mardi 29 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2200952 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 juillet 2022, M. A B demande au tribunal d'annuler la décision du 5 mai 2022 par laquelle la préfète de la Haute-Vienne a rejeté la demande de regroupement familial qu'il a présentée en faveur de son épouse.
Il soutient que :
- ses revenus, en y incluant l'allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA) ainsi que la pension qui lui est versée en qualité d'ancien combattant, permettaient de subvenir aux besoins de son épouse ;
- la décision du 5 mai 2022 est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense enregistré le 29 septembre 2022, la préfète de la Haute-Vienne conclut au rejet de la requête comme non-fondée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de la sécurité sociale ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Boschet a été entendu au cours de l'audience publique à laquelle les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Ressortissant marocain né le 1er janvier 1932, M. B est entré en France le 14 mars 2001. Après s'être vu délivrer des titres de séjour de courte durée régulièrement renouvelés, il a été mis en possession d'une carte de résident valable du 14 mars 2021 au 13 mars 2031. Le 21 octobre 2021, il a déposé une demande de regroupement familial en faveur de son épouse, Mme D, ressortissante marocaine qu'il a épousée en 1969. Par une décision du 5 mai 2022, la préfète de la Haute-Vienne a rejeté cette demande. M. B demande au tribunal d'annuler cette décision du 5 mai 2022.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 434-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui en fait la demande est autorisé à être rejoint au titre du regroupement familial s'il remplit les conditions suivantes : / 1° Il justifie de ressources stables et suffisantes pour subvenir aux besoins de sa famille ; () ". Selon l'article L. 434-8 de ce code : " Pour l'appréciation des ressources mentionnées au 1° de l'article L. 434-7 toutes les ressources du demandeur et de son conjoint sont prises en compte, indépendamment des prestations familiales, de l'allocation équivalent retraite et des allocations prévues à l'article L. 262-1 du code de l'action sociale et des familles, à l'article L. 815-1 du code de la sécurité sociale et aux articles L. 5423-1 et L. 5423-2 du code du travail. / Ces ressources doivent atteindre un montant, fixé par décret en Conseil d'Etat, qui tient compte de la taille de la famille du demandeur et doit être au moins égal au salaire minimum de croissance mensuel et au plus égal à ce salaire majoré d'un cinquième ". Aux termes de l'article R. 434-4 du même code : " Pour l'application du 1° de l'article L. 434-7, les ressources du demandeur et de son conjoint qui alimenteront de façon stable le budget de la famille sont appréciées sur une période de douze mois par référence à la moyenne mensuelle du salaire minimum de croissance au cours de cette période. Ces ressources sont considérées comme suffisantes lorsqu'elles atteignent un montant équivalent à : / 1° Cette moyenne pour une famille de deux ou trois personnes ".
3. Il résulte de la combinaison de ces dispositions que le caractère suffisant du niveau de ressources du demandeur est apprécié sur la période de douze mois précédant le dépôt de la demande de regroupement familial, par référence à la moyenne mensuelle du salaire minimum interprofessionnel de croissance au cours de cette même période.
4. Si, pour la détermination des ressources perçues par M. B ainsi que son épouse pendant la période de référence, il n'y avait pas lieu de prendre en compte l'allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA) prévue à l'article L. 815-1 du code de la sécurité sociale qui a été versée au requérant, c'est toutefois à tort que, dans sa décision du 5 mai 2022, la préfète de la Haute-Vienne lui a indiqué que sa pension d'ancien combattant ne devait pas non plus être incluse dans les éléments de calcul. Cependant, M. B n'apporte aucun élément de nature à établir que, même s'il avait été tenu compte des sommes qui lui ont été versées au titre de sa pension d'ancien combattant, le cumul des ressources éligibles effectivement perçues par lui et son épouse aurait été, pendant la période de référence de douze mois précédant le dépôt de la demande de regroupement familial, au moins égal à la moyenne mensuelle du salaire minimum de croissance. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que la condition de ressources stables et suffisantes prévue par les dispositions mentionnées au point 2 doit être écarté.
5. En second lieu, M. B, qui vit sur le territoire français depuis 2001, ne produit aucun élément pour justifier de la stabilité et de l'intensité des liens qu'il aurait entretenus avec son épouse, dont il vivait séparé depuis près de 20 ans à la date de la décision en litige. En outre, M. B ne démontre pas que la présence de son épouse à ses côtés lui serait effectivement indispensable " physiquement et moralement " comme il l'indique dans sa requête. Par ailleurs, la décision du 5 mai 2022 ne faisait par elle-même pas obstacle à ce que M. B puisse rendre visite à son épouse au Maroc, pays dont ils ont la nationalité, ou à ce que celle-ci sollicite un visa auprès des autorités françaises pour visiter le requérant. Dans ces conditions, en dépit de la qualité d'ancien combattant de M. B, la préfète de la Haute-Vienne n'a pas entaché sa décision de refus d'une erreur manifeste d'appréciation de la situation du requérant.
6. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 5 mai 2022 par laquelle la préfète de la Haute-Vienne a rejeté la demande de regroupement familial qu'il a présentée en faveur de son épouse.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Ce jugement sera notifié à M. A B et au préfet de la Haute-Vienne.
Délibéré après l'audience du 15 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Revel, président,
M. Boschet, premier conseiller,
M. Gazeyeff, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 octobre 2024
Le rapporteur,
J.B. BOSCHET
Le président,
F.J. REVELLa greffière,
M. C
La République mande et ordonne
au préfet de la Haute-Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour le Greffier en Chef,
La Greffière
M. C
jb
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026