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AccueilJurisprudence administrativeN° TA87-2300105

Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2300105

mardi 28 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2300105
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantHMS AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés les 23 janvier 2023, 19 mars 2023 et 6 mars 2024, M. C demande au tribunal d'annuler la décision de La Poste du 28 novembre 2022 par laquelle cette société a refusé de le rendre éligible au dispositif de fin de carrière appelé Temps Partiel Accompagné Senior (TPAS) ;

Il soutient que :

- c'est à tort que La Poste a refusé de considérer que les fonctions qu'il a exercées entre novembre 1995 et juillet 2003 répondaient à des facteurs de pénibilité ;

- les fonctions de manutentionnaire/agent de traitement exercées pendant cette période sont les mêmes que celles qu'il a exercées de septembre 1994 à novembre 1995 et qui ont été reconnues au titre de la pénibilité ;

- d'autres agents travaillant en centres de tri sur des fonctions comparables aux siennes ont bénéficié du dispositif TPAS.

Par un mémoire en défense, enregistré le 29 février 2024, La Poste, représentée par Me Bellanger, conclut au rejet de la requête comme non fondée et à la mise à la charge de M. C d'une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général de la fonction publique ;

- la décision n°2022-153 du 21 février 2022 portant sur les modalités de mise en œuvre du TPAS pour les personnels exerçant ou ayant exercé des fonctions comportant des facteurs de pénibilité ;

- l'accord-cadre sur la qualité de la vie au travail à La Poste du 24 janvier 2014 ;

- le code de justice administrative ;

Un mémoire présenté par la société La Poste a été enregistré le 8 janvier 2025 sans être communiqué.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Martha,

- les conclusions de M. Houssais, rapporteur public ;

- les observations de M. C.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, fonctionnaire de l'Etat employé au service de La Poste depuis le 3 septembre 1992, a été reclassé dans le grade de classification d'agent professionnel second niveau APN2 par décision du 30 novembre 1995. Il a été affecté au centre national de la monétique à Limoges en septembre 1994 et a été payé en référence à des fonctions d'agent de cabine de novembre 1995 à juillet 2003. Le 17 août 2022, il a demandé le bénéfice du dispositif du Temps Partiel Aménagé Senior (TPAS) avec pénibilité avec prise d'effet au 1er janvier 2023. Par une décision du 28 novembre 2022, dont l'intéressé demande l'annulation, La Poste a refusé de le faire bénéficier de ce dispositif.

Sur les conclusions aux fins d'indemnisation :

2. En premier lieu, aux termes de la décision n° 2002-153 de La Poste du 21 février 2022 portant sur les modalités de mise en œuvre du TPAS pour les personnels exerçant ou ayant exercé des fonctions comportant des facteurs de pénibilité : " Ce dispositif [de pénibilité] est ouvert aux personnels fonctionnaires et salariés en contrat à durée indéterminée, en activité effective à La Poste au cours des 12 derniers mois, comptant au moins quinze ans d'activité effective à La Poste et qui exercent ou ont exercé pendant au moins dix ans des fonctions comportant un facteur de pénibilité ".

3. Pour prendre sa décision portant rejet de la demande de M. C, La Poste s'est fondée sur le motif que l'intéressé a été affecté sur des fonctions d'agent de cabine entre le 13 mars 1995 et le 31 juillet 2003, fonctions qui ne sont pas au nombre de celles reconnues au titre de la pénibilité par la décision du 21 février 2022 mentionnée au point 2, de sorte que cette société a estimé qu'il ne remplissait pas la condition d'exercice pendant au moins dix ans de fonctions comportant un facteur de pénibilité prévue par cette même décision.

4. D'une part, il ressort des pièces du dossier que M. C, par décision du 30 novembre 1995, qu'il n'a pas contestée, a été intégré dans le grade d'agent professionnel qualifié de second niveau, sur des fonctions d'agent de cabine. A cet égard, les bulletins de salaire établis à compter du 30 novembre 1995 et produits au dossier mentionnent cette fonction d'agent de cabine de niveau I3 tandis que les bulletins de salaire depuis septembre 1994 font état d'une fonction de manutentionnaire de niveau I2. En outre, cette fonction exercée d'agent de cabine est également mentionnée dans le compte rendu d'entretien professionnel établi au titre de l'année 2002.

5. D'autre part, il ressort des pièces du dossier et n'est pas sérieusement contesté que ni la décision n° 2022-123 du 21 février 2022 ni les accords-cadres du 24 janvier 2014 et du 3 octobre 2016 n'incluent la fonction d'agent de cabine dans les fonctions reconnues au titre de la pénibilité.

6. Si M. C indique que ses fonctions effectives de manutentionnaire au sein du centre national de la monétique à Limoges, incluant notamment réception et déchargement de sacs de plusieurs centaines de cartes de paiement chaque jour, tri, confection de " VD " par bureaux de postes, n'ont pas changé à compter de novembre 1995, de sorte que la pénibilité aurait dû être reconnue pour son activité à compter de cette date et jusqu'en juillet 2003, il ne justifie pas par l'unique fiche de poste, incomplète et non datée, qu'il produit au dossier, pas davantage que par les comptes-rendus d'entretien professionnel qui ne font pas apparaître les fonctions réellement exercées au titre des années 1995, 1996 et 1997, qu'il aurait été affecté, à partir de novembre 1995, sur une fonction logistique ou de manutention susceptible de se rattacher à l'une des fonctions reconnues au titre du dispositif TPAS. A cet égard, les objectifs fixés au titre de l'année 2016 par le supérieur hiérarchique de l'intéressé font état du traitement de nouveaux types de cartes et de la réception au quotidien des cartes en renouvellement automatique, à l'exclusion de toute tâche de manutention courrier ou de tout autre élément de nature à démontrer que les fonctions réellement exercées relèveraient de la liste des fonctions à facteur de pénibilité recensées par la décision du 21 février 2022 précédemment mentionnée.

7. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à soutenir que la période courant de novembre 1995 à juillet 2003 aurait dû être prise en compte au titre du dispositif TPAS. L'intéressé ne répondant ainsi pas à la condition d'exercice pendant au moins dix ans de fonctions comportant un facteur de pénibilité prévue par les dispositions citées au point 2, La Poste pouvait à bon droit lui refuser le bénéfice de ce dispositif.

8. En second lieu, si l'intéressé se prévaut de ce que d'autres collègues ayant exercé des fonctions comparables aux siennes, notamment en tant qu'agents de cabine des centres colis d'Orly, auraient bénéficié de ce dispositif au titre de ces fonctions, cette circonstance, au demeurant non établie par les seuls témoignages produits au dossier, est en tout état de cause sans incidence dès lors qu'ainsi que dit précédemment M. C ne remplissait pas les conditions requises pour en bénéficier.

9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation présentées par M. C doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

10. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions des parties formées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par La Poste sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C, à La Poste et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle.

Délibéré après l'audience du 14 janvier 2025, à laquelle siégeaient :

M. Artus, président,

M. Martha, premier conseiller,

M. Gillet, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 janvier 2025.

Le rapporteur,

F. MARTHA

Le président,

D. ARTUS

La greffière,

M. A

La République mande et ordonne

au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme

Pour la greffière en chef,

La greffière,

M. A

cg

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