mardi 24 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2201351 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | CLERC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 19 septembre 2022, le 27 mai 2024 et le 19 juin 2024, Mme F D et M. B A, représentés par Me Lepage, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du maire de La Courtine du 21 juillet 2022 portant création et réglementation d'emplacements réservés au stationnement des véhicules électriques rechargeables pendant la durée de recharge de l'accumulateur ;
2°) de mettre à la charge de la commune de La Courtine une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'arrêté est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'une erreur d'appréciation de ses conséquences sur les droits des riverains, en ce qu'il porte atteinte à leur droit de propriété, à leur liberté d'accès à leurs locaux et à leur droit de circuler librement ;
- il créé une gêne à la circulation au sens des dispositions de l'article R. 417-10 du code de la route ;
- il est constitutif d'un détournement de pouvoir en visant à satisfaire un intérêt privé au détriment d'autres particuliers.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 mai 2024, la commune de La Courtine, représentée par Me Dounies, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de Mme D et de M. A.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable faute d'intérêt à agir pour les requérants ;
- les autres moyens soulevés par Mme D et M. A ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Crosnier,
- les conclusions de M. Houssais, rapporteur public,
- et les observations de Me Hamanaka substituant Me Lepage, représentant Mme D et M. A, et de Me Douniès, représentant la commune de La Courtine.
Considérant ce qui suit :
1. Mme F D est propriétaire de biens à usage d'habitation, de garages et d'un bâtiment loué à des fins commerciales à l'entreprise " Les forges gauloises ", dont M. B A est actionnaire, qui sont situés allée des jardins à La Courtine (Creuse). Par son arrêté du 21 juillet 2022, le maire de cette commune a autorisé la création d'un emplacement réservé au stationnement de véhicules électriques rechargeables, situé à l'entrée de l'allée des jardins, au droit du mur nord du garage Tachard. Considérant que le stationnement des véhicules pendant la recharge de leurs accumulateurs bloque le libre accès à leurs locaux, Mme D et M. A demandent au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, l'arrêté du 21 juillet 2022 vise le code de la route, le code général des collectivités territoriales, et notamment ses articles L. 2212-1, L. 2212-2, L.2213-1 et L. 2213-2, ainsi que la loi du 17 août 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance verte. Il fait état de l'implantation d'une borne de recharge pour véhicules électriques portée par le garage Tachard et de la nécessité de réserver des emplacements de stationnement provisoires, limités à la durée de recharge de ces véhicules. L'arrêté litigieux, qui contient ainsi les considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement, est, dès lors, suffisamment motivé.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 2213-1 du code général des collectivités territoriales : " Le maire exerce la police de la circulation sur les routes nationales, les routes départementales, et les voies de communication à l'intérieur des agglomérations, sous réserve des pouvoirs dévolus au représentant de l'Etat dans le département sur les routes à grande circulation ". Aux termes de l'article L. 2213-2 du même code : " Le maire peut, par arrêté motivé, eu égard aux nécessités de la circulation () : 2°Réglementer l'arrêt et le stationnement des véhicules ou de certaines catégories d'entre eux, ainsi que la desserte des immeubles riverains () ". L'article R. 417-10 du code de la route dispose que : " I. Tout véhicule à l'arrêt ou en stationnement doit être placé de manière à gêner le moins possible la circulation. () ". Dans l'exercice des pouvoirs de police qui lui sont ainsi confiés, il appartient au maire de prendre les mesures nécessaires pour concilier les droits de l'ensemble des usagers de la voie publique et les contraintes liées, le cas échéant, à la circulation et au stationnement de leurs véhicules.
4. Si le maire ne saurait légalement, dans l'exercice des pouvoirs de police rappelés au point précédent, prendre des mesures contraires au code de la route, les dispositions de l'article R. 417-10 de ce code, citées ci-dessus, ne font pas obstacle à ce que, lorsque les besoins du stationnement et la configuration de la voie publique le rendent nécessaire, le maire autorise le stationnement de véhicules sur une partie du domaine public, à condition qu'un passage suffisant soit réservé au cheminement des autres véhicules, ainsi qu'à leur accès aux habitations et aux commerces riverains et qu'une signalisation adéquate précise les emplacements autorisés.
5. En l'espèce, il est constant que l'allée des jardins est une impasse qui appartient au domaine public communal et qu'elle s'ouvre entre les numéros 51 et 53 de la rue de la liberté (route départementale 982) sur une largeur de douze mètres. Il n'est établi par aucune pièce du dossier que l'implantation au niveau de cette ouverture d'une borne de recharge pour véhicules électriques sur le pignon nord du garage Tachard et la réservation d'emplacements de stationnements temporaires pour la recharge de ces véhicules constitueraient en elles-mêmes un obstacle ou une gêne à la circulation qui empêcherait les riverains de l'allée des jardins d'y circuler librement et d'accéder en véhicules à leurs locaux ou que des camions de livraison seraient empêchés de le faire. En outre, l'accès aux logements dont Mme D est propriétaire s'effectue principalement par l'impasse du docteur E, seuls les garages de ces logements étant accessibles par l'allée des jardins. Dans ces conditions les requérants ne sont pas fondés à soutenir que l'arrêté litigieux porterait atteinte à leur droit de propriété, restreindrait leur liberté de circulation, et qu'il serait entaché d'une erreur d'appréciation.
6. En troisième lieu, l'arrêté contesté permet à tout propriétaire ou utilisateur d'un véhicule électrique rechargeable de stationner temporairement son véhicule sur un emplacement dédié pendant la durée nécessaire à la recharge de ses accumulateurs. Il n'a ni pour objet ni pour effet de favoriser un utilisateur particulier au sein de cette catégorie d'usagers ni de favoriser un ou des riverains au détriment des autres. Par suite, le moyen selon lequel l'arrêté litigieux serait constitutif d'un détournement de pouvoir ne peut qu'être écarté.
7. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir soulevée en défense par la commune de La Courtine, que la requête de Mme D et de M. A doit être rejetée.
Sur les frais liés au litige :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme D et de M. A une somme totale de 1 200 euros à verser à la commune de La Courtine au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, ces dispositions font obstacle à ce qu'une somme soit mise, à ce titre, à la charge de la commune de La Courtine, qui n'est pas la partie perdante dans le cadre de la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme D et de M. A est rejetée.
Article 2 : Mme D et M. A verseront à la commune de La Courtine la somme de 1 200 (mille deux cents) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme F D, à M. B A et à la commune de La Courtine. Une copie pour information sera transmise à Me Lepage.
Délibéré après l'audience du 10 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Artus, président,
M. Crosnier, premier conseiller,
M. Gillet, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 septembre 2024.
Le rapporteur,
Y. CROSNIER
Le président,
D. ARTUS La greffière,
M. C
La République mande et ordonne
à la préfète de la Creuse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour La Greffière en Chef,
La Greffière,
M. C
cg
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026