mardi 24 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2201385 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 24 septembre 2022 et le 13 octobre 2022, Mme A D, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 20 septembre 2022 par laquelle le président de la commission de recours a rejeté son recours administratif préalable obligatoire contre la décision du 26 août 2022 par laquelle l'inspecteur d'académie, directrice académique des services de l'éducation nationale de la Creuse, a refusé de lui délivrer l'autorisation d'instruction dans la famille pour sa fille B au titre de l'année scolaire 2022-2023 ;
2°) d'enjoindre à la rectrice de l'académie de Limoges de délivrer l'autorisation d'instruire B en famille au titre de l'année scolaire 2022-2023 sur le fondement du IV de l'article 49 de la loi du 24 août 2021 ;
Elle soutient que :
- la décision est entachée d'erreur de droit dès lors que le paragraphe IV de l'article 49 de la loi n° 2021-1109 du 24 août 2021 prévoit une dérogation permettant aux responsables d'un enfant d'obtenir une autorisation de plein droit d'instruire leur enfant en famille à condition que ce dernier ait bénéficié d'une instruction en famille pour l'année 2021-2022 et que l'enfant ait acquis les connaissances suffisantes, ce qui est le cas en l'espèce ;
- la décision contestée est entachée d'une violation de la loi dès lors que l'article R. 131-11 du code de l'éducation conditionnant une demande d'autorisation d'instruction en famille à un dépôt entre le 1er mars et le 31 mai de l'année précédant l'année scolaire ne prévoit pas la dérogation prévue par le paragraphe IV de l'article 49 de la loi 2021-1109 du 24 août 2021 ;
- la décision contestée porte atteinte aux principes de sécurité juridique et de confiance légitime dès lors que le gouvernement n'a pas pris les dispositions réglementaires assurant une équivalence de procédure aux dispositions du paragraphe IV de l'article 49 de la loi n°2021-1109 du 24 août 2021 ;
- la décision contestée est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dès lors que la situation de B, leur fille mineure, rempli les conditions lui permettant de bénéficier de la dérogation instituée par le paragraphe IV de l'article 49 de la loi du 24 août 2021.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 septembre 2022, la rectrice de l'académie de Limoges conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par Mme D ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'éducation ;
- la loi n° 2021-1109 du 24 août 2021, notamment son article 49 ;
- le décret n° 2022-182 du 15 février 2022 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Crosnier,
- et les conclusions de M. Houssais, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D est la mère de B, née le 8 octobre 2018 qui bénéficiait d'une autorisation d'instruction en famille au titre de l'année scolaire 2021-2022. Les résultats du contrôle effectué le 10 janvier 2022 ont été jugés suffisants par les services de l'éducation nationale des Hautes-Alpes. Suite à l'installation de la famille en Creuse, elle a sollicité le 24 août 2022 le renouvellement de cette autorisation auprès des services départementaux de l'éducation nationale de ce département. Par une décision du 26 août 2022, le directeur académique des services de l'éducation nationale (DASEN) de la Creuse a rejeté sa demande au motif que la demande d'autorisation avait été adressée à l'administration tardivement. L'intéressée a alors formé un recours administratif préalable contre cette décision qui a été rejeté par la commission de recours de l'académie de Limoges le 20 septembre 2022. Mme D demande l'annulation de cette décision.
2. Aux termes de l'article L. 131-1 du code de l'éducation : " L'instruction est obligatoire pour chaque enfant dès l'âge de trois ans et jusqu'à l'âge de seize ans. () ". Aux termes de l'article L. 131-2 du même code, dans sa version issue de l'article 49 de la loi n° 2021-1109 du 24 août 2021 : " L'instruction obligatoire est donnée dans les établissements ou écoles publics ou privés. Elle peut également, par dérogation, être dispensée dans la famille par les parents, par l'un d'entre eux ou par toute personne de leur choix, sur autorisation délivrée dans les conditions fixées à l'article L. 131-5 () ". Aux termes de l'article L. 131-5 du même code, dans sa version issue de l'article 49 de la loi n° 2021-1109 du 24 août 2021 : " Les personnes responsables d'un enfant soumis à l'obligation scolaire définie à l'article L. 131-1 doivent le faire inscrire dans un établissement d'enseignement public ou privé ou bien, à condition d'y avoir été autorisées par l'autorité de l'Etat compétente en matière d'éducation, lui donner l'instruction en famille () / La présente obligation s'applique à compter de la rentrée scolaire de l'année civile où l'enfant atteint l'âge de trois ans () ". Aux termes de l'article R. 131-11 du code de l'éducation : " Les personnes responsables d'un enfant qui sollicitent la délivrance de l'autorisation d'instruction dans la famille dans les conditions prévues par l'article L. 131-5 adressent leur demande au directeur académique des services de l'éducation nationale du département de résidence de l'enfant entre le 1er mars et le 31 mai inclus précédant l'année scolaire au titre de laquelle cette demande est formulée. ". Aux termes du second alinéa du IV de l'article 49 de la loi du 24 août 2021 : " Par dérogation, l'autorisation prévue à l'article L. 131-5 du code de l'éducation est accordée de plein droit, pour les années scolaires 2022-2023 et 2023-2024, aux enfants régulièrement instruits dans la famille au cours de l'année scolaire 2021-2022 et pour lesquels les résultats du contrôle organisé en application du troisième alinéa de l'article L. 131-10 du même code ont été jugés suffisants. ". Enfin, aux termes de l'article 10 du décret n° 2022-182 du 15 février 2022 relatif aux modalités de délivrance de l'autorisation d'instruction dans la famille. " Les demandes d'autorisation émanant de personnes entrant dans le champ d'application du second alinéa du IV de l'article 49 de la loi du 24 août 2021 susvisée sont présentées selon les modalités prévues à l'article R. 131-11 du code de l'éducation et comportent les pièces mentionnées à l'article R. 131-11-1 du même code. ".
3. En premier lieu, il découle du IV de l'article 49 de la loi du 24 août 2021 que les parents de la jeune B, déjà instruite dans la famille au titre de l'année scolaire 2021-2022 et pour laquelle le bilan des acquis a été jugé favorable par l'administration, pouvaient se voir accorder de plein droit l'autorisation d'instruction dans la famille au titre des années 2022-2023 et 2023-2024. Toutefois, le dossier de demande d'instruction en famille de Mme D n'a été réceptionné au rectorat de l'académie de Limoges que le 24 août 2022. Partant, le rectorat de l'académie de Limoges n'a pas méconnu les dispositions précitées en opposant la condition de dépôt de la demande entre le 1er mars et le 31 mai 2022, expressément prévue par l'article 10 du décret susvisé du 15 février 2022, pour refuser l'octroi de l'autorisation sollicitée. En outre, la requérante n'établit ni même n'allègue avoir sollicité le renouvellement de l'autorisation d'instruction en famille dont elle bénéficiait dans le département des Hautes-Alpes au titre de l'année scolaire 2021-2022 dans ce département, avant son installation au cours de l'été 2022 dans le département de la Creuse, ni d'avoir été empêchée de le faire. Si les requérants soulèvent un moyen tiré de l'exception d'illégalité de ces dispositions, la seule circonstance que l'autorisation sollicitée devait être délivrée de plein droit pour deux ans n'a aucune incidence sur la légalité de l'article 10 du décret précité imposant de déposer la demande dans une période déterminée.
4. En second lieu, dès lors que la demande a été rejetée pour tardiveté, les autres moyens tirés de ce que la décision contestée est entachée d'erreur de droit, porte atteinte aux principes de sécurité juridique et de confiance légitime ou de l'erreur d'appréciation ne peuvent être utilement invoqués et doivent être écartés.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête de Mme D aux fins d'annulation doivent être rejetées ainsi, par voie de conséquence, que ses conclusions aux fins d'injonction.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A D et à la ministre de l'éducation nationale. Copie en sera adressée pour information à la rectrice de l'académie de Limoges.
Délibéré après l'audience du 10 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Artus, président,
M. Crosnier, premier conseiller,
M. Gillet, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 septembre 2024.
Le rapporteur,
Y. CROSNIER
Le président,
D. ARTUS La greffière,
M. C
La République mande et ordonne
à la ministre de l'éducation nationale
en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour La Greffière en Chef,
La Greffière,
M. C
cg
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026