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AccueilJurisprudence administrativeN° TA87-2201281

Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2201281

mardi 27 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2201281
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantSELAS GOUT DIAS AVOCATS ASSOCIÉS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 7 septembre 2022, M. B C, représenté par Me Maret, demande au juge des référés :

1°) de suspendre l'arrêté municipal n°A20220318-114 en date du 18 mars 2022 par lequel le maire de la commune d'Ussel a modifié la signalisation réglementaire en réservant, notamment, une aire de stationnement située impasse Jean Jaurès aux véhicules poids lourds ;

2°) de mettre à la charge de la commune d'Ussel une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il exploite une carrosserie située 1 rue Denis Papin à Ussel et occupe une maison d'habitation située de l'autre côté de la route ; l'accès à son local commercial se fait par la rue Denis Papin qui est étroite ;

- par un arrêté municipal du 30 août 2004, le maire de la commune d'Ussel a réglementé la circulation des véhicules de transport de marchandises en transit dans la traversée de l'agglomération d'Ussel au motif que le danger potentiel pour les usagers de la route constitué par la circulation des véhicules de transport de marchandises d'un PTAC ou PTR de plus de 7,5 tonnes et les nuisances engendrées par cette circulation vis-à-vis des riverains nécessitent l'instauration d'une interdiction de circulation de ces véhicules sur la zone concernée ;

- par un arrêté municipal n°A20220318-114, le maire de la commune d'Ussel a réglementé le stationnement de véhicules sur l'impasse Jean Jaurès en instaurant une aire de stationnement réservée aux véhicules poids lourds et pour lequel la traversée de la rue Denis Papin est nécessaire ;

- par un arrêté municipal n°A20220318-115, le maire de la commune d'Ussel a modifié l'article 2 de l'arrêté du 30 août 2004 et permet aux véhicules poids lourds qui rejoignent l'impasse Jean Jaurès d'emprunter la rue Denis Papin ;

- sur l'urgence, l'arrêté litigieux porte une atteinte grave à l'ordre public et particulièrement à la sécurité publique ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de l'acte en litige dès lors que :

' l'arrêté municipal litigieux n'est pas suffisamment motivé et se contente d'indiquer qu'il est " nécessaire de réglementer le stationnement des véhicules impasse Jean Jaurès " ;

' l'arrêté municipal litigieux est entaché d'une erreur de droit et d'appréciation dès lors qu'il est en contradiction avec l'arrêté du 30 août 2004 et que le passage des véhicules poids lourds cause un danger pour la sécurité publique ;

' en prenant cette décision à seule fin de permettre aux poids lourds de pouvoir se garer à proximité d'un restaurant sis 7 avenue de Clermont, le maire a détourné les pouvoirs qui lui étaient confiés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 septembre 2022, la commune d'Ussel conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :

- il n'existe aucune urgence justifiant la suspension de l'arrêté litigieux ;

- aucun doute sérieux sur la légalité de l'arrêté attaqué ne peut être valablement retenu.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée sous le n° 2201282 par laquelle M. C demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de la voirie routière ;

- le code de la route ;

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Christine Mège, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme A,

- les observations de Me Maret, représentant M. C, qui reprend les conclusions et moyens exposés dans sa requête,

- les observations de Me Dias, représentant la commune d'Ussel, qui reprend les conclusions et moyens exposés dans son mémoire.

La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1. M. B C, propriétaire d'un garage situé rue Denis Papin à Ussel, demande au tribunal la suspension de l'arrêté n°A20220318-114 en date du 18 mars 2022 par lequel le maire de la commune d'Ussel a modifié la signalisation réglementaire en réservant, notamment, une aire de stationnement située impasse Jean Jaurès aux véhicules poids lourds. Il soutient que pour se rendre à cette aire de stationnement, les véhicules poids lourds doivent circuler par la rue Denis Papin, sur laquelle le requérant possède sa maison d'habitation ainsi que ses locaux commerciaux. Il soutient également que cette circulation est dangereuse, autant pour sa clientèle que pour les riverains de la rue Denis Papin.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

3. En l'état de l'instruction, aucun des moyens invoqués par le requérant n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté n°A20220318-114 en date du 18 mars 2022 par lequel le maire de la commune d'Ussel a modifié la signalisation réglementaire en réservant, notamment, une aire de stationnement située impasse Jean Jaurès aux véhicules poids lourds. Par suite, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la situation d'urgence, les conclusions aux fins de suspension de l'exécution de cette décision, présentées par M. C, doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions présentées en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

4. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que la requête de M. C doit être rejetée.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C et à la commune d'Ussel.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 septembre 202Le juge des référés,

C. MEGE

Le greffier en chef,

S. CHATANDEAU

La République mande et ordonne

à la préfète de la Corrèze en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme

Le Greffier en Chef,

S. CHATANDEAU

No 2201281

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