mardi 11 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2201807 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | DOUNIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires, respectivement enregistrées le 16 décembre 2022 et le 30 janvier 2023, M. B C demande au tribunal :
1°) d'annuler la délibération n° MA-DEL-2018-15 du 26 février 2018 par laquelle le conseil municipal de Fursac a approuvé le tarif de la redevance d'assainissement à compter du 1er janvier 2018 ;
2°) d'annuler la délibération n° MA-DEL-2017-101 par laquelle le conseil municipal de Fursac a décidé de contracter un emprunt pour financer les travaux de réalisation de la future station d'épuration ;
3°) d'annuler les avis de sommes à payer émis pour le recouvrement des redevances dues au titre des années 2018 à 2020 pour le service assainissement et, en conséquence, d'annuler la lettre de relance n° 28939818333 du 13 février 2019 d'un montant de 312,27 euros ainsi que la saisie administrative à tiers détenteur émise à l'encontre de sa caisse d'assurance retraite, la Carsat Centre-Ouest en vue du recouvrement d'une somme de 817,32 euros ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Fursac et de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
S'agissant des délibérations du conseil municipal de Fursac :
- la commune de Fursac n'est pas compétente pour exercer une activité industrielle et commerciale telle que le service d'assainissement dans le cadre d'un monopole ;
-la commune de Fursac n'a fait aucune déclaration d'existence du service d'assainissement auprès du centre de formalité des entreprises ;
- le compte administratif 2021 du service assainissement est insincère ;
S'agissant des avis de sommes à payer, de la lettre de relance et de l'avis de saisie administrative à tiers détenteur :
- le tribunal est compétent pour connaître du présent recours dès lors qu'il est dirigé contre une créance fiscale en dépit du caractère commercial du service d'assainissement ;
- le service assainissement de la commune de Fursac est dans une situation de monopole mais aucune loi ne peut imposer l'utilisation des services publics payants. A ce titre, il n'a conclu aucun contrat avec la commune de Fursac pour l'utilisation du service assainissement et aucune redevance ne peut alors être mise à sa charge car il ne peut être regardé comme usager du service ;
- il n'a pas reçu les titres exécutoires mentionnés dans la lettre de relance du 13 février 2019 et les avis de saisine administrative à tiers détenteur ;
- les titres exécutoires litigieux sont irréguliers puisqu'ils ne précisent pas les bases de liquidation de la créance et la délibération du 26 février 2018 fixant le tarif du service d'assainissement n'était pas annexée ; de plus, ils ne comportent pas les mentions obligatoires listées par l'article 242 nonies A annexe 2 du code général des impôts, lequel est applicable en raison du caractère commercial du service d'assainissement ;
- la lettre de relance du 13 février 2019 fait référence à tort à des impositions de toute nature au titre des créances réclamées ;
- il appartient à l'ordonnateur de fournir le titre exécutoire de la créance litigieuse et les bases de liquidation, ainsi que le bordereau du quatrième volet du titre exécutoire signé en cas de contestation ;
- l'avis de saisie administrative à tiers détenteur est irrégulier dès lors qu'il ne désigne pas la juridiction compétente pour connaître d'un recours contentieux.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 février 2023, le directeur départemental des finances publiques de la Creuse conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- le comptable public était fondé à prendre en charge les titres de recettes émis à l'encontre de M. C et en assurer le recouvrement ;
- les conclusions dirigées contre l'avis de saisie administrative à tiers détenteur sont irrecevables comme étant tardives dès lors qu'il a été notifié au débiteur le 22 juin 2022.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 24 septembre 2024 et le 25 septembre 2024, la commune de Fursac, représentée par Me Douniès, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. C une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les conclusions en annulation de la délibération du 26 février 2018 sont irrecevables comme étant tardives ;
- les travaux de mise en conformité de la station d'épuration et du réseau ont nécessairement eu une incidence sur le prix du mètre cube.
M. C a produit un mémoire le 21 octobre 2024, qui n'a pas été communiqué.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de de l'incompétence de la juridiction administrative pour connaître des conclusions à fin d'annulation des avis de sommes à payer, de la lettre de relance et de l'avis de saisie administrative à tiers détenteur dès lors qu'ils tendent au recouvrement d'impayés du service public d'assainissement et mettent en cause des rapports entre un service public industriel et commercial et son usager.
Par ordonnance du 25 septembre 2024, la clôture d'instruction a été fixée en dernier lieu au 25 octobre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique à laquelle aucune des parties n'était présente ni représentée :
- le rapport de M. Gillet,
- les conclusions de M. Houssais, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Par la présente requête, M. B C doit être regardé comme demandant l'annulation des délibérations n° MA-DEL-2018-15 et n° MA-DEL-2017-101 adoptées par le conseil municipal de Fursac dans le cadre de la gestion du service public de l'assainissement ainsi que des avis de sommes à payer émis à son encontre pour le recouvrement des redevances dues au titre des années 2018 à 2020 pour le service d'assainissement, de la lettre de relance n° 28939818333 du 13 février 2019 d'un montant de 312,27 euros et de l'acte de saisie administrative à tiers détenteur émis à l'encontre de sa caisse d'assurance retraite, la Carsat Centre-Ouest en vue du recouvrement d'une somme de 817,32 euros.
Sur la compétence de la juridiction administrative :
2. Aux termes de l'article L. 2224-11 du CGCT : " Les services publics d'eau et d'assainissement sont financièrement gérés comme des services à caractère industriel et commercial ". Il résulte de ces dispositions que le service d'assainissement constitue un service public à caractère industriel et commercial. Or, les litiges nés des rapports entre un service public industriel et commercial et ses usagers, qui sont des rapports de droit privé, relèvent de la compétence des juridictions de l'ordre judiciaire.
3. En l'espèce, le litige qui oppose M. C à la commune de Fursac porte pour partie sur des avis de sommes à payer pour le recouvrement d'impayés du service public d'assainissement et met en cause des rapports entre un service public industriel et commercial et son usager, et relèvent, par suite, de la compétence des juridictions de l'ordre judiciaire. Dès lors, les conclusions dirigées contre les avis de sommes à payer émis au titre des années 2018 à 2020, la lettre de relance n° 28939818333 du 13 février 2019 et l'avis de saisie administrative à tiers détenteur émis le 22 juin 2022 doivent être rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.
Sur la recevabilité des conclusions dirigées contre la délibération du 26 février 2018 :
4. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée ".
5. L'auteur d'un recours juridictionnel tendant à l'annulation d'une décision administrative doit être réputé avoir eu connaissance de la décision qu'il attaque au plus tard à la date à laquelle il a formé son recours.
6. Par une ordonnance du 30 août 2023 devenue définitive et revêtue de l'autorité relative de la chose jugée, le présent tribunal a rejeté la requête présentée par M. C contre notamment la délibération n° 2018-015 du 26 février 2018, faute pour ce dernier d'avoir produit le mémoire complémentaire annoncé. Le délai de recours de deux mois devait être décompté à partir du 2 septembre 2021, date d'enregistrement de la 1ère requête n° 2101387, qui était expiré le 16 décembre 2022, date de la nouvelle requête n° 2201807 devant le tribunal administratif de Limoges. Par suite, les conclusions de la requête de M. C dirigées contre la délibération n° 2018-015 du 26 février 2018 sont tardives. La fin de non-recevoir opposée en ce sens doit donc être accueillie.
Sur les autres conclusions à fin d'annulation :
7. En premier lieu, aux termes de l'article L. 2224-8 du CGCT : " I. - Les communes sont compétentes en matière d'assainissement des eaux usées (). II. - Les communes assurent le contrôle des raccordements au réseau public de collecte, la collecte, le transport et l'épuration des eaux usées, ainsi que l'élimination des boues produites ". Il résulte de ces dispositions que l'assainissement est une compétence obligatoire des communes. Par suite, M. C n'est pas fondé à soutenir que la commune de Fursac ne serait pas compétente pour créer et exploiter le service public d'assainissement sur son territoire ou qu'elle devait au préalable souscrire une quelconque formalité auprès du centre de formalités des entreprises (CFE).
8. En second lieu, M. C ne peut utilement soutenir que le budget 2021 du service assainissement serait insincère s'agissant de la délibération n° MA-DEL-2017-101 qui, décidant de contracter un emprunt pour financer les travaux de réalisation de la future station d'épuration, n'a pas pour objet d'adopter un tel budget.
9. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la délibération n° MA-DEL-2017-101 du conseil municipal de Fursac doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
10. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens ".
11. Il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative par M. C, partie perdante, au titre de la présente instance. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de M. C la somme que la commune de Fursac demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Fursac présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, à la commune de Fursac et au directeur départemental des finances publiques de la Creuse.
Délibéré après l'audience du 28 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
M. Artus, président,
M. Crosnier, premier conseiller,
M. Gillet, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 février 2025.
Le rapporteur,
K. GILLET
Le président,
D. ARTUS Le greffier,
M. A
La République mande et ordonne
au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour le greffier en chef,
La greffière
M. A
cg
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026