jeudi 6 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2201325 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | BON-JULIEN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 septembre 2022, Mme B C demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du 1er juin 2022 par lequel la commune de Guéret n'a pas fait opposition à la déclaration préalable de la société TDF portant sur la construction d'un pylône de téléphonie mobile sur un terrain situé " route des bains ", au lieu-dit " Les Fauveix " sur le territoire de cette commune, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Guéret une somme de 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.
Elle soutient que :
- il y a urgence dès lors qu'une publication Facebook de la ville de Guéret mentionne que les travaux auront lieu entre le 12 septembre et le 23 septembre 2022 et qu'ils sont ainsi imminents ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté :
- il est entaché d'un vice de procédure puisqu'il n'a pas fait l'objet d'une information préalable des riverains notamment en leur mettant à disposition le dossier d'information du maire ;
- il porte atteinte au caractère et à l'intérêt des lieux avoisinants puisque la parcelle d'implantation du pylône est située dans une zone naturelle et qu'elle se trouve à proximité d'un site naturel et archéologique classé monument historique qui se trouve, au demeurant, au cœur d'une politique touristique initiée par la communauté d'agglomération du Grand Guéret et de la ville de Guéret ;
- il n'est pas justifié car 99% des habitants de la ville de Guéret sont déjà couverts par un réseau de téléphonie mobile ; il méconnaît les dispositions de l'article D. 98-6-1 du code des postes et des communications.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 septembre 2022, la commune de Guéret, représentée par Me Soltner, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de Mme C la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors que Mme C ne justifie pas de la notification de son recours contentieux auprès de la commune de Guéret en application de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme, qu'elle ne justifie d'aucun intérêt à agir et qu'elle est tardive ;
- la condition d'urgence n'est pas remplie : si la décision litigieuse devait être annulée par le juge, l'édification de l'antenne relais ne l'empêchera pas d'en ordonner éventuellement le démontage ; ainsi, aucune conséquence irrémédiable ne découle de cette situation ;
- aucun des moyens invoqués par la requérante n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 septembre 2022, la société TDF conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de Mme C la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable en l'absence de production de tout acte de nature à établir le caractère régulier de l'occupation ou de la détention du bien par Mme C, en violation des dispositions du 1er alinéa de l'article L. 600-4 du code de l'urbanisme ;
- elle est également irrecevable en l'absence de notification de sa requête en méconnaissance des dispositions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;
- enfin, la requérante ne justifie pas d'un intérêt à agir eu égard à la distance entre son habitation et le projet ;
- l'urgence à suspendre la décision n'est pas établie eu égard à l'intérêt public qui s'attache à la couverture du territoire national par le réseau de téléphonie mobile et à ses propres intérêts compte tenu des engagements qu'elle a pris envers l'ARCEP ;
- aucun des moyens invoqués par la requérante n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 28 juillet 2022 sous le numéro 2201072 par laquelle Mme C demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Mège, vice-président du tribunal, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A ;
- les observations de Mme C, qui, après avoir produit de nouvelles pièces, soutient que l'arrêté litigieux est entaché d'un doute sérieux quant à sa légalité dès lors que l'Architecte des bâtiments de France et le conseil d'architecture, d'urbanisme et de l'environnement n'ont pas été saisis afin de rendre un avis et qui précise, premièrement, qu'elle dispose d'un intérêt à agir puisque le projet de construction est susceptible de porter atteinte à ses conditions de jouissance de l'environnement proche de sa maison d'habitation, deuxièmement, que le projet se situe à proximité d'un chemin de randonnée et, dernièrement, que le projet est incohérent par rapport aux objectifs actuels de sobriété énergétique ;
- et les observations de Me Le Rouge de Guerdavid, substituant Me Bon-Julien, représentant la société TDF, qui indique que chaque antenne-relais est alimentée de manière distincte et qu'ainsi, l'implantation de l'antenne litigieuse sur un nouveau pylône n'est pas de nature à générer une consommation électrique supérieure à celle générée par une implantation mutualisée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Le 7 avril 2022, la société TDF a déposé un dossier de déclaration préalable de travaux n° DP 23096 22 G0037 en vue de la construction du pylône d'une antenne relais situé " route des bains ", au lieu-dit " Les Fauveix " sur le territoire de la commune de Guéret. Par un arrêté du 1er juin 2022, le maire de la commune de Guéret ne s'est pas opposé à la déclaration préalable de travaux. Mme C demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de cet arrêté.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
3. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation. () ".
4. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous les éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat, justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.
5. Pour justifier d'un intérêt à agir à l'encontre de l'autorisation d'urbanisme qu'elle attaque, Mme C soutient que la maison d'habitation dont elle est propriétaire lui permet d'accéder facilement à une nature préservée et qu'ainsi, le projet porterait atteinte à ses conditions de jouissance de l'environnement proche de chez elle. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que la requérante réside à une distance de près d'un kilomètre du terrain d'assiette du projet et que des constructions et des espaces boisés séparent son habitation de la parcelle d'implantation de l'antenne-relais litigieuse. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que cette dernière se situerait dans le champ de visibilité de la propriété de l'intéressée. Dans ces conditions, la seule circonstance que Mme C aurait acheté sa maison d'habitation afin de bénéficier de l'environnement qui l'entoure n'est pas, en l'état de l'instruction et compte tenu de la distance séparant le projet du lieu où réside la requérante, de nature à lui conférer un intérêt direct et personnel à agir contre l'arrêté du 1er juin 2022 par lequel la commune de Guéret n'a pas fait opposition à la déclaration préalable de la société TDF. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par la commune de Guéret et la société TDF tirée du défaut d'intérêt à agir de Mme C doit être accueillie.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les conditions prévues à l'article L. 521-1 du code de justice administrative et sur les autres fins de non-recevoir opposées en défense, que Mme C n'est pas fondée à demander la suspension de l'arrêté du 1er juin 2022 par lequel la commune de Guéret n'a pas fait opposition à la déclaration préalable de la société TDF portant sur la construction d'un pylône de téléphonie mobile sur un terrain situé " route des bains ", au lieu-dit " Les Fauveix ".
Sur les frais liés au litige :
7. D'une part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Guéret, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que Mme C demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de Mme C les sommes demandées par la commune de Guéret et la société TDF au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
8. D'autre part, la présente instance n'ayant généré aucun dépens au sens de l'article R. 761-1 du code de justice administrative, les conclusions de Mme C tendant à ce que les dépens soient mis à la charge de la commune de Guéret ne peuvent qu'être rejetées. Il en est de même des conclusions présentées par la commune de Guéret sur ce même fondement.
O R D O N N E:
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B C, à la commune de Guéret et à la société TDF.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 octobre 202Le juge des référés,
C. MEGE
Le greffier en chef,
S. CHATANDEAU
La République mande et ordonne
Préfet de la Creuse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Le Greffier en Chef,
S. CHATANDEAU
No 2201325
if
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026