Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2300704
vendredi 12 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2300704 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | MONPION |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 avril 2024, Mme B A, représentée par Me Monpion, demande au tribunal :
1°) d'annuler la saisie à tiers-détenteur du 16 mars 2023 émise par le directeur spécialisé des finances publiques pour l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) à son encontre pour un montant de 2 667,47 euros ;
2°) de la décharger du paiement de la somme de 2 667,47 euros ;
3°) de mettre à la charge de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 mai 2024, l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) conclut à l'irrecevabilité de la requête.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de procédure civile
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours peuvent, par ordonnance : () 2° Rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative ; (). ".
2. Aux termes de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales : " Les dispositions du présent article s'appliquent également aux établissements publics de santé. / 1° En l'absence de contestation, le titre de recettes individuel ou collectif émis par la collectivité territoriale ou l'établissement public local permet l'exécution forcée d'office contre le débiteur. / () / / 2° La contestation qui porte sur la régularité d'un acte de poursuite est présentée selon les modalités prévues à l'article L. 281 du livre des procédures fiscales () ". Aux termes de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales : " Les contestations relatives au recouvrement des impôts, taxes, redevances, amendes, condamnations pécuniaires et sommes quelconques dont la perception incombe aux comptables publics doivent être adressées à l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites. / () / Les contestations relatives au recouvrement ne peuvent pas remettre en cause le bien-fondé de la créance. Elles peuvent porter : / 1° Sur la régularité en la forme de l'acte ; / 2° A l'exclusion des amendes et condamnations pécuniaires, sur l'obligation au paiement, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués et sur l'exigibilité de la somme réclamée. / Les recours contre les décisions prises par l'administration sur ces contestations sont portés dans le cas prévu au 1° devant le juge de l'exécution. Dans les cas prévus au 2°, ils sont portés : / () / c) Pour les créances non fiscales des collectivités territoriales, des établissements publics locaux et des établissements publics de santé, devant le juge de l'exécution ". Il ressort de ces dispositions que l'ensemble du contentieux du recouvrement des créances non fiscales des établissements publics de santé relève de la compétence du juge judiciaire de l'exécution, tandis que le contentieux du bien-fondé de ces créances relève de celle du juge compétent pour en connaître sur le fond.
3. Le litige soulevé par Mme A trouve son origine dans une saisie administrative à tiers détenteur émise à son encontre le 16 mars 2023 au profit de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP). La somme prélevée correspond à une créance non fiscale d'un établissement public de santé. Un tel litige se rattache à la contestation d'actes de poursuite dont il n'appartient pas à la juridiction administrative de connaître. Par suite, la requête de Mme A doit être rejetée comme portée devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître, en application des dispositions précitées de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. En tout état de cause, la contestation du bien-fondé de la créance, laquelle n'a pas bénéficié de la réclamation préalable prévue par les dispositions applicables, ne serait manifestement par suite, pas recevable.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au directeur général de l'Assistance publique-hôpitaux de Paris.
Fait à Limoges, le 12 juillet 2024.
Le président,
D. ARTUS
La République mande et ordonne
au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour la greffière en chef,
La Greffière,
M. C
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