, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 juin 2024.
Le président,
D. ARTUS
Le premier assesseur,
H. SIQUIER
La greffière,
M. D
La République mande et ordonne
au préfet de la Haute-Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour la greffière en chef,
La greffière
M. Dcg
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026