mardi 22 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2201264 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 6 septembre 2022, Mme B C demande au tribunal d'annuler la décision du 13 juillet 2022 par laquelle le président du département de l'Indre a rejeté son recours gracieux à l'encontre de l'arrêté du 17 mars 2022 portant refus de délivrance d'un agrément en qualité d'assistante maternelle.
Elle soutient que :
- les lacunes qui lui sont reprochées ne sont pas fondées ;
- elle a élevé quatre enfants ;
- elle a dû annuler un rendez-vous avec les services du conseil départemental car elle a reçu une offre d'emploi.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 novembre 2022, le président du département de l'Indre conclut au rejet de la requête comme non fondée.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Martha,
- les conclusions de M. Houssais, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C a sollicité le 30 septembre 2021 auprès du département de l'Indre la délivrance d'un agrément en qualité d'assistante maternelle. Par un arrêté du 17 mars 2022, le président de ce département a rejeté sa demande. Mme C a formé un recours gracieux à l'encontre de cette décision qui a été rejeté par un arrêté du 13 juillet 2022. Elle doit être regardée comme demandant l'annulation de ces deux actes.
2. Aux termes de l'article L. 421-3 du code de l'action sociale et des familles dans sa version applicable à la date de la décision contestée : " L'agrément nécessaire pour exercer la profession d'assistant maternel ou d'assistant familial est délivré par le président du conseil départemental du département où le demandeur réside. / Un référentiel approuvé par décret en conseil d'Etat fixe les critères d'agrément. () L'agrément est accordé à ces deux professions si les conditions d'accueil garantissent la sécurité, la santé et l'épanouissement des mineurs (), en tenant compte des aptitudes éducatives de la personne. Les modalités d'octroi ainsi que la durée de l'agrément sont définies par décret. () Tout refus d'agrément doit être motivé. " Aux termes de l'article R. 421-3 de ce code : " Pour obtenir l'agrément d'assistant maternel ou d'assistant familial, le candidat doit : 1° Présenter les garanties nécessaires pour accueillir des mineurs dans des conditions propres à assurer leur développement physique, intellectuel et affectif () / 3° Disposer d'un logement ou, dans le cas d'un agrément pour l'exercice dans une maison d'assistants maternels, d'un local dédié dont l'état, les dimensions, les conditions d'accès et l'environnement permettent d'assurer le bien-être et la sécurité des mineurs, compte tenu du nombre d'enfants et des exigences fixées par le référentiel en annexe 4-8 pour un agrément d'assistant maternel () ". Selon l'article R. 421-5 du même code : " Les entretiens avec un candidat à des fonctions d'assistant maternel ou avec un assistant maternel agréé et les visites à son lieu d'exercice doivent permettre d'apprécier, au regard des critères précisés dans le référentiel figurant à l'annexe 4-8 du présent code, si les conditions légales d'agrément sont remplies. " Parmi les critères prévus à la section I de cette annexe, relative aux capacités et compétences pour l'exercice de la profession d'assistant maternel figurent notamment la capacité à appliquer les règles relatives à la sécurité de l'enfant accueilli, les capacités d'écoute et d'observation, la capacité à percevoir et prendre en compte les besoins de chaque enfant, selon son âge et ses rythmes propres, pour assurer son développement physique, intellectuel et affectif, et à mettre en œuvre les moyens appropriés, notamment dans les domaines de l'alimentation, du sommeil, du jeu, des acquisitions psychomotrices, intellectuelles et sociales, les capacités et les qualités personnelles pour accueillir de jeunes enfants dans des conditions propres à assurer leur développement physique et intellectuel, les aptitudes éducatives, la disponibilité ainsi que la capacité à s'organiser et à s'adapter à des situations variées. La section II de cette même annexe, relative aux conditions matérielles d'accueil et de sécurité, précise que le lieu d'accueil ainsi que son environnement et son accessibilité doivent présenter des caractéristiques permettant, () de garantir la santé, la sécurité et l'épanouissement des jeunes enfants accueillis en tenant compte de leur nombre et de leur âge. Pour ce faire, il convient de prendre en compte l'aménagement, l'organisation de l'espace et de sa sécurité ainsi que l'existence d'un espace suffisant permettant de respecter le sommeil, le repas, le change et le jeu du ou des enfants accueillis.
3. Les décisions contestées sont notamment fondées sur les réponses lacunaires apportées par Mme C à l'occasion des entretiens et différentes mises en situation organisés par plusieurs puéricultrices du département lors de leurs visites des 27 janvier, 15 et 21 février 2022, 16 juin 2022. Les rapports d'évaluation du 28 février 2022 et 6 juillet 2022 consécutifs à ces visites font état, d'une part, de ce que " la candidate ne se positionne pas en tant que professionnelle de la petite enfance et ne perçoit pas le cadre et les limites liées à la profession, [qu'elle] n'a pas montré une posture professionnelle adéquate dans les différentes mises en situation et pourrait rencontrer des difficultés à se positionner face à des demandes inadaptées de parents-employeurs, [que] les connaissances actuelles de Mme C sur les besoins et le développement de l'enfant, les connaissances du métier, les postures professionnelles et le positionnement éducatif ne sont pas suffisamment maîtrisés pour permettre l'exercice de la profession, [que] compte tenu de sa posture et face au manque de remise en question de Mme [C], la formation obligatoire semble insuffisante pour lui permettre de réajuster ses connaissances ", d'autre part, de ce que l'intéressée ne s'est pas montrée " disponible et accessible " pour la nouvelle évaluation réalisée à la suite de son recours gracieux.
4. Dans ces conditions, eu égard aux constats effectués, à plusieurs reprises, par les professionnelles du service départemental de la protection maternelle et infantile à l'occasion de la demande d'agrément de la requérante, et en l'absence d'éléments versés par cette dernière de nature à contredire utilement ces constats, le président du département de l'Indre était fondé à considérer que les conditions d'accueil proposées par Mme C n'était pas suffisantes pour garantir, dans un cadre professionnel, la santé, la sécurité et l'épanouissement des jeunes enfants susceptibles d'être accueillis. Par suite, en refusant d'accorder à Mme C l'agrément sollicité, le président du département de l'Indre n'a pas méconnu les dispositions du code de l'action sociale et des familles citées au point 2, ni entaché sa décision d'une erreur d'appréciation.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme C doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et au président du département de l'Indre.
Délibéré après l'audience du 8 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Artus, président,
- M. Martha, premier conseiller,
- M. Gillet, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 octobre 2024.
Le rapporteur,
F. MARTHA
Le président,
D. ARTUS La greffière,
M. A
La République mande et ordonne
au préfet de l'Indre en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour le greffier en chef,
La greffière,
M. A
N°2201264
jb
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026