jeudi 16 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2201876 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SCP D'AVOCATS MICHEL LABROUSSE - CELINE REGY - FRANCOIS ARMAND & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 29 décembre 2022 et le 26 janvier 2023, M. E B, représenté par Me Armand, demande au Tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 6 décembre 2022 par lequel le préfet de la Corrèze a refusé de lui accorder la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours à compter de la notification de cette décision et a fixé le pays de renvoi ;
2°) d'enjoindre au préfet, de lui délivrer un titre de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à lui verser sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne le refus de titre de séjour :
- sa demande de titre pour obtenir un titre de séjour en qualité de salarié n'a pas été examinée sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers de sorte qu'elle est entachée d'une erreur de droit ;
- le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation dans l'application de l'article L. 435-1 en refusant de lui délivrer un titre de séjour portant la mention vie privée et familiale ;
- le refus de titre de séjour qui lui a été opposé méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité du refus de titre de séjour qui la fonde.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 février 2022, le préfet de la Corrèze conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant sont infondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. D A été entendu au cours de l'audience publique à laquelle aucune des parties n'était présente ou représentée.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 10 janvier 2023.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant guinéen, est entré en France selon ses déclarations le 15 août 2019. Par un arrêté du 6 décembre 2022 dont l'intéressé demande l'annulation, le préfet de la Corrèze a rejeté sa demande portant sur la délivrance d'un titre de séjour, a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le refus de titre de séjour :
2. En premier lieu, aux termes du premier alinéa de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié", "travailleur temporaire" ou "vie privée et familiale", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. ".
3. Il ressort des pièces du dossier, en particulier de ses propres écritures, que M. B a présenté deux demandes de titre de séjour, une première demande au mois de novembre 2021 à raison de ses liens privés et familiaux en France, une seconde le 8 août 2022 en vue de solliciter une régularisation par le travail.
4. D'une part, et tout d'abord, il ne ressort d'aucune des pièces du dossier que l'intéressé aurait sollicité son admission exceptionnelle au séjour dans le cadre de sa demande formulée au mois de novembre 2021. Ensuite, il ressort des termes de la décision contestée qui se borne à viser la demande d'admission au séjour présentée par l'intéressé en raison de son mariage célébré le 14 novembre 2020 avec une conjointe de nationalité française, que le préfet de la Corrèze n'a pas entendu se prononcer, par cette décision, sur la demande de titre de séjour présentée le 8 août 2022. Par suite, et dès lors que lorsqu'il est saisi d'une demande de délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'une des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet n'est pas tenu, en l'absence de dispositions expresses en ce sens, d'examiner d'office si l'intéressé peut prétendre à une autorisation de séjour sur le fondement d'une autre disposition de ce code, le moyen tiré de ce que le préfet de la Corrèze aurait commis une erreur de droit en s'abstenant d'examiner la demande de l'intéressé sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
5. D'autre part, il résulte de ce qui a été dit au point précédent que le préfet de la Corrèze, qui n'était pas tenu d'examiner d'office la demande de l'intéressé sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et qui n'a pas entendu se prononcer sur la demande du 8 août 2022, n'a pas commis d'erreur d'appréciation dans l'exercice de son pouvoir de régularisation.
6. En second lieu, M. B, entré en France le 15 août 2019, n'a pas d'enfants. S'il s'est marié en novembre 2020 avec une ressortissante française, il ressort des pièces du dossier qu'il s'est séparé de cette personne dans le courant de l'année 2021 de sorte que la communauté de vie entre les deux époux n'existait plus à la date de la décision en litige. Au vu de ces éléments et alors que M. B ne démontre pas être dépourvu de toutes attaches personnelles et familiales dans son pays d'origine, les seules circonstances que l'intéressé d'une part, soit très investi comme éducateur au sein du club de football de Meymac, comme arbitre au sein du district de football de la Corrèze, et comme bénévole dans deux associations caritatives, d'autre part, dispose d'une promesse d'embauche sur un poste de manutentionnaire en contrat à durée indéterminée, ne sont pas suffisantes pour considérer qu'il a fixé le centre de ses intérêts personnels et familiaux en France. Dans ces conditions, et alors au surplus que l'intéressé a été mis en cause pour des faits de violences suivis d'incapacité n'excédant pas 8 jours par une personne étant ou ayant été conjoint concubin ou partenaire lié à la victime par un pacte de solidarité dont il ne conteste pas la matérialité, c'est sans porter une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale que le préfet de la Corrèze a refusé de lui délivrer un titre de séjour. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
7. Il résulte de ce qui a été dit précédemment que la décision de refus de titre de séjour n'étant pas illégale, le moyen tiré de l'illégalité de cette décision, invoqué par voie d'exception à l'encontre de l'obligation de quitter le territoire, doit être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête doit être rejetée y compris les conclusions aux fins d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er: La requête de M. B est rejetée.
Article 2:Le présent jugement sera notifié à M. F B et au préfet de la Corrèze.
Délibéré après l'audience du 2 mars 2023 où siégeaient :
- M. Normand, président,
- M. Martha, premier conseiller,
- M. Boschet, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 mars 2023.
Le rapporteur,
F. MARTHA
Le président,
N. NORMAND
Le greffier,
M. C
La République mande et ordonne
au préfet de la Corrèze en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour le Greffier en Chef
Le Greffier
G. JOURDAN-VIALLARD
No 2201876
mf
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026