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AccueilJurisprudence administrativeN° TA87-2300517

Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2300517

lundi 16 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2300517
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJUGE UNIQUE A SLIMANI
Avocat requérantDOUNIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 1er avril 2023, M. A E B, représenté par Me Douniès, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 1er février 2023 par laquelle la maison départementale des personnes handicapées (MDPH) de la Haute-Vienne a refusé sa demande portant sur une orientation professionnelle en centre de rééducation professionnelle, en centre de pré-orientation ou en unité d'évaluation, de réentraînement et d'orientation sociale et socioprofessionnelle pour personnes cérébro-lésées ;

2°) d'enjoindre à la MDPH de la Haute-Vienne de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de la MDPH de la Haute-Vienne la somme de 1 500 euros au profit de son conseil, par application combinée de l'article L. 761-1 du code de la justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 sur l'aide juridique.

Il soutient que :

- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;

- cette décision est entachée par des erreurs de fait et de droit et par une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense et des pièces, enregistrés les 27 novembre 2023 et 24 mai 2024, la maison départementale des personnes handicapées de la Haute-Vienne conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :

- à titre principal, la requête est irrecevable ;

- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

M. E B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 21 mars 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code du travail ;

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. D en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus, au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. D,

- et les observations de Me Faré, représentant M. E B.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. D'une part, aux termes des dispositions de l'article L. 5213-1 du code du travail : " Est considérée comme travailleur handicapé toute personne dont les possibilités d'obtenir ou de conserver un emploi sont effectivement réduites par suite de l'altération d'une ou plusieurs fonctions physique, sensorielle, mentale ou psychique ".

2. D'autre part, en vertu des 1° et 2° du I de l'article L. 241-6 et du deuxième alinéa de l'article L. 241-9 du code de l'action sociale et des familles, la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées est notamment compétente pour prendre les décisions à l'égard d'un adulte handicapé dans le domaine de la rééducation professionnelle, du travail adapté ou protégé et, en particulier, pour se prononcer sur son orientation et les mesures propres à assurer son insertion professionnelle et sociale et pour désigner les établissements, les services ou les dispositifs concourant à sa rééducation, à son reclassement et à son accueil.

3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre l'une des décisions mentionnées au point 1, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux de l'aide et de l'action sociale, non pas de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais de se prononcer lui-même sur l'orientation de l'adulte handicapé et les mesures propres à assurer son insertion professionnelle et sociale et, le cas échéant, de désigner lui-même les établissements, les services ou les dispositifs concourant à sa rééducation, à son reclassement et à son accueil en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il revient ainsi au juge, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision attaquée en fixant alors lui-même tout ou partie des droits de l'intéressé et en le renvoyant, au besoin, devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation pour le surplus, sur la base des motifs de son jugement.

4. En premier lieu, en application des principes rappelés ci-dessus, le moyen selon lequel la décision contestée n'est pas motivée, est sans incidence sur l'issue du litige.

5. En second lieu, l'intéressé a adressé à la MDPH de la Haute-Vienne une demande tendant à être professionnellement orienté soit en centre de rééducation professionnelle (CRP), soit en centre de pré-orientation (CPO), soit en unité d'évaluation, de réentrainement et d'orientation sociale et socioprofessionnelle pour personnes cérébro-lésées (UEROS). Cette demande a été rejetée le 1er février 2023 sur recours administratif présenté par le requérant. Il résulte de l'instruction et notamment de deux jugements du tribunal des 13 juillet et 27 octobre 2022 que M. E B présente une déficience motrice entraînant des restrictions au maintien postural, au port de poids et à la marche prolongée. Il a été reconnu en qualité de travailleur handicapé à partir du 1er novembre 2022 sans limitation de durée. Il bénéficie depuis le 31 août 2018 d'une carte mobilité. Le bénéfice de l'allocation adulte handicapé lui a été refusé, son taux d'incapacité ayant été fixé à un taux inférieur à 50 %. Il est constant que M. E B, compte tenu des restrictions d'aptitude rencontrées, nécessite une reconversion professionnelle et justifie ainsi d'un accompagnement à la recherche d'un emploi et, le cas échéant, d'une formation en vue de lui faciliter son accès effectif à un emploi. Suite à la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé de M. E B, la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées de la Haute-Vienne a décidé d'une orientation vers le marché du travail pour la période du 19 juin 2018 au 31 mars 2023, comprenant un accompagnement par le Pôle emploi de son lieu de résidence et par Cap emploi UPSRPH. Si la profonde motivation de l'intéressé n'est pas en cause, ce dernier n'apporte aucun élément de nature à infirmer l'évaluation de l'équipe pluridisciplinaire de la MDPH de la Haute-Vienne. Aussi, l'orientation proposée à l'intéressé est, à la date du présent jugement, la plus adaptée pour lui permettre d'obtenir et de conserver un emploi. Dès lors, aucun élément de l'instruction ne permet d'établir qu'en prenant la décision attaquée, la MDPH de la Haute-Vienne aurait inexactement apprécié les capacités de M. E B au regard de son orientation professionnelle.

6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, que M. E B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 1er février 2023 attaquée lui refusant l'orientation soit en centre de rééducation professionnelle (CRP), soit en centre de pré-orientation (CPO), soit en unité d'évaluation, de réentrainement et d'orientation sociale et socioprofessionnelle pour personnes cérébro-lésées (UEROS).

7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. E B ne peut être que rejetée, y compris, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles présentées au titre des frais liés au litige.

D E C I D E :

Article 1er: La requête de M. E B est rejetée.

Article 2:Le présent jugement sera notifié à M. A E B, à Me Douniès et à la maison départementale des personnes handicapées de la Haute-Vienne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 septembre 2024.

Le magistrat désigné,

A. D

La greffière,

M. C

La République mande et ordonne

au préfet de la Haute-Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme

Pour La Greffière en Chef

La Greffière

M. C

if

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