mardi 4 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2201150 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C+ |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SQUADRA PARIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 août 2022 et un mémoire enregistré le 7 mai 2024, M. A C, représenté par Me Baudelin, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du Maire de la commune de Sainte-Lizaigne du 26 juillet 2022 portant mise en demeure de procéder à des mesures de sécurisation d'un élevage au titre du code rural et de la pêche maritime ;
2°) de mettre à la charge de cette commune la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- cette décision est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'elle n'a pas été précédée d'une procédure contradictoire ;
- elle est entachée d'erreurs de fait et d'appréciation dans l'application de l'article L. 211-11 du code rural et de la pêche maritime ;
- elle méconnaît l'objectif à valeur constitutionnelle de clarté et d'intelligibilité de la norme.
Par un mémoire en défense enregistré le 2 décembre 2022, la commune de Saint-Lizaigne, représentée par Me Rignault, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de M. C d'une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens ne sont pas fondés et sollicite, à titre subsidiaire, une substitution de base légale de l'article L. 211-11 du code rural et de la pêche maritime à l'article L. 113-2 du même code.
Un mémoire a été produit par la commune défenderesse le 15 mai 2024 qui a été enregistré sans être communiqué.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale le 11 août 2022.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu le code rural et de la pêche maritime ;
Vu le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Martha, premier conseiller ;
- les conclusions de M. Houssais, rapporteur public.
- les observations de Me Baudelin pour le requérant et de Me Rignault pour la commune de Sainte-Lizaigne.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 26 juillet 2022, le maire de la commune de Sainte-Lizaigne, au vu des risques que représentait la présence d'animaux appartenant à M. C errant dans des parcelles privatives d'autres habitants de la commune et sur le domaine public, a mis en demeure ce dernier, sur le fondement des dispositions de l'article L. 211-11 du code rural et de la pêche maritime, de réaliser des travaux de renforcement des clôtures dans un délai de 15 jours à défaut de quoi il pourra être décidé de placer les animaux dans un lieu de dépôt adapté à leur accueil et leur garde pour une durée franche de 8 jours ouvrés dans les conditions énoncées par l'article L. 211-11 et suivants du code rural et de la pêche maritime. M. C demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 211-11 du code rural et de la pêche maritime : " I.- Si un animal est susceptible, compte tenu des modalités de sa garde, de présenter un danger pour les personnes ou les animaux domestiques, le maire ou, à défaut, le préfet peut prescrire à son propriétaire ou à son détenteur de prendre des mesures de nature à prévenir le danger. ()./ En cas d'inexécution, par le propriétaire ou le détenteur de l'animal, des mesures prescrites, le maire peut, par arrêté, placer l'animal dans un lieu de dépôt adapté à l'accueil et à la garde de celui-ci. Si, à l'issue d'un délai franc de garde de huit jours ouvrés, le propriétaire ou le détenteur ne présente pas toutes les garanties quant à l'application des mesures prescrites, le maire autorise le gestionnaire du lieu de dépôt, après avis d'un vétérinaire désigné par le préfet, soit à faire procéder à l'euthanasie de l'animal, soit à en disposer dans les conditions prévues au II de l'article L. 211- 25. Le propriétaire ou le détenteur de l'animal est invité à présenter ses observations avant la mise en œuvre des dispositions du deuxième alinéa du présent I. ".
3. Les dispositions citées au point précédent ont introduit, pour l'ensemble des mesures de police administrative qu'elles prévoient, une procédure contradictoire particulière. Il résulte à cet égard des travaux parlementaires relatifs à la loi du 15 novembre 2001 relative à la sécurité quotidienne, dont sont issues ces dispositions dans leur version applicable au litige, que le législateur a recentré la possibilité, pour le propriétaire ou le gardien de l'animal, de présenter des observations, à la mise en œuvre des seules dispositions du deuxième alinéa, relatif au placement de l'animal dans un lieu de dépôt, à l'exclusion des décisions imposant des prescriptions édictées dans le cadre du 1er alinéa du I de ce même article.
4. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tenant à ce que la mise en demeure contestée, prise dans le cadre du 1er alinéa du I de l'article L. 211-11 du code rural et de la pêche maritime, serait entachée d'un vice de procédure à défaut d'avoir été précédée de la procédure contradictoire prévue par l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration doit être écarté comme inopérant.
5. En deuxième lieu, et de première part, la circonstance que le maire soit intervenu, par la mesure critiquée, plusieurs mois après la visite d'inspection de la direction départementale du travail, de l'emploi, des solidarités et de la protection des populations (DDTESPP) diligentée le 3 janvier 2022 est sans incidence sur la légalité de l'arrêté du 26 juillet 2022.
6. De seconde part, alors qu'il est constant que le 2 janvier 2022, des bêtes appartenant au requérant se sont échappées de leur enclos, il ressort des pièces du dossier notamment du rapport d'inspection de la DDTESPP du 3 janvier 2022 que la parcelle sur laquelle évoluent les bêtes de M. C " n'est pas hermétiquement close " et que " les ovins sont en limite de propriété à l'arrivée de l'inspectrice sur site ", ce qui a été noté comme une non-conformité majeure. Il ressort de ce même rapport que les ovins et caprins de M. C ne sont pas identifiés au sens de l'article D. 212-27 du code rural et de la pêche maritime et que la prophylaxie de la brucellose ovine et caprine n'a pas été réalisée de sorte que le rapport relève que " les animaux non identifiés et sans statut sanitaire, ne doivent pas sortir de la parcelle sur laquelle ils sont détenus ". Par ailleurs, si M. C soutient que les clôtures ont été renforcées à la suite de la visite d'inspection du 3 janvier 2022, le seul cliché joint au dossier, qui n'est pas daté et n'offre qu'une vue très partielle de l'enclos, ne permet pas d'établir le caractère parfaitement hermétique des clôtures reprises à la date de l'arrêté litigieux. Dans ces conditions, et alors que M. C ne justifie ni même n'allègue qu'il aurait remédié aux manquements sanitaires relevés dans la mise en demeure qui lui a été adressée par le préfet de la Haute-Vienne le 4 janvier 2022, l'état insuffisamment hermétique de la clôture de M. C, lequel état ne permet pas de s'assurer que les bêtes de ce dernier ne puissent s'échapper, crée un danger pour les personnes, notamment celles qui circulent sur la voierie routière à proximité, ainsi que pour les animaux domestiques avoisinant qui sont susceptibles d'être contaminés par la brucellose ovine et caprine. Par suite, et sans que n'ait d'incidence la circonstance alléguée par M. C que " les promenades quotidiennes du troupeau sur les terrains communaux non-exploités en passant par le domaine public routier ne seraient pas des divagations au sens du code rural et de la pêche maritime dès lors que ce troupeau est systématiquement sous [sa] surveillance ", le maire de la commune de Sainte-Lizaigne, a pu, même plusieurs mois après la visite d'inspection des agents de la DDTESPP, sans commettre d'erreur de fait ni de qualification juridique, mettre en demeure le requérant de renforcer ses clôtures dans un délai de 15 jours.
7. En troisième lieu, le requérant ne peut utilement invoquer l'objectif à valeur constitutionnelle de clarté et d'intelligibilité de la norme, lequel est inopérant à l'encontre d'une décision individuelle telle que la mesure de police administrative contestée.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation présentées par M. C doivent être rejetées.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
9. Les dispositions mêmes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Sainte-Lizaigne, qui n'est pas la partie perdante, une somme quelconque à payer au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. C la somme demandée par la commune au titre des frais de justice.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Sainte-Lizaigne en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et à la commune de Sainte-Lizaigne.
Délibéré après l'audience du 21 mai 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Artus, président,
- M. Martha, premier conseiller,
- M. Boschet, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juin 2024.
Le rapporteur,
F. MARTHA Le président,
D. ARTUS La greffière,
M. B
La République mande et ordonne
au préfet de l'Indre en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
M. B
N°2201150
mf
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026