jeudi 15 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2300384 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | AKAKPOVIE EKOUE DIDIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 15 mars 2023, M. A B, représenté par Me Akakpovie, avocat, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 24 janvier 2023 par lequel le préfet de la Corrèze lui a refusé le séjour, l'a obligé à quitter le territoire dans un délai de départ de trente jours et a fixé le pays de destination, avec obligation de se présenter chaque semaine aux services de police ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Corrèze de lui délivrer un titre de séjour, subsidiairement de réexaminer sa situation dans un délai de trente jours à compter de la notification du jugement à intervenir, en tout état de cause de régulariser sa situation sous sept jours à compter de cette notification ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de la renonciation par celui-ci, le cas échéant, à percevoir la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- le refus de séjour et les décisions subséquentes d'éloignement sont entachées d'une erreur d'appréciation de sa situation personnelle et de leurs conséquences sur cette dernière dans l'application de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile au regard des éléments d'intégration qu'il fait valoir ;
- la décision l'astreignant à une présentation hebdomadaire aux services de police est insuffisamment motivée ; elle méconnaît les dispositions de l'article L. 721-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 avril 2023, le préfet de la Corrèze conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 20 février 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la Constitution du 4 octobre 1958 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Vu l'arrêté du vice-président du Conseil d'Etat en date du 10 mai 2022 par lequel M. Daniel Josserand-Jaillet, président honoraire du corps des magistrats des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel, a été inscrit sur la liste des magistrats honoraires prévue à l'article L. 222-2-1 du code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Josserand-Jaillet a été entendu au cours de l'audience publique à laquelle les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant ivoirien né le 30 décembre 1999 à Gbapieu, est, selon ses déclarations, entré irrégulièrement en 2017 en France. Le 7 octobre 2022, il a demandé la délivrance d'un titre de séjour en qualité de salarié. Par un arrêté du 24 janvier 2023, le préfet de la Corrèze a rejeté sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français en lui fixant un délai de départ volontaire de trente jours, avec obligation de justifier de ses diligences auprès des services de police et a fixé le pays de destination. M. B demande l'annulation de l'ensemble de ces décisions.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne le refus de séjour :
2. Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1.() ".
3. M. B, ressortissant ivoirien, célibataire et sans enfant mineur, est entré irrégulièrement en France selon ses déclarations en 2017 à l'âge de dix-sept ans. Il fait valoir, à l'appui de sa requête, qu'il est bien intégré dans la société française et justifie d'une promesse d'embauche, et que dans ces conditions le refus de séjour en litige et les mesures d'éloignement qui l'accompagnent entraînent des conséquences excessives sur sa situation personnelle. Toutefois, M. B, qui n'allègue pas même être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine sans préciser les raisons pour lesquelles il a quitté ce dernier, s'il est francophone, et investi dans l'activité de l'association sportive footballistique d'Ussel, ne justifie à l'appui de ses allégations d'activités bénévoles caritatives que d'un engagement pour une participation à une action de collecte de deux jours au profit de l'association dont il bénéficie des services. Ces éléments, qui n'établissent pas une intégration réelle de M. B dans la société française depuis son arrivée à la supposer établie il y a six ans, alors que l'intéressé n'a présenté sa première demande de titre de séjour qu'en octobre 2022, et nonobstant les circonstances qui ont pu l'amener à envisager une carrière sportive en France, lesquelles ne constituent pas des considérations humanitaires ou des motifs exceptionnels au sens des dispositions précitées, ne révèlent pas d'erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle par le préfet non plus que des conséquences des décisions en litige sur cette dernière.
En ce qui concerne l'obligation de justifier de diligences auprès des services de police :
4. Aux termes de l'article L. 721-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel un délai de départ volontaire a été accordé peut, dès la notification de la décision portant obligation de quitter le territoire français, être astreint à se présenter à l'autorité administrative ou aux services de police ou aux unités de gendarmerie pour y indiquer ses diligences dans la préparation de son départ. Cette décision est prise pour une durée qui ne peut se poursuivre au-delà de l'expiration du délai de départ volontaire. ". Bien que distincte, l'obligation de présentation à laquelle un étranger est susceptible d'être astreint sur le fondement de l'article L. 721-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est une décision concourant à la mise en œuvre de l'obligation de quitter le territoire français.
5. Il s'ensuit, en premier lieu, que cette décision, eu égard à ses objectifs qui consistent à vérifier si l'étranger met en œuvre les diligences nécessaires à l'effectivité de son départ dans le délai de départ volontaire qui lui a été accordé par une décision distincte, porte nécessairement effet durant ce délai. Par suite, la circonstance que ce délai, en tout état de cause précisé en l'espèce et par ailleurs dans l'arrêté en litige, ne soit pas formellement rappelé expressément et spécifiquement pour l'obligation de présentation est sans incidence sur la légalité de cette dernière.
6. En second lieu, la motivation, au titre des mesures de police, de cette décision peut, outre la référence à l'article L. 721-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, se confondre avec celle de l'obligation de quitter le territoire français assortie d'un délai de départ volontaire.
7. En l'espèce, la décision en litige cite les dispositions pertinentes du code de l'entrée et de séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment ses articles L. 721-6 et L. 721-7, et indique dans son dispositif que M. B est astreint à se présenter une fois par semaine au commissariat de police d'Ussel pour y indiquer ses diligences en vue de la préparation de son départ. Elle énonce ainsi clairement les considérations de droit et de fait relatives à la situation personnelle de M. B sur lesquelles elle se fonde, dans une mesure suffisante pour permettre à son destinataire, contrairement à ce que soutient le requérant, d'en connaître et discuter utilement les motifs, et pour mettre le juge de l'excès de pouvoir en mesure d'exercer son office en pleine connaissance de cause. Cette décision, dont aucune disposition législative ou réglementaire n'impose à l'administration qu'elle devrait reprendre exhaustivement tous les éléments de la situation de fait de l'intéressé, est, dès lors, suffisamment motivée. Le moyen tiré d'une insuffisance de motivation manque dès lors en fait et doit être écarté.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
8. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions en litige. Par voie de conséquence, les conclusions de la requête à fin d'injonction doivent être rejetées.
Sur l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance, verse une somme au conseil de M. B, par ailleurs bénéficiaire de l'aide juridictionnelle, au titre des frais liés au litige.
D E C I D E :
Article 1er: La requête de M. B est rejetée.
Article 2:Le jugement sera notifié à M. A B, à Me Akakpovie et au préfet de la Corrèze.
Délibéré après l'audience du 1er juin 2023 où siégeaient :
- M. Normand, président,
- M. Josserand-Jaillet, président honoraire de tribunal administratif,
- Mme Gaullier-Chatagner, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 juin 2023.
Le rapporteur,
D. JOSSERAND-JAILLET
Le président,
N. NORMAND
Le greffier,
M. C
La République mande et ordonne
au préfet de la Corrèze en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour le Greffier en Chef
Le Greffier
M. C
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026