jeudi 20 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2201539 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | CLAISSE & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 26 octobre 2022, le 24 mars 2023, le 30 octobre 2023, le 10 janvier 2024 et le 13 février 2024, Mme A B, représentée par Me Mouldaïa, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 2 septembre 2022 par laquelle la présidente de l'université de Limoges a rejeté sa demande à titre dérogatoire de triplement en troisième année de pharmacie pour l'année universitaire 2022-2023 ;
2°) d'enjoindre à la présidente de l'université de Limoges de procéder à son inscription en troisième année de pharmacie ;
3°) de mettre à la charge de l'université de Limoges une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision est insuffisamment motivée ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- porte une atteinte grave et disproportionnée à sa vie personnelle ;
- porte atteinte à l'intérêt public au regard de pénurie de pharmaciens en France.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 30 janvier 2023, le 25 septembre 2023 et le 31 janvier 2024, l'université de Limoges, représentée par Me Claisse, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de Mme B au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les conclusions indemnitaires sont irrecevables faute d'avoir été précédées d'une demande préalable ;
- les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Crosnier,
- les conclusions de M. Houssais, rapporteur public,
- les observations de Me Mouldaïa, représentant Mme B, et de Me Reis, représentant l'université de Limoges.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B a intégré l'université de Limoges en première année d'étude de santé (PACES) pour l'année universitaire 2014-2015. Après avoir été ajournée deux fois, elle a obtenu une dérogation en vue du triplement de sa première année à l'issue de laquelle elle a été admise en études de pharmacie. Après deux nouveaux échecs, elle a été admise à s'inscrire en troisième année de pharmacie au titre de l'année universitaire 2020-2021. Ajournée de nouveau deux fois dans le cadre de cette troisième année malgré la mise en place d'un accompagnement personnalisé proposé par l'université, Mme B a sollicité, à titre dérogatoire, le triplement de sa troisième année. Le 12 juillet 2022, le doyen de la faculté de pharmacie l'a informée qu'elle avait épuisé le nombre d'inscriptions autorisées en vue de l'obtention du diplôme de formation générale en sciences pharmaceutiques (DFG-SP). Par sa décision du 2 septembre 2022 dont Mme B demande l'annulation, la présidente de l'université de Limoges a rejeté le recours gracieux formé par la requérante contre cette décision.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. () ". L'article L. 211-5 du même code dispose : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. "
3. La décision contestée rappelle les dispositions de l'article 9 bis de l'arrêté du 22 mars 2011 relatif au régime des études en vue du diplôme de formation générale en sciences pharmaceutiques et précise qu'au regard du parcours académique de la requérante sa demande dérogatoire de triplement de la troisième année ne lui est pas accordée. Elle contient ainsi les considérations de droit et de faits sur lesquelles elle se fonde. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision attaquée doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 9 bis de l'arrêté du 22 mars 2011 relatif au régime des études en vue du diplôme de formation général en sciences pharmaceutiques : " Aucun étudiant ne peut être autorisé à prendre plus de cinq inscriptions en vue du diplôme de formation générale en sciences pharmaceutiques après avoir validé un parcours de formation antérieur mentionné au I de l'article R. 631-1 du code de l'éducation et subi avec succès les épreuves mentionnées au I de l'article R. 631-1-2 du même code. La deuxième et la troisième année de la formation conduisant au diplôme de formation générale en sciences pharmaceutiques ne peuvent faire l'objet chacune de plus de trois inscriptions. Ces limitations s'entendent hors période de césure définie par l'article D. 611-13 et suivants du code de l'éducation. / Une dérogation exceptionnelle aux cas décrits au premier alinéa du présent article peut être accordée par le président de l'université sur avis du directeur de l'unité de formation et de recherche dispensant des formations pharmaceutiques. ". Il résulte de ces dispositions qu'après avoir validé une première année au titre du parcours spécifique " accès santé " ou de licence " option santé ", un étudiant ne peut s'inscrire plus de cinq fois pour l'obtention du diplôme de formation générale en sciences pharmaceutiques et que les deuxième et troisième années de cette formation ne peuvent faire l'objet chacune de plus de trois inscriptions, sauf à ce qu'une dérogation exceptionnelle lui soit accordée pour l'une ou l'autre de ces conditions.
5. Il ressort des pièces du dossier que le parcours universitaire de Mme B a débuté avec l'année universitaire 2014-2015 et qu'après avoir obtenu à titre dérogatoire l'autorisation de tripler sa première année d'études de santé, elle a été inscrite en deuxième année au titre des années universitaires 2017-2018, 2018-2019 et 2019-2020 avant d'être admise en troisième année pour l'année universitaire 2020-2021 puis, après un nouvel ajournement, pour l'année 2021-2022. Ainsi, à l'issue d'un parcours de huit années d'études, dont cinq pour les deuxième et troisième années, malgré la mise en place de propositions d'accompagnement personnalisé auquel Mme B n'a, au demeurant, pas donné suite, l'université de Limoges qui, au regard du parcours de la requérante, ne lui a pas accordé la dérogation qu'elle sollicitait pour s'inscrire une troisième fois en troisième année, n'a pas entachée sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation et ne saurait être regardée comme ayant porté une atteinte grave et manifestement disproportionnée à la vie personnelle de Mme B.
6. En troisième lieu, le moyen selon lequel il manquerait près de huit mille pharmaciens en France et qu'en considération de l'intérêt public il convient d'autoriser une étudiante motivée à poursuivre ses études, est inopérant et sans incidence sur la légalité de la décision contestée. Il doit, en tout état de cause, être écarté.
7. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée, ainsi par voie de conséquence que ses conclusions aux fins d'injonction.
Sur les frais liés au litige :
8. D'une part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'université de Limoges, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que Mme B demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
9. D'autre part, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme B le versement de la somme que l'université de Limoges demande au titre de ce même article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 :Les conclusions présentées par l'université de Limoges sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à l'université de Limoges.
Délibéré après l'audience du 4 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Artus, président,
M. Crosnier, premier conseiller,
M. Boschet, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juin 2024 .
Le rapporteur,
Y. CROSNIER
Le président,
D. ARTUS La greffière,
M. C
La République mande et ordonne
au ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour Le Greffier en Chef
La greffière,
M. C
mf
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026