jeudi 28 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2300955 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | MOREAU LISE-NADINE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces enregistrées le 2 juin 2023 et le 12 juillet 2023, M. B C, représenté par Me Moreau, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 14 mars 2023 par lequel la préfète de la Haute-Vienne a rejeté sa demande de titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours ;
2°) d'enjoindre à la préfète de la Haute-Vienne, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour mention " étudiant " dans un délai de deux mois suivant la notification du jugement à intervenir et, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans le même délai ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour :
- la préfète de la Haute-Vienne a commis une erreur de droit en estimant que sa demande était une première demande de titre alors qu'il s'agissait d'une demande de renouvellement de son titre de séjour étudiant ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des conséquences d'une exceptionnelle gravité qu'elle aura sur son cursus.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours :
- la décision est entachée d'erreur de droit dès lors que la préfète de la Haute-Vienne n'était pas en situation de compétence liée ;
- la mesure d'éloignement méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
En ce qui concerne la décision relative au délai de départ volontaire :
- en ne lui permettant pas de terminer l'année scolaire en cours, la préfète de la Haute-Vienne a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 26 juin 2023, la préfète de la Haute-Vienne conclut au rejet de la requête comme non-fondée.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 2 mai 2023.
Par ordonnance du 5 juin 2023 la clôture d'instruction a été fixée au 10 août 2023 à 17h00.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative ;
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Gaullier-Chatagner a été entendu au cours de l'audience publique à laquelle aucune des parties n'était présente ou représentée.
Considérant ce qui suit :
1. Ressortissant marocain né en 1996, M. C est entré régulièrement sur le territoire français au mois de septembre 2020 sous couvert d'un visa long séjour pour y poursuivre des études. Son titre de séjour a été renouvelé jusqu'au 28 novembre 2021. Le 3 janvier 2023, il a sollicité le " renouvellement " de son titre de séjour. Par un arrêté du 14 mars 2023, la préfète de la Haute-Vienne a refusé sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. M. C demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions aux fins d'annulation de la décision de refus de délivrance d'un titre de séjour :
2. Aux termes de l'article 9 de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 : " Les dispositions du présent accord ne font pas obstacle à l'application de la législation des deux Etats sur le séjour des étrangers sur tous les points non traités par l'accord () ". Aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. / En cas de nécessité liée au déroulement des études ou lorsque l'étranger a suivi sans interruption une scolarité en France depuis l'âge de seize ans et y poursuit des études supérieures, l'autorité administrative peut accorder cette carte de séjour sous réserve d'une entrée régulière en France et sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 () ". Aux termes de l'article L. 412-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sous réserve des engagements internationaux de la France et des exceptions prévues aux articles L. 412-2 et L. 412-3, la première délivrance d'une carte de séjour temporaire ou d'une carte de séjour pluriannuelle est subordonnée à la production par l'étranger du visa de long séjour mentionné aux 1° ou 2° de l'article L. 411-1 ".
3. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que si M. C a été muni d'un titre de séjour en qualité d'étudiant, renouvelé jusqu'au 28 novembre 2021, la validité de ce titre de séjour, ainsi que la validité du visa de long séjour sous couvert duquel il était régulièrement entré en France, étaient expirées à la date à laquelle il a présenté, le 2 janvier 2023, la demande de titre de séjour qui a été rejetée par la décision en litige. Dans ces conditions, cette demande doit être regardée, non comme une demande de renouvellement de titre de séjour mais comme une première demande de titre de séjour mention " étudiant ", si bien qu'elle était soumise en application des stipulations et dispositions précitées, à la condition de détention d'un visa d'une durée supérieure à trois mois en cours de validité. Le moyen tiré d'une erreur de droit doit par suite être écarté.
4. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier, en particulier de la demande de titre de séjour présentée le 2 janvier 2023 par le requérant que M. C a été inscrit au titre de l'année scolaire 2020-2021 à l'université de Troyes en première année d'un master dédié à l'ingénierie des systèmes complexes qu'il n'a pas validée. Après une interruption de ses études, il s'est inscrit, pour l'année universitaire 2022-2023, en première année de master mathématiques et applications, dont il a validé, à la date de l'arrêté attaqué, le premier semestre avec une moyenne de 10,6/20. Au vu de ces éléments, et en dépit de la lettre du responsable de sa formation selon laquelle il est un étudiant sérieux et motivé, le requérant ne justifie pas de nécessités liées au déroulement de ses études au sens des dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et ne démontre pas que la préfète de la Haute-Vienne aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en lui refusant la délivrance du titre de séjour sollicité. Le moyen doit, par suite, être écarté.
Sur les conclusions aux fins d'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
5. En premier lieu, en se bornant à énoncer que le préfet peut ne pas assortir sa décision d'une mesure d'éloignement, le requérant ne fait état d'aucun élément propre au litige de nature à démontrer que la préfète de la Haute-Vienne aurait entaché la décision attaquée d'une erreur de droit. Au demeurant, il ne résulte, ni de la décision attaquée qui a notamment examiné la situation privée et familiale du requérant, ni d'aucune autre pièce du dossier, que la préfète de la Haute-Vienne se serait au cas d'espèce estimée à tort en situation de compétence liée. Le moyen doit par suite être écarté.
6. En deuxième lieu, s'il soutient que la décision portant obligation de quitter le territoire français porte une atteinte excessive à son droit de mener une vie personnelle, privée et familiale, M. C, qui est entré en France à l'âge de vingt-quatre ans et dont l'administration indique sans être contredite qu'il est célibataire et sans enfant, n'apporte aucune précision ni aucun élément relatif à sa situation privée et familiale. Les moyens tirés d'une méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision sur sa situation personnelle doivent donc être écartés.
Sur les conclusions aux fins d'annulation de la décision fixant le délai de départ volontaire :
7. Il ressort des pièces du dossier qu'à la date à laquelle la décision attaquée a été édictée, M. C n'avait encore validé aucune année universitaire depuis le début de sa scolarité sur le territoire au mois de septembre 2020 et qu'il n'a été inscrit à aucune formation universitaire au cours de l'année 2021/2022. Dans ces conditions, en se bornant à faire état de ce que la décision attaquée serait intervenue en période d'examen, le requérant ne démontre pas que la préfète de la Haute-Vienne aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle en lui accordant un délai de départ volontaire de trente jours. Le moyen doit, par suite, être écarté.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête dirigées contre l'arrêté du 14 mars 2023 par lequel la préfète de la Haute-Vienne a rejeté la demande de titre de séjour présentée par M. C et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours doivent être écartées, ainsi que ses conclusions à fin d'injonction et ses conclusions relatives aux frais du litige.
D E C I D E :
Article 1er: La requête de M. C est rejetée.
Article 2:Le présent jugement sera notifié à M. B C, à Me Moreau et au préfet de la Haute-Vienne.
Délibéré après l'audience du 7 septembre 2023 où siégeaient :
- M. Normand, président,
- M. Christophe, premier conseiller,
- Mme Gaullier-Chatagner, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 septembre 2023.
La rapporteure,
N. GAULLIER-CHATAGNER
Le président,
N. NORMAND
Le greffier,
M. A
La République mande et ordonne
au préfet de la Haute-Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour le Greffier en Chef
Le Greffier
M. A
mf
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026