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AccueilJurisprudence administrativeN° TA87-2300772

Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2300772

vendredi 12 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2300772
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantAUTEF AURELIE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance du 2 mai 2023, la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Bordeaux a renvoyé au tribunal administratif de Limoges l'examen de la requête de M. E.

Par une requête enregistrée le 27 avril 2023, M. A E, représenté par Me Autef, demande au tribunal :

1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler l'arrêté du 13 avril 2023 par lequel le préfet de la Gironde a prononcé son transfert auprès des autorités espagnoles pour l'examen de sa demande d'asile ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Gironde d'enregistrer sa demande d'asile et de lui délivrer une attestation de demande d'asile dans un délai de 72 heures à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- il n'est pas justifié de la compétence du signataire de l'arrêté ;

- la décision n'est pas suffisamment motivée dès lors que le préfet n'a pas fait mention de la présence de sa sœur en situation régulière sur le territoire ;

- il n'est pas justifié que l'administration aurait respecté le délai de deux mois dont elle disposait en application des dispositions du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013 pour saisir les autorités espagnoles ;

- l'arrêté attaqué méconnaît l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 dès lors que les brochures ne lui ont pas été remises dans une langue qu'il comprend ;

- l'arrêté en litige méconnaît l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 dès lors qu'il n'est pas apporté la preuve qu'il a effectivement bénéficié de l'entretien prévu par ces dispositions ;

- sa situation aurait dû conduire le préfet à faire usage de la clause discrétionnaire prévue à l'article 17 du règlement n° 603/2013 du 26 juin 2013 ;

- l'arrêté porte une atteinte disproportionnée au respect de sa vie privée et familiale garanti et protégé par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense enregistré le 11 mai 2023, le préfet de la Gironde conclut au rejet de la requête comme non-fondée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif de Limoges a désigné Mme Gaullier-Chatagner, conseillère, pour exercer les pouvoirs qui lui sont conférés par les articles L. 776-1, R. 776-1, R. 776-15 et R. 777-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 12 mai 2023 à 10h00 :

- le rapport de Mme G,

- et les observations de Me Terrien, substituant Me Autef, représentant M. E, qui reprend les conclusions et les moyens de la requête et fait en outre valoir que la situation du requérant n'a pas fait l'objet d'un examen sérieux.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

Sur la demande d'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :

1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ".

2. Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. E, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

3. En premier lieu, Mme B D, cheffe du pôle régional Dublin Nouvelle-Aquitaine à la préfecture de la Gironde, qui a signé l'arrêté attaqué, bénéficiait d'une délégation de signature du préfet de la Gironde en date du 31 mars 2023, régulièrement publiée au recueil des actes administratifs de la préfecture de la Gironde (recueil n° 33-2023-060 du 31 mars 2023), à l'effet de signer notamment les décisions de transfert en cas d'absence ou d'empêchement de M. C, directeur des migrations et de l'intégration, de Mme F, son adjointe, et de Mme N'Guyen, cheffe de bureau de l'asile et du guichet unique. Il n'est pas contesté que M. C, Mme F et Mme N'Guyen étaient effectivement absents ou empêchés à la date de l'arrêté attaqué. Enfin, la délégation est suffisamment précise. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté comme manquant en fait.

4. En deuxième lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 572-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () l'étranger dont l'examen de la demande d'asile relève de la responsabilité d'un autre État peut faire l'objet d'un transfert vers l'État responsable de cet examen. / Toute décision de transfert fait l'objet d'une décision écrite motivée prise par l'autorité administrative () ". L'arrêté du 13 avril 2023 vise les textes dont il est fait application et mentionne que le requérant était titulaire d'un passeport russe muni d'un visa délivré par les autorités espagnoles valable du 20 octobre 2022 au 18 novembre 2022. Il précise également que la situation du requérant ne relève pas des dérogations prévues par les articles 17-1 ou 17-2 du règlement n° 604/2013 et que M. E ne peut se prévaloir d'une vie privée et familiale stable en France. Dès lors, et alors même qu'il ne fait pas mention de la présence sur le territoire français de la sœur du requérant, il répond aux exigences de motivation posées par les dispositions précitées. Le moyen doit donc être écarté.

5. En troisième lieu, il ne ressort ni de la décision en litige, ni d'aucune pièce du dossier que le préfet de la Gironde n'aurait pas procédé à un examen réel et sérieux de la situation du requérant avant de prononcer son transfert auprès des autorités espagnoles pour l'examen de sa demande d'asile. Le moyen doit, par suite, être écarté.

6. En quatrième lieu, l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 prévoit que : " 1. Dès qu'une demande de protection internationale est introduite au sens de l'article 20, paragraphe 2, dans un Etat membre, ses autorités compétentes informent le demandeur de l'application du présent règlement et notamment : / a) des objectifs du présent règlement () / b) des critères de détermination de l'Etat membre responsable, de la hiérarchie de ces critères au cours des différentes étapes de la procédure et de leur durée () / 2. Les informations visées au paragraphe 1 sont données par écrit, dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend. Les Etats membres utilisent la brochure commune rédigée à cet effet en vertu du paragraphe 3. / Si c'est nécessaire à la bonne compréhension du demandeur, les informations lui sont également communiquées oralement, par exemple lors de l'entretien individuel visé à l'article 5 () ". Il résulte de ces dispositions que le demandeur d'asile auquel l'administration entend faire application du règlement du 26 juin 2013 doit se voir remettre, dès le moment où le préfet est informé de ce qu'il est susceptible d'entrer dans le champ d'application de ce règlement, et, en tous cas, avant la décision par laquelle l'autorité administrative décide de refuser l'admission provisoire au séjour de l'intéressé au motif que la France n'est pas responsable de sa demande d'asile, une information complète sur ses droits, par écrit et dans une langue qu'il comprend. Cette information doit comprendre l'ensemble des éléments prévus au paragraphe 1 de l'article 4 du règlement. Eu égard à la nature desdites informations, la remise par l'autorité administrative de la brochure prévue par les stipulations précitées constitue pour le demandeur d'asile une garantie.

7. Il ressort des pièces du dossier que les brochures " J'ai demandé l'asile dans l'Union européenne - quel pays sera responsable de ma demande d'asile ' " (brochure A) et " Je suis procédure Dublin - qu'est-ce que cela signifie ' " (brochure B) ont été remises à M. E le 16 novembre 2022 dans leur version en langue russe, langue que l'intéressé a déclaré comprendre. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 4 du règlement du 26 juin 2013 doit, par suite, être écarté.

8. En cinquième lieu, aux termes de l'article 5 du règlement n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013: " 1. Afin de faciliter le processus de détermination de l'État membre responsable, l'État membre procédant à cette détermination mène un entretien individuel avec le demandeur. Cet entretien permet également de veiller à ce que le demandeur comprenne correctement les informations qui lui sont fournies conformément à l'article 4. () / 4. L'entretien individuel est mené dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend et dans laquelle il est capable de communiquer. Si nécessaire, les États membres ont recours à un interprète capable d'assurer une bonne communication entre le demandeur et la personne qui mène l'entretien individuel. / 5. L'entretien individuel a lieu dans des conditions garantissant dûment la confidentialité. Il est mené par une personne qualifiée en vertu du droit national. () ".

9. Il ressort des pièces du dossier que, le 16 novembre 2022, soit avant la date de notification de l'arrêté litigieux, M. E a bénéficié de l'entretien individuel prévu par l'article 5 du règlement n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013, conduit par un agent de la préfecture, par le biais d'un interprétariat par téléphone en langue russe, au cours duquel il a pu présenter toutes observations utiles. Le moyen tiré de l'absence d'entretien individuel respectant les formalités de l'article 5 du règlement précité doit, par suite, être écarté.

10. En sixième lieu, aux termes de l'article 21 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. L'État membre auprès duquel une demande de protection internationale a été introduite et qui estime qu'un autre État membre est responsable de l'examen de cette demande peut, dans les plus brefs délais et, en tout état de cause, dans un délai de trois mois à compter de la date de l'introduction de la demande au sens de l'article 20, paragraphe 2, requérir cet autre État membre aux fins de prise en charge du demandeur. / Nonobstant le premier alinéa, en cas de résultat positif (" hit ") Eurodac avec des données enregistrées en vertu de l'article 14 du règlement (UE) n° 603/2013, la requête est envoyée dans un délai de deux mois à compter de la réception de ce résultat positif en vertu de l'article 15, paragraphe 2, dudit règlement. / Si la requête aux fins de prise en charge d'un demandeur n'est pas formulée dans les délais fixés par le premier et le deuxième alinéas, la responsabilité de l'examen de la demande de protection internationale incombe à l'État membre auprès duquel la demande a été introduite ".

11. Il ressort des pièces du dossier que M. E s'est présenté le 16 novembre 2022 auprès des services de la préfecture de la Gironde afin de solliciter l'asile et qu'à la suite du résultat positif du fichier Eurodac, les autorités espagnoles ont été saisies d'une demande de prise en charge le 7 décembre 2022, soit dans le délai de deux mois prévu par les dispositions précitées de l'article 21 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le délai de saisine de ces autorités n'a pas été respecté.

12. En septième lieu, aux termes de l'article 3 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 établissant les critères et mécanismes de détermination de l'État membre responsable de l'examen d'une demande de protection internationale introduite dans l'un des États membres par un ressortissant de pays tiers ou un apatride : " 1. Les États membres examinent toute demande de protection internationale présentée par un ressortissant de pays tiers () sur le territoire de l'un quelconque d'entre eux () La demande est examinée par un seul État membre, qui est celui que les critères énoncés au chapitre III désignent comme responsable. / () Lorsqu'il est impossible de transférer un demandeur vers l'État membre initialement désigné comme responsable parce qu'il y a de sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet État membre des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs, qui entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant () l'État membre procédant à la détermination de l'État membre responsable poursuit l'examen des critères énoncés au chapitre III afin d'établir si un autre État membre peut être désigné comme responsable. Lorsqu'il est impossible de transférer le demandeur () vers un État membre désigné sur la base des critères énoncés au chapitre III ou vers le premier État membre auprès duquel la demande a été introduite, l'État membre procédant à la détermination de l'État membre responsable devient l'État membre responsable. () ". Aux termes du premier paragraphe de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement ".

13. Si la mise en œuvre, par les autorités françaises, des dispositions de l'article 17 du règlement n° 604/2013 doit être assurée à la lumière des exigences définies par les dispositions du second alinéa de l'article 53-1 de la Constitution, en vertu desquelles les autorités de la République ont toujours le droit de donner asile à tout étranger persécuté en raison de son action en faveur de la liberté ou qui sollicite la protection de la France pour un autre motif, la faculté laissée à chaque État membre de décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement, est discrétionnaire et ne constitue nullement un droit pour les demandeurs d'asile.

14. Par ailleurs, eu égard au niveau de protection des libertés et des droits fondamentaux dans les Etats membres de l'Union européenne, lorsque la demande de protection internationale a été introduite dans un Etat autre que la France, que cet Etat a accepté de prendre ou de reprendre en charge le demandeur et en l'absence de sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet État membre des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs, les craintes dont le demandeur fait état quant au défaut de protection dans cet Etat membre doivent en principe être présumées non fondées, sauf à ce que l'intéressé apporte, par tout moyen, la preuve contraire. La seule circonstance qu'à la suite du rejet de sa demande de protection par cet Etat membre l'intéressé serait susceptible de faire l'objet d'une mesure d'éloignement ne saurait caractériser la méconnaissance par cet Etat de ses obligations.

15. Il ressort des pièces du dossier que M. E ne présente aucun élément de nature à démontrer que les autorités espagnoles ne sont pas en mesure de traiter sa demande d'asile dans des conditions conformes à l'ensemble des garanties exigées par le respect du droit d'asile. En outre, s'il fait état de sa situation familiale, et plus précisément de la présence de sa sœur qui réside régulièrement sur le territoire français, ainsi que de son intégration sur le territoire national en dépit de son arrivée récente, ces seuls éléments ne sont pas suffisants à démontrer que le préfet de la Gironde aurait méconnu les dispositions de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 ou commis une erreur manifeste d'appréciation au regard de ces dispositions en ne faisant pas application de la clause dérogatoire à la situation du requérant. Le moyen doit, par suite, être écarté.

16. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. ".

17. Si M. E se prévaut de la présence, en situation régulière en France, de sa sœur, qui y réside pour suivre des études, ainsi que de son intégration sur le territoire national, il ressort des pièces du dossier que le requérant, entré en France le 20 octobre 2022, ne résidait en France que depuis six mois à la date de l'arrêté attaqué. Par ailleurs, la présence régulière de sa sœur sur le territoire français, ainsi que les deux attestations produites, qui font état de ses démarches d'intégration, ne sont pas suffisantes à démontrer qu'il aurait transféré sur le territoire français le centre de ses intérêts privés et familiaux. Dans ces conditions, le préfet de la Gironde n'a pas porté une atteinte disproportionnée à son droit de mener une vie privée et familiale normale garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

18. Il résulte de ce qui précède que M. E n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 13 avril 2023 par lequel le préfet de la Gironde a décidé sa remise aux autorités espagnoles pour l'examen de sa demande d'asile. Sa requête doit donc être rejetée, y compris les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte, ainsi que celles présentées sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : M. E est provisoirement admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Ce jugement sera notifié à M. A E et au préfet de la Gironde.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 mai 2023 à 15h30.

Le magistrat désigné,

N. G

Le greffier,

G. JOURDAN-VIALLARD

La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme

Pour Le Greffier en chef,

Le Greffier

G. JOURDAN-VIALLARD

No 230077if

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