mardi 4 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2300335 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | MALABRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées le 8 mars 2023 et le 12 juin 2023, M. C A, représenté par Me Malabre, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 15 décembre 2022 par laquelle la préfète de la Haute-Vienne a refusé de lui délivrer une carte de résident de dix ans ;
2°) d'enjoindre à la préfète de la Haute-Vienne, à titre principal, de lui délivrer une carte de résident dans le délai d'un mois, et à titre subsidiaire, de prendre une nouvelle décision dans les mêmes conditions de délai ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat, la somme de 2 400 euros, à verser à son conseil, en application des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991, ce dernier ayant renoncé à percevoir l'indemnité d'aide juridictionnelle.
Il soutient que la décision attaquée :
- est entachée d'un vice de procédure en l'absence de l'avis du maire en méconnaissance de l'article L. 413-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- viole l'autorité de la chose jugée dès lors que par un jugement du 13 juin 2019, le tribunal administratif de Limoges a annulé un précédent refus de séjour fondé sur le même motif d'ordre public ;
- est entachée d'une erreur de droit en ce que la préfète n'a ni visé ni appliqué l'accord franco-algérien qui régit exclusivement la délivrance de la carte de résident aux ressortissants algériens ;
- viole l'article 7 bis f) de l'accord franco-algérien qui prévoit la délivrance de plein droit de la carte de résident au ressortissant algérien en situation régulière en France depuis plus de dix ans ;
- est entachée d'une erreur de droit et d'appréciation de la menace à l'ordre public laquelle ne peut être opposée au ressortissant algérien pour la délivrance d'une carte de résident ; en outre les faits reprochés sont anciens ;
- porte une atteinte disproportionnée au respect de son droit à une vie privée et familiale en violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 23 du pacte international relatif aux droits civils et politiques
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 juin 2023, la préfète de la Haute-Vienne conclut au rejet de la requête comme non fondée.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 10 janvier 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République algérienne démocratique et populaire relatif à la circulation à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles, modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Christophe,
- et les observations de Me Malabre, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant algérien né en 1994, est entré régulièrement en France le 21 décembre 2010. Il a bénéficié à sa majorité d'une carte de résident algérien mention " étudiant " renouvelée jusqu'en 2017. Il est titulaire depuis 2019 d'une carte de résident mention " salarié " régulièrement renouvelée et valable jusqu'au 14 décembre 2023. Il a sollicité le 21 juin 2022 la délivrance d'une carte de résident de dix ans. Par une décision du 15 décembre 2022 dont il demande l'annulation, la préfète de la Haute-Vienne lui a opposé un refus et a décidé de renouveler sa carte de résident mention " salarié ".
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien : " Les ressortissants algériens visés à l'article 7 peuvent obtenir un certificat de résidence de dix ans s'ils justifient d'une résidence ininterrompue en France de trois années. / Il est statué sur leur demande en tenant compte des moyens d'existence dont ils peuvent faire état, parmi lesquels les conditions de leur activité professionnelle et, le cas échéant, des justifications qu'ils peuvent invoquer à l'appui de leur demande. / Le certificat de résidence valable dix ans, renouvelé automatiquement, confère à son titulaire le droit d'exercer en France la profession de son choix, dans le respect des dispositions régissant l'exercice des professions réglementées. / Le certificat de résidence valable dix ans est délivré de plein droit sous réserve de la régularité du séjour pour ce qui concerne les catégories visées au a), au b), au c) et au g) : () f) Au ressortissant algérien qui est en situation régulière depuis plus de dix ans, sauf s'il a été, pendant toute cette période, titulaire d'un certificat de résidence portant la mention " étudiant " ; () ".
3. Ces stipulations ne privent pas l'autorité compétente du pouvoir qui lui appartient de refuser à un ressortissant algérien la délivrance du certificat de résidence d'un an lorsque sa présence en France constitue une menace pour l'ordre public.
4. Pour refuser de délivrer à M. A le certificat de résidence sollicité, la préfète de la Haute-Vienne s'est fondée sur les dispositions de l'article L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en considérant qu'ayant fait l'objet de deux condamnations par le tribunal correctionnel de Limoges à 100 euros d'amende le 25 octobre 2015 pour circulation avec un véhicule terrestre à moteur sans assurance et à quinze jours d'emprisonnement avec sursis le 19 mars 2018 pour inexécution d'un stage de sensibilisation aux dangers de l'usage de produits stupéfiants, il représentait une menace à l'ordre public et que ces faits témoignaient d'une absence d'une réelle intégration dans la société française. Toutefois, bien que répréhensibles, la nature de ces deux condamnations, leur caractère ancien et les peines infligées ne présentaient pas un caractère de gravité suffisant pour établir que la présence de M. A en France constitue une menace à l'ordre public de nature à justifier le rejet de sa demande de carte de résident. Dès lors, la préfète de la Haute-Vienne n'a pu, sans commettre d'erreur d'appréciation, estimer que M. A représente une menace pour l'ordre public.
5. Dès lors, M. A est fondé, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens invoqués, à demander l'annulation de la décision lui refusant le certificat de résidence valable dix ans qu'il a sollicité.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
6. Eu égard au motif d'annulation, l'exécution du présent jugement implique seulement que le préfet de la Haute-Vienne réexamine la demande de délivrance d'une carte de résident de dix ans de M. A. Il y a lieu d'enjoindre au préfet de la Haute-Vienne de procéder à ce réexamen dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a en revanche pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais d'instance :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros en application des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er: La décision du 15 décembre 2022 est annulée.
Article 2:Il est enjoint au préfet de la Haute-Vienne de réexaminer la demande de délivrance d'une carte de résident de dix ans de M. A dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3:L'Etat versera la somme de 1 200 (mille deux cents) euros, à Me Malabre, en application des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991, ce dernier ayant renoncé à percevoir l'indemnité d'aide juridictionnelle.
Article 4:Le présent jugement sera notifié à M. C A, à Me Malabre et au préfet de la Haute-Vienne.
Délibéré après l'audience du 21 janvier 2025 où siégeaient :
- M. Revel, président,
- M. Boschet, premier conseiller,
- M. Christophe, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 février 2025.
Le rapporteur,
F. CHRISTOPHE
Le président,
F-J. REVEL
La greffière,
M. B
La République mande et ordonne
au préfet de la Haute-Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour la Greffière en Chef,
La Greffière,
M. B
if
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026