jeudi 22 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2201066 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique 1 |
| Avocat requérant | MENAGE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 27 juillet et 26 août 2022, M. C A, représenté par Me Menage, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 25 juillet 2022 par laquelle le préfet de l'Indre l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et a fixé le pays de renvoi ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Indre de communiquer " l'entier dossier " ;
3°) d'enjoindre au préfet de réexaminer sa situation et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de renonciation au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- le tribunal administratif de Limoges n'est pas compétent pour statuer sur ce litige ;
- l'arrêté est entaché d'incompétence ;
- il n'est pas suffisamment motivé et est entaché d'un défaut d'examen sérieux et particulier ;
- il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences sur sa situation personnelle ;
- il est entaché d'erreur de droit ;
- il méconnaît le principe du contradictoire garanti par l'article 41-2 de la charte des droits fondamentaux de l'Union Européenne.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 août 2022, la préfecture de l'Indre conclut au rejet de la requête comme non-fondée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique à laquelle les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Ressortissant algérien né le 16 septembre 1993, M. A est entré sur le territoire français, selon ses déclarations, muni d'un visa de court séjour de quinze jours délivré par les autorités espagnoles le 12 mars 2020. A la suite de son interpellation par les services de gendarmerie lors d'un contrôle routier, le préfet de l'Indre, par un arrêté du 25 juillet 2022, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et a fixé le pays de renvoi. M. A demande l'annulation de cet arrêté. Si le requérant indique résider chez son beau-frère et produit en ce sens une attestation d'hébergement, celle-ci n'est pas de nature à établir la réalité de ses allégations.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, Mme Nadine Chaib, secrétaire générale de la préfecture de l'Indre et signataire de l'arrêté contesté, bénéficie d'une délégation de signature du préfet de l'Indre en date 18 juillet 2022, régulièrement publiée au recueil des actes administratifs n°36-2022-087 du 18 juillet 2022 " à l'effet de signer tous arrêtés, conventions, décisions, circulaires, rapports, correspondances, procès-verbaux de réunion dont il assure la présidence, notes de service et documents relevant des attributions de l'Etat () ", à l'exclusion de certains actes au nombre desquels ne figure pas la décision en litige. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté en litige doit être écarté.
3. En deuxième lieu, outre qu'il se réfère aux dispositions pertinentes et applicables à la date des décisions contestées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour la décision portant obligation de quitter le territoire français comme celle fixant le pays de renvoi, l'arrêté indique que le requérant a fait l'objet d'un contrôle routier pour non port de la ceinture de sécurité et fait état de la situation familiale et professionnelle de l'intéressé en France. Ainsi, le préfet de l'Indre a suffisamment énoncé les considérations de droit et de fait fondant ses décisions. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
4. En troisième lieu, il ne ressort ni des termes des décisions contestées ni d'aucune autre pièce du dossier que le préfet, qui, comme dit au point précédent, a suffisamment motivé ses décisions au regard des éléments portés à sa connaissance par le demandeur, n'aurait pas procédé à un examen approfondi de sa situation.
5. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier que le requérant est entré, selon ses dires, régulièrement en France sous couvert d'un visa court séjour valable quinze jours délivré par les autorités espagnoles le 12 mars 2020. Si le requérant est marié depuis 2018 à une ressortissante guinéenne titulaire d'un certificat de résidence d'un an avec qui il a eu un enfant le 28 janvier 2021, il n'établit pas l'existence d'une communauté de vie par la seule production d'une attestation d'hébergement de son beau-frère, ni qu'il entretiendrait un lien particulier et durable avec son enfant, ni qu'il participe à l'entretien et à l'éducation de ce dernier. Par ailleurs, il ne justifie d'aucune insertion particulière dans la société française ni par son emploi auprès de Formalités assistance en ce qu'il n'a pas justifié d'une autorisation de travail et a déclaré avoir présenté une fausse carte d'identité française pour l'obtenir, ni par son statut récent d'autoentrepreneur. S'il ressort du procès-verbal du 25 juillet 2022 que quatre sœurs et deux frères du requérant résident sur le territoire, aucun élément n'est apporté à l'instance de nature à établir qu'il entretiendrait des liens d'une intensité particulière avec ceux qui seraient les membres de sa fratrie. Enfin, il ne justifie pas être dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine où vivent ses parents, un frère et une sœur et où il a vécu la majorité de sa vie. Dans ces conditions, et alors que rien ne fait obstacle à ce qu'il puisse temporairement retourner en Algérie pendant le temps nécessaire à l'obtention d'un visa de long séjour ou à l'examen d'une demande de regroupement familial à l'initiative de son épouse, le préfet de l'Indre n'a pas entaché l'arrêté attaqué d'une erreur manifeste d'appréciation.
6. En cinquième lieu, si M. A fait valoir que l'arrêté attaqué est entaché d'erreur de droit, ce moyen n'est pas assorti des précisions suffisantes pour en apprécier la portée et le bien-fondé.
7. En sixième lieu, aux termes du paragraphe 1 de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union ". Aux termes du paragraphe 2 de ce même article : " Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre ; () ". Enfin, aux termes du paragraphe 1 de l'article 51 de la Charte : " Les dispositions de la présente Charte s'adressent aux institutions, organes et organismes de l'Union dans le respect du principe de subsidiarité, ainsi qu'aux Etats membres uniquement lorsqu'ils mettent en œuvre le droit de l'Union. () ".
8. Le droit d'être entendu, principe général du droit de l'Union européenne, se définit comme celui de toute personne à faire connaître, de manière utile et effective, ses observations écrites ou orales au cours d'une procédure administrative, avant l'adoption de toute décision susceptible de lui faire grief. Toutefois, ce droit n'implique pas systématiquement l'obligation, pour l'administration, d'organiser, de sa propre initiative, un entretien avec l'intéressé, ni même d'inviter ce dernier à produire ses observations, mais suppose seulement que, informé de ce qu'une décision lui faisant grief est susceptible d'être prise à son encontre, il soit en mesure de présenter spontanément des observations écrites ou de solliciter un entretien pour faire valoir ses observations orales. Enfin, une atteinte à ce droit n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle la décision faisant grief est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision, ce qu'il lui revient, le cas échéant, d'établir devant la juridiction saisie.
9. Il ressort des pièces du dossier que le requérant a été interpellé en raison d'un contrôle routier et qu'un procès-verbal a été établi le 25 juillet 2022 par les gendarmes. Il a également fait état du caractère irrégulier de son séjour en France et indiqué les raisons pour lesquelles il a quitté son pays. Il doit ainsi être regardé comme ayant connaissance de ce que, étant en situation irrégulière, il s'exposait à ce que soit prise à son encontre une mesure d'éloignement. A supposer même que M. A n'ait pas été pleinement informé à la suite de son interpellation des différentes mesures susceptibles d'être prises par le préfet dans le cas d'un séjour irrégulier ou d'un maintien irrégulier en France, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il aurait été empêché de présenter des observations avant que ne soit prise la décision attaquée. Le requérant n'allègue pas davantage qu'il aurait tenté en vain de porter à la connaissance de l'administration des éléments pertinents relatifs à sa situation. Il ne ressort pas non plus des pièces du dossier que M. A était en mesure de faire valoir des éléments pertinents susceptibles d'influer sur le sens de la décision prise par le préfet. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision contestée aurait été prise en méconnaissance du principe général du droit d'être entendu issu du droit de l'Union européenne et du caractère contradictoire de la procédure doit être écarté.
10. Il résulte de ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 3 février 2022 par lequel le préfet de l'Indre a refusé de délivrer à M. A un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
D E C I D E :
Article 1er: La requête de M. A est rejetée.
Article 2:Le présent jugement sera notifié à M. C A et au préfet de l'Indre.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 septembre 2022.
Le Président,
P. B
Le greffier,
G. JOURDAN-VIALLARD
La République mande et ordonne
au préfet de l'Indre en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour Le Greffier en Chef
Le Greffier
G. JOURDAN-VIALLARD
aj
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026