mardi 24 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2300305 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | AGN AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 2 mars 2023 et le 6 décembre 2023, Mme C D, représentée par Me Fourastier, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 9 janvier 2023 portant rejet de son recours gracieux contre la décision du 30 novembre 2022 par laquelle le président du conseil départemental de la Haute-Vienne a procédé au retrait de son agrément en qualité d'assistante maternelle, ensemble l'annulation de cette décision.
2°) d'enjoindre au département de la Haute-Vienne de rétablir son agrément ou, à défaut, de procéder à un nouvel examen de sa situation par une autre puéricultrice, le tout dans un délai d'une semaine à compter de la notification du présent jugement et sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du département de la Haute-Vienne une somme de 3 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la décision :
- souffre d'une erreur de fait en ce que les conditions matérielles d'accueil à son domicile garantissent la santé, la sécurité et l'hygiène des enfants qui lui sont confiées ;
- est entachée d'une erreur d'appréciation, les animaux qu'elle possède ne présentant aucun danger pour les enfants contrairement à ce qu'a estimé la puéricultrice dont la visite à son domicile le 22 novembre 2022 s'est déroulée en son absence et en dehors de son temps de travail ;
- porte atteinte au respect de sa vie privée et familiale, garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, en lui imposant l'isolement de ses animaux en dehors de son temps de travail.
Par un mémoire en défense, enregistrés le 14 juin 2023, le département de la Haute-Vienne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme D ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Crosnier,
- les conclusions de M. Houssais, rapporteur public,
- et les observations de Me Fourastier, représentant Mme D, et de Mme A, représentant le président du conseil départemental de la Haute-Vienne.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C D était titulaire d'un agrément en qualité d'assistante maternelle pour la période du 1er novembre 2017 au 31 octobre 2022. Le 10 juin 2022, elle a sollicité le renouvellement de son agrément assorti d'une demande d'extension pour une quatrième place d'accueil. Après avoir rejeté sa demande d'extension le 26 juillet 2022, le département de la Haute-Vienne a procédé au retrait de son agrément le 30 novembre 2022 avant de rejeter le 9 janvier 2023 son recours gracieux formé contre cette dernière décision, dont Mme D demande l'annulation.
2. Aux termes de l'article L. 421-3 du code de l'action sociale et des familles : " L'agrément nécessaire pour exercer la profession d'assistant maternel ou d'assistant familial est délivré par le président du conseil départemental du département où le demandeur réside. / Un référentiel approuvé par décret en conseil d'Etat fixe les critères d'agrément. () L'agrément est accordé à ces deux professions si les conditions d'accueil garantissent la sécurité, la santé et l'épanouissement des mineurs (), en tenant compte des aptitudes éducatives de la personne. () Les modalités d'octroi ainsi que la durée de l'agrément sont définies par décret. () Tout refus d'agrément doit être motivé. " Aux termes de la première phrase du troisième alinéa de l'article L. 421-6 du même code : " Si les conditions de l'agrément cessent d'être remplies, le président du conseil départemental peut, après avis d'une commission consultative paritaire départementale, modifier le contenu de l'agrément ou procéder à son retrait ". Selon l'article R. 421-5 du même code : " Les entretiens avec un candidat à des fonctions d'assistant maternel ou avec un assistant maternel agréé et les visites à son lieu d'exercice doivent permettre d'apprécier, au regard des critères précisés dans le référentiel figurant à l'annexe 4-8 du présent code, si les conditions légales d'agrément sont remplies. ". Parmi les critères prévus à la section I de cette annexe, relative aux capacités et compétences pour l'exercice de la profession d'assistant maternel figurent notamment la capacité à appliquer les règles relatives à la sécurité de l'enfant accueilli et la capacité à appliquer les règles relatives à l'hygiène. La section II de cette même annexe, relative aux conditions matérielles d'accueil et de sécurité, précise que le lieu d'accueil ainsi que son environnement et son accessibilité doivent présenter des caractéristiques permettant, de garantir la santé, la sécurité et l'épanouissement des jeunes enfants accueillis en tenant compte de leur nombre et de leur âge. Pour ce faire, il convient de prendre en compte l'aménagement, l'organisation de l'espace et de sa sécurité ainsi que la conformité du lieu d'accueil aux règles d'hygiène et de confort élémentaires, et, en présence d'animaux dans le lieu d'accueil, de la capacité de l'assistant maternel à comprendre les risques encourus par l'enfant et les mesures prises pour organiser une cohabitation sans danger ou isoler le ou les animaux dans un lieu à distance durant l'accueil.
3. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier, et notamment du rapport de la commission consultative paritaire départementale (CCPD) du 25 octobre 2022, que suite à sa demande de renouvellement et d'extension de son agrément, une puéricultrice du département s'est rendue au domicile de Mme D le 21 juin 2022 où elle a constaté la présence de plusieurs lapins installés dans un enclos au sein de la pièce de vie et au sujet desquels la requérante a déclaré vouloir s'en séparer. Le 28 juin 2022, une nouvelle visite confirmait toutefois le maintien de quatorze lapins dans la pièce, une forte odeur de litière et la présence de déjections en dehors de l'enclos, ainsi que la libre présence d'un grand chien, malgré la présence d'un bébé accueilli sur place. Après avoir rejeté sa demande d'extension d'agrément le 26 juillet 2022, une nouvelle visite inopinée s'est déroulée le 15 septembre 2022 chez Mme D, qui accueillait deux enfants ce jour-là. Cette visite a confirmé le maintien de la situation décrite précédemment malgré les remarques et les demandes des professionnelles d'éloigner les animaux lors de la présence des enfants à son domicile. Suite à la réunion de la CCPD du 25 octobre 2022, le département l'a mise en demeure de régulariser sa situation dans un délai de quinze jours. Une nouvelle visite effectuée le 22 novembre 2022 n'a toutefois pas permis de constater de réelle évolution, les lapins divaguaient même librement dans la pièce, même si aucun enfant n'était alors accueilli. La circonstance que cette dernière visite se soit déroulée uniquement en présence du compagnon de la requérante, laquelle ne travaillait pas ce jour-là et n'était pas présente, est en outre sans incidence sur l'appréciation du département qui a considéré que les conditions de sécurité et d'hygiène n'étaient plus garanties pour l'accueil des enfants. Par suite, Mme D n'est pas fondée à soutenir que la décision de retrait de son agrément est entachée d'une erreur de fait ni qu'elle souffre d'une erreur d'appréciation.
4. En second lieu, Mme D soutient que la décision contestée aurait pour effet de lui imposer l'éloignement de ses animaux en dehors de son temps de travail et porterait atteinte au respect de sa vie privée et familiale. Toutefois, dans le cadre de l'exercice des fonctions d'assistante maternelle, les exigences de sécurité et d'hygiène nécessaires à l'accueil de jeunes enfants telles que décrites au point 2, peuvent justifier l'isolement des animaux domestiques présents au domicile en dehors de l'espace d'accueil des enfants. En l'espèce, en rappelant à la requérante que cette obligation n'avait pas été constatée à son domicile et que les conditions relatives à la sécurité et à la santé des enfants n'étaient plus garanties pour permettre le maintien de son agrément en qualité d'assistante maternelle, la décision contestée n'a pas porté atteinte à son droit de posséder des animaux, au respect de sa vie privée et familiale, ni méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme D doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C D et au département de la Haute-Vienne. Une copie pour information sera transmise à Me Fourastier.
Délibéré après l'audience du 10 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Artus, président,
M. Crosnier, premier conseiller,
M. Gillet, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 septembre 2024.
Le rapporteur,
Y. CROSNIER
Le président,
D. ARTUSLa greffière,
M. B
La République mande et ordonne
au ministre de la fonction publique, de la simplification et de la transformation de l'action publique en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour La Greffière en Chef,
La Greffière,
M. B
cg
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026