mardi 7 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2201136 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | MONPION |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 5 août 2022 et le 10 avril 2024, l'association communale de chasse agréée (Acca) du Chalard, représentée par Me Monpion, demande au tribunal :
1°)d'annuler la délibération du conseil municipal de la commune du Chalard
n°2022-017 du 4 mars 2022 portant retrait de la mise à disposition du local communal qu'elle occupe par convention du 24 juillet 2018 ;
2°)de mettre à la charge de la commune du Chalard une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le conseil municipal n'était pas compétent pour procéder à la résiliation de cette convention ;
- la délibération litigieuse est insuffisamment motivée ;
- elle subit un préjudice correspondant au montant des travaux qu'elle a fait réaliser pour remplir sa mission d'intérêt général de surveillance de la tuberculose bovine.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 juin 2023, la commune du Chalard, représentée par Me Plas, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de l'Acca du Chalard en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par l'association communale de chasse agréée du Chalard ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Crosnier,
- les conclusions de M. Houssais, rapporteur public,
- et les observations de Me Monpion représentant l'Acca du Chalard, et de Me Plas, représentant la commune du Chalard.
Considérant ce qui suit :
1. Par une convention du 24 juillet 2018, la commune du Chalard (Haute-Vienne) a mis à disposition de l'Acca du Chalard un local attenant à l'atelier municipal pour une durée de deux années, reconductible annuellement par tacite reconduction. Par une délibération du 4 mars 2022, le conseil municipal du Chalard a approuvé le retrait de la convention du 24 juillet 2018 pour motif d'intérêt général et autorisé la maire de la commune à prendre toutes les mesures nécessaires à sa mise en œuvre. L'Acca du Chalard demande au tribunal d'annuler la délibération du 4 mars 2022.
2. Aux termes de l'article L. 2121-29 du code général des collectivités territoriales : " Le conseil municipal règle par ses délibérations les affaires de la commune. ". Aux termes de l'article L. 2122-21 du même code : " Sous le contrôle du conseil municipal et sous le contrôle administratif du représentant de l'Etat dans le département, le maire est chargé, d'une manière générale, d'exécuter les décisions du conseil municipal et, en particulier : 1° De conserver et d'administrer les propriétés de la commune et de faire, en conséquence, tous actes conservatoires de ses droits () ". Aux termes de l'article L. 2144-3 de ce code : " Des locaux communaux peuvent être utilisés par les associations, syndicats ou partis politiques qui en font la demande. / Le maire détermine les conditions dans lesquelles ces locaux peuvent être utilisés, compte tenu des nécessités de l'administration des propriétés communales, du fonctionnement des services et du maintien de l'ordre public. / Le conseil municipal fixe, en tant que de besoin, la contribution due à raison de cette utilisation. ".
3. Il résulte de ces dispositions que s'il appartient au conseil municipal de délibérer sur les conditions générales d'administration du domaine public communal, le maire est seul compétent pour délivrer et retirer les autorisations d'utiliser des locaux appartenant à la commune.
4. En l'espèce, si le conseil municipal pouvait se prononcer sur le principe de la nouvelle affectation du local pour les services municipaux, en revanche, il n'appartenait qu'au maire, conformément aux dispositions rappelées au point 2, de prendre la décision de retrait de la mise à disposition du local à l'Acca du Chalard. Par suite, la délibération du 4 mars 2022 portant retrait de la mise à disposition du local communal à l'Acca et autorisant la maire de la commune à prendre toutes les mesures nécessaires à la mise en œuvre effective de ce retrait est entachée d'incompétence.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la délibération du conseil municipal du Chalard n° 2022-017 du 4 mars 2022 doit être annulée.
Sur les frais liés au litige :
6. D'une part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Acca du Chalard, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que la commune du Chalard demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
7. D'autre part, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune du Chalard le versement de la somme que l'Acca du Chalard demande au titre de ce même article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er:La délibération du conseil municipal du Chalard n° 2022-017 du 4 mars 2022 est annulée.
Article 2:Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 3:Le présent jugement sera notifié à l'association communale de chasse agréée du Chalard et à la commune du Chalard.
Délibéré après l'audience du 16 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Artus, président,
M. Crosnier, premier conseiller,
M. Boschet, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 mai 2024.
Le rapporteur,
Y. CROSNIER
Le président,
D. ARTUS La greffière en chef,
A. BLANCHON
La République mande et ordonne
au préfet de la Haute-Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
La greffière en chef,
A. BLANCHON
cg
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Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
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