mardi 6 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2300479 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SCP D'AVOCATS MICHEL LABROUSSE - CELINE REGY - FRANCOIS ARMAND & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 mars 2022, Mme B A, représentée par Me Armand, demande au Tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 2 mars 2023 par lequel le préfet de la Corrèze a refusé de lui accorder la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours à compter de la notification de cette décision et a fixé le pays de renvoi ;
2°) d'enjoindre au préfet de réexaminer sa demande de titre de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n°91-647 du 31 décembre 1991.
Elle soutient que :
En ce qui concerne le refus de titre de séjour :
- sa demande de titre n'a pas été examinée sur le fondement des articles L. 422-1 à L. 422-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatifs au titre de séjour étudiant de sorte qu'elle est entachée d'une erreur de droit ;
- le préfet a commis une erreur de droit en retenant parmi les motifs de sa décision le fait qu'elle ne soit pas en possession d'une autorisation de travail préalablement visée alors que les dispositions des articles L. 5221-2 et R. 5221-20 du code du travail ne prévoient pas une telle condition ;
- le préfet a méconnu les dispositions relatives à l'admission exceptionnelle au séjour telles que prévues aux articles L. 435-1 et L. 435-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il a également méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité du refus de titre de séjour qui la fonde ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 mai 2023, le préfet de la Corrèze conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par la requérante sont infondés.
La clôture de l'instruction a été fixée au 2 mai 2023.
A la demande du tribunal, le préfet de la Corrèze a produit une pièce le 15 mai 2023 qui a été communiquée.
Mme A été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 21 mars 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Martha a été entendu au cours de l'audience publique à laquelle aucune des parties n'était présente ou représentée.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, née le 8 avril 2002 et de nationalité marocaine, est arrivée régulièrement en France le 23 août 2022 en provenance de l'Espagne. Le 20 décembre 2022, elle a sollicité la délivrance d'un titre de séjour. Par un arrêté du 2 mars 2023, dont l'intéressée demande l'annulation, le préfet de la Corrèze a refusé de faire droit à cette demande, a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le refus de titre de séjour :
2. Aux termes de l'article 9 de l'accord franco-marocain : " Les dispositions du présent Accord ne font pas obstacle à l'application de la législation des deux Etats sur le séjour des étrangers sur tous les points non traités par l'Accord ". Aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. En cas de nécessité liée au déroulement des études ou lorsque l'étranger a suivi sans interruption une scolarité en France depuis l'âge de seize ans et y poursuit des études supérieures, l'autorité administrative peut accorder cette carte de séjour sous réserve d'une entrée régulière en France et sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Cette carte donne droit à l'exercice, à titre accessoire, d'une activité professionnelle salariée dans la limite de 60 % de la durée de travail annuelle. ".
3. Il ressort des pièces du dossier qu'après son arrivée en France, la requérante a été scolarisée, à compter de septembre 2022, en classe de seconde professionnelle " accompagnement, soins et services à la personne " au lycée Simone Veil à Brive La Gaillarde et s'est vue proposer, dans ce cadre, un contrat d'apprentissage avec l'entreprise Age d'Or Services. Or, il ne ressort ni des termes de la décision contestée ni des écritures en défense que le préfet de la Corrèze aurait examiné la demande de titre de séjour de l'intéressée sur le fondement des dispositions relatives à la délivrance des titres de séjour " étudiant " citées au point 2 et applicables aux ressortissants marocains. Par suite, en s'abstenant de procéder à cet examen, alors que la requérante a fait part, dans une lettre jointe à son dossier de demande de titre de séjour du 7 décembre 2022 de sa scolarisation en alternance en bac professionnel, le préfet de la Corrèze a commis une erreur de droit. Il y a lieu, par suite, d'annuler la décision du 2 mars 2023 par laquelle le préfet de la Corrèze a refusé à l'intéressée la délivrance d'un titre de séjour, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête.
4. Il y a lieu par, voie de conséquence de l'annulation de la décision portant refus de titre de séjour à Mme A, d'annuler les décisions du même jour portant obligation de quitter le territoire français et fixation du pays de renvoi.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
5. Eu égard au motif d'annulation retenu au point 3, il y a lieu d'enjoindre au préfet de la Corrèze de réexaminer la demande de Mme A dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais de justice :
6. Mme A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Armand de la somme qu'il demande, soit 1 000 euros, dans les conditions fixées à l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er: L'arrêté du 2 mars 2023 du préfet de la Corrèze est annulé.
Article 2:Il est enjoint au préfet de la Corrèze de procéder au réexamen de la situation de Mme A, dans un délai d'un mois à compter de la notification de ce jugement.
Article 3:L'Etat versera au conseil de Mme A, Me Armand, la somme de 1 000 (mille) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que ce conseil renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État.
Article 4:Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au préfet de la Corrèze.
Délibéré après l'audience du 23 mai 2023 où siégeaient :
- M. Artus, président,
- M. Martha, premier conseiller,
- M. Boschet, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juin 2023.
Le rapporteur,
F. MARTHA
Le président,
D. ARTUS
Le greffier,
G. JOURDAN-VIALLARD
La République mande et ordonne
au préfet de la Corrèze en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour le Greffier en Chef
Le Greffier
G. JOURDAN-VIALLARD
mf
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026