jeudi 28 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2301113 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | AVOC'ARENES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, un mémoire et des pièces enregistrées le 26 juin 2023, les 11 et 17 juillet 2023 et le 22 août 2023, Mme B C épouse D, représentée par Me Toulouse, demande au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 9 mai 2023 par lequel la préfète de la Creuse a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre à la préfète de la Creuse, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour d'une durée d'un an mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ainsi que, sans délai, une autorisation provisoire de séjour et, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer sans délai une autorisation de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat, au bénéfice de son conseil, une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
Sur la décision de refus de titre de séjour :
- il appartient à la préfète de la Creuse de produire l'avis du 13 mars 2023 émis par le conseiller médical du ministère de l'intérieur ;
- la décision est irrégulière en raison d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ; elle a tenu compte de sa situation, non au jour de la décision, mais à la date du 2 août 2022, sans tenir compte des éléments nouveaux produits ;
- elle méconnaît les articles L. 425-10 et L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les articles 3-1, 23-1, 23-2, 24-1 et 28-1 de la convention internationale des droits de l'enfants ;
- elle méconnaît les dispositions des articles 7 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la préfète de la Creuse a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation car son admission au séjour car sa situation répond à des considérations humanitaires au sens de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour qui constitue son fondement.
Sur la décision fixant le pays de destination :
- elle est illégale en raison de l'illégalité des décisions de refus de titre de séjour et portant obligation de quitter le territoire qui en constituent le fondement.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 16 et 29 août 2023, la préfète de la Creuse conclut au rejet de la requête comme non fondée.
Par une ordonnance du 17 août 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 4 septembre 2023 à 17h00.
Mme D a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 6 juin 2023 du tribunal judicaire de Limoges.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour et des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative ;
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Gaullier-Chatagner ;
- les observations de Me Toulouse, représentant Mme D.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D, ressortissante géorgienne née en 1982 à Tbilissi, est entrée sur le territoire français le 15 octobre 2018 accompagnée de ses deux enfants mineurs. Plusieurs autorisations provisoires de séjour en qualité d'accompagnant d'enfant malade lui ont été délivrées, la dernière expirant le 10 avril 2022. Par un arrêté du 9 mai 2023, la préfète de la Creuse a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français sous trente jours et a fixé le pays de destination. Mme D sollicite l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le refus de titre de séjour :
2. En premier lieu, la requérante se borne, au soutien du moyen tiré de la méconnaissance des articles R. 425-11 à R. 425-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, à énoncer qu'il appartiendra à la préfète de la Creuse de produire l'avis du conseiller médical du ministère de l'intérieur ayant confirmé l'avis émis le 19 avril 2022 par le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii). Dès lors que cet avis a été produit, le moyen est écarté.
3. En deuxième lieu, il ressort des motifs de la décision attaquée, qui se réfèrent notamment à un avis émis le 19 avril 2022 par le collège des médecins de l'Ofii, dont le sens a été confirmé par le conseiller médical du ministère de l'intérieur et des Outre-mer, que la situation médicale du fils de la requérante a été examinée de façon approfondie par la préfète de la Creuse, tout comme la situation privée et familiale de la requérante. En outre, la seule circonstance que la requérante se soit vue délivrer plusieurs autorisations provisoires de séjour avant la décision en litige n'est pas, par elle-même, de nature à démontrer que la préfète de la Creuse n'aurait pas procédé à un examen suffisant de sa demande. Par ailleurs, si l'arrêté mentionne, de façon erronée, qu'il convient d'examiner le dossier de la requérante à la date du 2 août 2022, soit la date de la décision de refus de titre de séjour annulée par un jugement du tribunal administratif de Limoges du 19 janvier 2023, alors que ce réexamen devait intervenir au vu des éléments de fait et de droit en vigueur à la date de la décision en litige, la requérante ne démontre pas que des éléments intervenus entre les deux dates auraient modifié sa situation, si bien que l'examen de sa situation serait incomplet. Par suite, le moyen doit être écarté.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. () La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration () ". Aux termes de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les parents étrangers de l'étranger mineur qui remplit les conditions prévues à l'article L. 425-9, ou l'étranger titulaire d'un jugement lui ayant conféré l'exercice de l'autorité parentale sur ce mineur, se voient délivrer, sous réserve qu'ils justifient résider habituellement en France avec lui et subvenir à son entretien et à son éducation, une autorisation provisoire de séjour d'une durée maximale de six mois. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / Cette autorisation provisoire de séjour ouvre droit à l'exercice d'une activité professionnelle. / Elle est renouvelée pendant toute la durée de la prise en charge médicale de l'étranger mineur, sous réserve que les conditions prévues pour sa délivrance continuent d'être satisfaites. / Elle est délivrée par l'autorité administrative, après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans les conditions prévues à l'article L. 425-9 ".
5. La partie qui justifie d'un avis du collège de médecins du service médical de l'Ofii qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il pourrait ou non y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires.
6. Par un avis du 19 avril 2022, le collège des médecins de l'Ofii a estimé qu'au vu des éléments du dossier, l'état de santé du fils de la requérante nécessitait une prise en charge médicale dont le défaut ne devrait pas entraîner de conséquences d'une exceptionnelle gravité et qu'il pouvait voyager sans risque vers son pays d'origine. Interrogé par les services de la préfecture, le médecin conseiller médical du ministère de l'intérieur et des Outre-Mer a confirmé, le 13 mars 2023, que l'enfant " lourdement handicapé dès sa naissance a bénéficié d'un bilan complet d'une année qui a permis de constater qu'il n'existera hélas pas de réel progrès possibles " et qu'il bénéficiait d'un traitement symptomatique disponible dans son pays d'origine.
7. Pour remettre en cause la décision en litige fondée notamment sur l'avis précité, la requérante, qui a levé le secret médical s'agissant de l'état de santé de son fils, produit de nombreux bilans réalisés par une assistante sociale d'un institut médico-éducatif (IME), faisant état de son accompagnement éducatif, scolaire, psychologique et médical au sein de l'établissement. Elle produit une attestation médicale du 29 août 2022 indiquant qu'il fait l'objet d'un suivi pluridisciplinaire à la suite d'une infirmité motrice cérébrale et que l'interruption de cette prise en charge " aurait des conséquences négatives chez cet enfant handicapé reconnu avec un taux d'incapacité supérieur à 80 % ". En outre, un compte-rendu de consultation en date du 7 juin 2023, qui éclaire la situation médicale du fils de la requérante à la date de la décision attaquée, réalisé au sein du service de neuropédiatrie du centre hospitalier universitaire de Limoges, précise " depuis notre dernière rencontre il y a 24 mois, Rezo va bien (). La prise en charge globale et quotidienne de Rezo à l'IME, ainsi que la prise en charge neuro-orthopédique permettent de beaux progrès et un épanouissement de Rezo, ainsi qu'un bon contrôle de ses séquelles neurologiques et épileptiques ". Ces éléments, s'ils confirment que la prise en charge dont a fait l'objet le fils de la requérante par l'IME est adaptée à sa situation, ne permettent toutefois pas d'établir que l'état de santé du fils de la requérante nécessiterait une prise en charge médicale dont le défaut devrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité au sens des dispositions citées au point 4 du présent jugement. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
8. En quatrième lieu, Mme D ne saurait utilement invoquer la violation des stipulations des articles 23, 24 et 28 de la convention internationale des droits de l'enfant, qui ne créent des obligations qu'à l'égard des États parties à cette convention et ne produisent pas d'effet direct à l'égard des particuliers.
9. En cinquième lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".
10. Ainsi qu'il a été dit au point 7 du présent jugement, il n'est pas établi que l'état de santé du fils de la requérante nécessiterait une prise en charge médicale dont le défaut devrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Si la requérante fait valoir que l'accès à l'éducation des enfants ayant des besoins particuliers reste difficile en Géorgie, les rapports de l'Organisation suisse d'aide aux réfugiés (Osar) du 30 juin 2020, relatifs notamment aux traitements psychiatriques et psychothérapeutiques en Géorgie et celui du 30 juin 2020 intitulé droit au séjour et problématiques de santé des ressortissants géorgiens, selon lequel la disponibilité d'un grand nombre de traitements en Géorgie est à nuancer face aux barrières liées à l'accessibilité des soins, ont un caractère général et ne démontrent pas l'inaccessibilité de l'accompagnement adapté à l'état de santé du fils de la requérante. En outre, l'affirmation selon laquelle les soins dont l'enfant a besoin seraient inaccessibles pour des motifs financiers n'est pas étayée par des éléments propres à la situation de la famille de la requérante. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.
11. Pour les mêmes motifs, il n'est pas établi que la situation du fils de la requérante constituerait un motif exceptionnel ou une considération humanitaire au sens des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, justifiant que la préfète de la Creuse fasse usage de son pouvoir de régularisation. Il suit de là que le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté.
12. En sixième lieu, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales stipule que " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". En vertu de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21et L.423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ". Aux termes de l'article 7 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de ses communications ".
13. Il ressort des pièces du dossier que Mme D est entrée sur le territoire français le 15 octobre 2018 avec ses deux enfants, ainsi que son mari, qui a depuis lors exécuté la mesure d'éloignement dont il avait fait l'objet. Si la requérante a obtenu plusieurs autorisations provisoires en qualité de parent d'enfant malade depuis 2021, et se montre très investie dans le suivi de son fils, ces éléments ne démontrent pas qu'elle aurait transféré en France le centre de ses intérêts privés et familiaux, alors qu'elle a vécu jusqu'à l'âge de trente-six ans en Géorgie, pays où réside actuellement son époux.
14. En septième lieu, aux termes des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
15. Si la requérante soutient que sa famille a subi des violences en Géorgie lorsqu'elle a souhaité déposer plainte contre le chirurgien ayant commis une erreur médicale lors de l'opération de son fils, ni ces faits, ni l'existence d'un risque de traitement inhumain ou dégradant ne sont établis par les pièces du dossier. Au demeurant, la demande d'asile présentée par la requérante, fondée notamment sur ces allégations, a été rejetée le 28 juin 2019 par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra).
16. Il résulte de ce qui précède que Mme D n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 9 mai 2023 par lequel la préfète de la Creuse a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, et a fixé le pays de destination. Par conséquent, ses conclusions à fin d'injonction doivent également être rejetées, ainsi que ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er: La requête de Mme D est rejetée.
Article 2:Le présent jugement sera notifié à Mme B C épouse D, à Me Toulouse et à la préfète de la Creuse.
Délibéré après l'audience du 14 septembre 2023 où siégeaient :
- M. Normand, président,
- Mme Siquier, première conseillère,
- Mme Gaullier-Chatagner, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 septembre 2023.
La rapporteure,
N. GAULLIER-CHATAGNER
Le président,
N. NORMAND
La greffière,
M. A
La République mande et ordonne
à la préfète de la Creuse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour le Greffier en Chef
Le Greffier
M. A
No 2301113
mf
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026