jeudi 27 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2201380 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | DUPONTEIL VALÉRIE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 23 septembre 2022 et 6 juin 2024, Mme B C, représentée par Me Duponteil, demande :
1°) d'ordonner la production de l'entier dossier par la préfète de la Haute-Vienne ;
2°) d'annuler la décision du 21 août 2022 par laquelle la préfète de la Haute-Vienne a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;
3°) d'enjoindre à la préfète de la Haute-Vienne de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve de sa renonciation au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
- la décision attaquée n'a pas mentionné l'identité de la personne visée ;
- la préfète s'est abstenue, à tort, de saisir pour avis la commission du titre de séjour ;
- la décision est entachée par une erreur manifeste d'appréciation ;
- les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ont été méconnues ;
- les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ont été violées ;
- les revenus de son époux sont insuffisants pour bénéficier d'un regroupement familial.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 novembre 2022, la préfète de la Haute-Vienne conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par l'intéressée ne sont pas fondés.
Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 31 août 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
M. Artus a présenté son rapport au cours de l'audience publique à laquelle aucune des parties n'était présente ou représentée.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, ressortissante serbe née en 2000 en Serbie, est entrée régulièrement en France le 27 juillet 2019 afin de rejoindre son époux, lequel est titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle valable jusqu'au 24 mars 2024. L'intéressé a sollicité, le 15 février 2022, une carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale ". Par une décision du 21 août 2022, la préfète de la Haute-Vienne a rejeté cette demande. Mme C demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions tendant à la production du dossier :
2. Il ne résulte d'aucun texte ni d'aucun principe qu'il incomberait au tribunal d'enjoindre au préfet de la Haute-Vienne de produire l'entier dossier de Mme C. En tout état de cause, dès lors que l'affaire est en état d'être jugée et que le principe du contradictoire a été respecté, il n'apparaît pas nécessaire d'ordonner la communication du dossier détenu par l'administration.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ". Pour l'application des stipulations précitées, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
4. Mme C, entrée régulièrement sur le territoire, soutient que le centre de ses intérêts privés et familiaux est désormais situé en France où elle est intégrée. Il ressort en effet des pièces du dossier qu'après que le couple s'est uni le 17 juillet 2019, elle a rejoint son époux en France le 27 juillet 2019, qui réside en situation régulière sous couvert d'un titre de séjour pluriannuel. De cette union est né leur fils le 18 septembre 2021 sur le territoire national. Aussi, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, notamment de l'ancienneté de son séjour en France, du caractère stable de sa communauté de vie avec son époux ainsi que de la naissance de son enfant, lequel est en très bas âge à la date de la décision, la préfète de la Haute-Vienne, en lui refusant la délivrance d'un titre de séjour, a porté au droit de l'intéressée au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise et méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il suit de là que la requérante est fondée, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, à demander l'annulation de la décision du 21 août 2022 de la préfète de la Haute-Vienne.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. Le présent jugement implique nécessairement, sous réserve d'un changement dans les circonstances de droit ou de fait, que l'autorité préfectorale délivre un titre de séjour " vie privée et familiale " à Mme C dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les conclusions au titre des frais d'instance :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de condamner l'Etat à verser la somme de 1 200 euros à Me Duponteil qui renonce au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
D E C I D E :
Article 1er: La décision du 21 août 2022 de la préfète de la Haute-Vienne est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Haute-Vienne de délivrer une carte de séjour " vie privée et familiale " à Mme C dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : L'Etat versera à Me Duponteil, qui renonce au bénéfice de l'aide juridictionnelle, la somme de 1 200 (mille deux cents) euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C, à Me Duponteil et au préfet de la Haute-Vienne.
Délibéré après l'audience du 13 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Artus, président-rapporteur,
Mme Siquier, première conseillère,
Mme Gaullier-Chatagner, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 juin 2024.
Le président,
D. ARTUS
Le premier assesseur,
H. SIQUIER
La greffière,
M. A
La République mande et ordonne
au préfet de la Haute-Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour la greffière en chef,
La greffière
M. Acg
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026