jeudi 28 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2201379 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SCP COURRECH & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, des mémoires et des pièces, enregistrés le 23 septembre 2022, le 11 octobre 2022, le 31 janvier 2023, et le 27 mars 2023, la société SB Développement, représentée par Me Plas, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 27 juillet 2022 par lequel le maire de la commune de Limoges a délivré un permis de construire à la société LP Promotion pour la construction de cent-vingt logements d'habitation sur un terrain situé 112 avenue Albert Thomas ;
2°) de mettre solidairement à la charge de la commune de Limoges et de la société LP Promotion une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- son intérêt pour agir est établi ; la légalité des décisions de préemption du 5 octobre 2017 n'est pas définitivement tranchée et la validité de sa promesse de vente est obligatoirement prorogée ;
- la société LP Promotion ne disposait d'aucune qualité pour présenter la demande de permis de construire ;
- la notice paysagère produite n'est pas conforme à l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme ; le projet architectural et paysager est insuffisant et le dossier ne comprend pas l'ensemble des pièces exigibles en application des articles R. 431-9 et R. 431-10 du code de l'urbanisme ;
- le permis de construire délivré méconnaît l'article 4.1 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- le permis de construire délivré méconnaît l'article 8.1 du règlement du plan local d'urbanisme ainsi que l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ;
- le permis de construire délivré méconnaît l'article 9.4 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- le permis de construire délivré méconnaît l'article 7.2 du règlement du plan local d'urbanisme.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 3 janvier 2023 et le 20 février 2023, la commune de Limoges, représentée par la SELARL Horus Avocats conclut au rejet de la requête, à titre principal pour irrecevabilité, et à titre subsidiaire, en raison de son caractère infondée et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la société SB Développement.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable en raison du défaut de qualité pour agir de la société requérante ;
- les moyens soulevés à l'encontre du permis de construire ne sont pas fondés.
Par des mémoires enregistrés le 23 novembre 2022 et le 7 mars 2023, la société LP Promotion, représentée par la SCP Courrech et Associés, conclut au rejet de la requête, à titre principal pour irrecevabilité, et à titre subsidiaire, en raison de son caractère infondée et à ce que la somme de 5 000 euros soit mise à la charge de la société SB Développement.
Par un mémoire enregistré le 23 novembre 2022, la société LP Promotion sollicite, en outre, la condamnation de la société SB Développement à lui verser une indemnité de 20 000 euros sur le fondement de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme.
Elle soutient que :
- le comportement abusif de la société requérante est caractérisé ;
- ce recours abusif lui a causé un préjudice moral qu'elle évalue à la somme de 20 000 euros.
Par ordonnance du 9 mars 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 27 mars 2023 à 17h.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Gaullier-Chatagner,
- les conclusions de Mme Khéra Benzaïd, rapporteure publique,
- et les observations de Me Plas, représentant la société SB Développement, et de Me Borderieux, représentant la commune de Limoges.
Considérant ce qui suit :
1. La société SB Développement a conclu le 13 juin 2017 une promesse de vente avec la société Polyclinique de Limoges et la société Paul Verlaine portant sur l'acquisition de deux ensemble de parcelles situés sur le territoire de la commune de Limoges, le premier, rue Marivaux et avenue Albert Thomas correspondant aux parcelles cadastrées section BH n° 573, 574, 867 et 868 et, le second, situé avenue Albert Thomas à Limoges, correspondant aux parcelles cadastrées section BH n° 542 et 778. Par deux décisions du 5 octobre 2017, l'établissement public foncier de Nouvelle aquitaine a exercé son droit de préemption sur ces deux ensembles immobiliers. Par deux jugements du 4 juin 2020 n° 1701800 et n° 1701799, le tribunal administratif de Limoges a annulé ces décisions. Par deux arrêts du 9 novembre 2022, n° 20BX02525 et n° 20BX02527, la cour administrative d'appel de Bordeaux a annulé ces jugements et rejeté les demandes présentées contre les deux décisions de préemption. La société a introduit un pourvoi en cassation contre ces arrêts. Par un arrêté du 27 juillet 2022, le maire de la commune de Limoges a délivré un permis de construire à la société LP Promotion pour la construction de cent-vingt logements d'habitation sur un terrain situé 112 avenue Albert Thomas, sur les parcelles cadastrées section BH, n° 868, 573, 778 et 867. C'est l'arrêté dont la société SB Développement demande l'annulation.
Sur la fin de non-recevoir soulevée en défense :
2. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de justice administrative : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation () ". Aux termes de l'article L. 600-1-3 du code de l'urbanisme : " Sauf pour le requérant à justifier de circonstances particulières, l'intérêt pour agir contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager s'apprécie à la date d'affichage en mairie de la demande du pétitionnaire ". Aux termes de l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme : " Les requêtes dirigées contre une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code doivent, à peine d'irrecevabilité, être accompagnées du titre de propriété, de la promesse de vente, du bail, du contrat préliminaire mentionné à l' article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation , du contrat de bail, ou de tout autre acte de nature à établir le caractère régulier de l'occupation ou de la détention de son bien par le requérant ".
3. La contestation d'une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le code de l'urbanisme est ouverte aux personnes physiques ou morales qui justifient de leur qualité d'occupant régulier ou de propriétaire d'un bien immobilier. A ce dernier égard, une personne qui ne fait état ni d'un acte de propriété, ni d'une promesse de vente, ni d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation ne justifie pas d'un intérêt de nature à lui donner qualité pour demander l'annulation d'une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le code de l'urbanisme, sauf à ce que, à la date à laquelle elle saisit le juge administratif, elle puisse faire état d'une contestation sérieuse, à son bénéfice, de la propriété de ce bien devant le juge compétent.
4. Il ressort des pièces du dossier que les parcelles sur lesquelles le permis de construire en litige a été délivré ont fait l'objet d'une promesse de vente conclue le 13 juin 2017 entre la société requérante et la société Polyclinique de Limoges et la société Paul Verlaine, propriétaires des terrains, laquelle stipule que " la promesse de vente est consentie pour une durée expirant le 31 août 2017 ". Dès lors que les stipulations de cette convention relative à sa durée ne comprennent aucune réserve ou prorogation en lien avec l'exercice du droit de préemption, la requérante ne pouvait plus faire état, à la date de l'affichage en mairie de la demande du pétitionnaire, le 28 janvier 2022, d'une promesse de vente en cours de validité. Si, à cette date, les décisions de préemption intervenues le 5 octobre 2017 avaient été annulées par deux jugements du tribunal administratif de Limoges rendus le 4 juin 2020, de telles annulations étaient, par elles-mêmes, dépourvues d'effet sur la promesse de vente dont se prévaut la société requérante, dont la validité avait expiré le 31 août 2017. Au demeurant, la société SB Développement ne conteste pas la précision apportée par la société bénéficiaire du permis selon laquelle la société Polyclinique de Limoges et la SCI Paul Verlaine, propriétaires des parcelles, ont conclu une promesse de vente, le 30 septembre 2021, avec la société LP Promotion, la requérante se bornant à faire état de ce que cette promesse de vente serait elle-même devenue caduque le 11 avril 2022. Enfin, si la société requérante soutient que le litige relatif à la légalité des décisions de préemption n'est pas définitivement tranché dès lors que les arrêts de la cour administrative de Bordeaux annulant les jugements du 4 juin 2020 du tribunal administratif de Limoges font l'objet de pourvois en cassation, de tel recours ne sauraient être regardés comme une contestation sérieuse, à son bénéfice, de la propriété du bien, dès lors qu'aucune stipulation de la promesse de vente, en particulier les stipulations relatives à la condition suspensive liée au droit de préemption, n'a eu pour objet ou pour effet de prévoir une prorogation de la promesse de vente en lien avec l'exercice du droit de préemption. Ainsi, et dès lors que la société requérante ne fait pas état d'une promesse de vente en cours de validité, ni à la date de l'affichage en mairie de la demande de permis, ni à la date à laquelle elle a saisi le tribunal d'un recours contre le permis, et qu'elle ne fait pas davantage état d'une contestation sérieuse, à son bénéfice, de la propriété de ce bien, elle ne justifie pas d'un intérêt pour agir lui permettant de solliciter l'annulation du permis de construire délivré le 27 juillet 2023.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme :
5. Aux termes de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme : " Lorsque le droit de former un recours pour excès de pouvoir contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager est mis en œuvre dans des conditions qui traduisent un comportement abusif de la part du requérant et qui causent un préjudice au bénéficiaire du permis, celui-ci peut demander, par un mémoire distinct, au juge administratif saisi du recours de condamner l'auteur de celui-ci à lui allouer des dommages et intérêts. La demande peut être présentée pour la première fois en appel ".
6. Dans les circonstances de l'espèce, si le recours en annulation présenté par la société requérante est susceptible, au vu des conditions dans lesquelles il a été présenté, de traduire un comportement abusif de sa part, la société LP Promotion, qui se prévaut d'un préjudice moral subi en lien avec la procédure juridictionnelle et du retard dans la réalisation de l'opération ne produit aucun élément de nature à caractériser l'existence et l'étendue de son préjudice. Dès lors, les conclusions présentées par la société LP Promotion sur le fondement de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme doivent être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soient mises à la charge de la commune de Limoges et la société LP Promotion, qui ne sont pas les parties perdantes dans la présente instance, les sommes demandées par la société SB Développement. Il y a lieu en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société SB Développement, sur le même fondement, une somme de 1 800 euros à verser à la commune de Limoges et une somme de 1 800 euros à verser à la société LP Promotion.
D E C I D E :
Article 1er: La requête de SB Developpement est rejetée.
Article 2:Les conclusions de la société LP Promotion, sur le fondement de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme, sont rejetées.
Article 3:La société SB Développement versera la somme de 1 800 (mille huit cents) euros à la commune de Limoges et la somme de 1 800 (mille huit cents) euros à la société LP Promotion, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société SB Développement, à la commune de Limoges et à la Société LP Promotion.
Délibéré après l'audience du 7 septembre 2023 où siégeaient :
- M. Normand, président,
- M. Christophe, premier conseiller,
- Mme Gaullier-Chatagner, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 septembre 2023.
La rapporteure,
N. GAULLIER-CHATAGNER
Le président,
N. NORMAND
Le greffier,
M. A
La République mande et ordonne
au préfet de la Haute-Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour le Greffier en Chef
Le Greffier
M. A
mf
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026