mardi 24 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2201547 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | ALCIAT-JURIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 octobre 2022, M. C A, représenté par Me Pelletier, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 28 avril 2022 par laquelle la rectrice de l'académie d'Orléans-Tours a refusé de lui accorder le bénéfice de la protection fonctionnelle, ensemble la décision implicite du 27 août 2022 de rejet du recours hiérarchique formé auprès du ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse ;
2°) d'enjoindre à la rectrice de l'académie d'Orléans-Tours de lui accorder le bénéfice de la protection fonctionnelle ou, à défaut, de réexaminer sa demande dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que la décision du 28 avril 2022 :
- est entachée d'incompétence ;
- souffre d'une erreur d'appréciation et méconnait les dispositions de l'article L. 134-5 du code général de la fonction publique alors qu'il a subi des faits de harcèlement moral, de diffamation et d'injures.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 mai 2024, la rectrice de l'académie d'Orléans-Tours conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Crosnier,
- et les conclusions de M. Houssais, rapporteur public.
La clôture de l'instruction a été fixée au 30 mai 2024.
Considérant ce qui suit :
1. M. C A, professeur de sciences de la vie et de la terre, enseignait depuis septembre 2007 au sein du collège Léon XIII à Châteauroux, établissement d'enseignement privé sous contrat. Le 28 février 2022, il a appris qu'une pétition initiée par deux parents d'élèves délégués d'une classe de troisième, mettant en cause ses qualités professionnelles et son comportement, circulait sur les réseaux sociaux. S'estimant insulté, diffamé et victime de harcèlement moral de la part de sa direction qu'il estime être à l'origine de cette pétition, il a sollicité auprès de la rectrice de l'académie d'Orléans-Tours le bénéfice de la protection fonctionnelle, qui lui a été refusé le 28 avril 2022. M. A demande au tribunal d'annuler cette décision, ensemble la décision implicite de rejet de son recours hiérarchique.
2. En premier lieu, par un arrêté du 10 janvier 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de la région Centre-Val-de-Loire, Mme E D, adjointe au secrétaire général de l'académie d'Orléans-Tours, directrice de l'enseignement général et de l'enseignement supérieur a reçu, en cas d'absence ou d'empêchement du secrétaire général de l'académie, délégation à l'effet de signer tous arrêtés, actes, décisions et correspondances dans le limite des compétences attribuées à la rectrice de cette académie. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté comme manquant en fait.
3. En second lieu, aux termes de l'article L. 134-5 du code général de la fonction publique : " La collectivité publique est tenue de protéger l'agent public contre les atteintes volontaires à l'intégrité de sa personne, les violences, les agissements constitutifs de harcèlement, les menaces, les injures, les diffamations ou les outrages dont il pourrait être victime sans qu'une faute personnelle puisse lui être imputée. Elle est tenue de réparer, le cas échéant, le préjudice qui en est résulté. ". L'article L. 133-2 du même code dispose : " Aucun agent public ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel. ".
4. Si un agent public peut obtenir la protection fonctionnelle contre les menaces, violences, voies de fait, injures, diffamations ou outrages dont il est susceptible d'être victime à l'occasion de ses fonctions, il lui appartient, notamment s'il soutient avoir été victime de faits constitutifs de harcèlement moral, lorsqu'il entend contester le refus opposé par l'administration dont il relève à une demande de protection fonctionnelle fondée sur de tels faits, de soumettre au juge des éléments susceptibles d'en faire présumer l'existence. Il incombe à l'administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements en cause sont justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si les agissements de harcèlement sont ou non établis, se détermine au vu de ces échanges contradictoires, qu'il peut compléter, en cas de doute, en ordonnant toute mesure d'instruction utile.
5. Pour contester le bien-fondé de la décision du 28 avril 2022, M. A fait valoir que sa demande de protection fonctionnelle était justifiée par les propos insultants et diffamatoires figurant à son encontre dans la pétition organisée par des parents d'élèves, soutenus par la direction de l'établissement, laquelle exerce selon lui à son encontre, depuis plusieurs années, des agissements constitutifs de harcèlement moral dans la volonté de lui nuire, notamment en refusant de lui accorder un service à temps complet, de lui communiquer son emploi du temps alors qu'il était en arrêt de travail à la rentrée de septembre 2021, ou encore sans jamais avoir été soutenu par sa direction lorsqu'il demandait des sanctions à l'égard d'élèves perturbateurs ou qu'il rencontrait des difficultés avec certains parents d'élèves.
6. D'une part, il ressort des pièces du dossier qu'en réponse au mécontentement exprimé par certaines familles à l'égard du requérant, la direction du collège Léon XIII leur a signifié ne pas disposer d'éléments tangibles concernant l'attitude de M. A face à ses élèves. La démarche engagée par les représentantes des parents d'élèves de la classe de 3ème B visait à recueillir auprès des familles des élèves de cette classe par l'intermédiaire d'une messagerie interne à l'établissement des témoignages confirmant ou infirmant les manquements ou comportements inadaptés, réels ou supposés, de M. A en recensant les problèmes évoqués. Cette consultation et sa diffusion par un élève à l'ensemble de ses camarades de classe par l'intermédiaire du réseau Whatsapp, pour regrettables qu'elles fussent, ne sont pas, en elles-mêmes constitutives d'une volonté de diffamer ou d'insulter M. A de la part de sa hiérarchie. D'autre part, M. A n'apporte pas d'éléments suffisamment précis et circonstanciés susceptibles d'étayer l'affirmation que les autres faits qu'il rapporte constitueraient des agissements répétés permettant de présumer d'un harcèlement moral de la part de ses chefs d'établissement successifs. Par suite, la rectrice n'a pas entaché sa décision d'une erreur d'appréciation en rejetant la demande de protection fonctionnelle présentée par M. A.
7. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée, y compris ses conclusions aux fins d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et à la ministre de l'éducation nationale.
Copie en sera adressée pour information à la rectrice de l'académie d'Orléans-Tours et à Me Pelletier.
Délibéré après l'audience du 10 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Artus, président,
M. Crosnier, premier conseiller,
M. Gillet, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 septembre 2024.
Le rapporteur,
Y. CROSNIER
Le président,
D. ARTUS La greffière,
M. B
La République mande et ordonne
à la ministre de l'éducation nationale en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour La Greffière en Chef,
La Greffière,
M. B
cg
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026