mardi 17 juin 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2301352 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SCP THEMIS AVOCATS & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 1er août 2023, M. C D, représenté par l'Aarpi Themis, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 11 juillet 2023 par laquelle le chef d'établissement de la maison centrale de Saint-Maur a prolongé son placement à l'isolement du 28 juillet au 28 octobre 2023 ;
2°) d'enjoindre au chef d'établissement de la maison centrale de Saint-Maur d'ordonner la levée de son isolement, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- en prononçant son placement à l'isolement sans disposer d'une délégation de signature du chef d'établissement de la maison centrale de Saint-Maur, régulièrement publiée au recueil des actes administratifs de la préfecture, M. A a entaché sa décision d'incompétence ;
- en ne lui communiquant pas dans un délai raisonnable une copie de son dossier contradictoire préalablement à son placement à l'isolement et en ne lui permettant pas de présenter ses observations, le chef d'établissement a méconnu les droits de la défense ;
- la décision du 11 juillet 2023 est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 10 avril 2025, le garde des sceaux, ministre de la justice, conclut au rejet de la requête comme non-fondée.
M. D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 6 septembre 2023.
Par une ordonnance du 10 avril 2025, la clôture de l'instruction a été fixée au 2 mai 2025.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code pénitentiaire ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique à laquelle les parties n'étaient ni présentes, ni représentées :
- le rapport de M. Boschet,
- les conclusions de Mme Siquier, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Ecroué depuis le 13 décembre 2007, M. D a été incarcéré à la maison centrale de Saint-Maur à compter du 5 septembre 2022. Le 28 avril 2023, il a été placé en urgence à l'isolement. Par une décision du 2 mai 2023, le chef d'établissement de la maison centrale de Saint-Maur a prononcé son placement à l'isolement du 2 mai au 28 juillet 2023. Il a ensuite été maintenu à l'isolement pour une durée de trois mois, du 28 juillet au 28 octobre 2023, par une décision du 11 juillet 2023 du chef d'établissement. Par la présente requête, M. D demande l'annulation de cette décision du 11 juillet 2023.
2. En premier lieu, la décision du 2 mai 2023 a été signée par M. A, directeur des services pénitentiaires, directeur adjoint de la maison centrale de Saint-Maur, qui disposait, pour ce faire, d'une délégation de signature du 3 juillet 2023, régulièrement publiée au recueil des actes administratifs spécial de l'Indre le 6 juillet 2023. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision litigieuse doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 213-21 du code pénitentiaire : " Lorsqu'une décision d'isolement d'office initial ou de prolongation est envisagée, la personne détenue est informée, par écrit, des motifs invoqués par l'administration, du déroulement de la procédure et du délai dont elle dispose pour préparer ses observations. Le délai dont elle dispose ne peut être inférieur à trois heures à partir du moment où elle est mise en mesure de consulter les éléments de la procédure, en présence de son avocat, si elle en fait la demande. Le chef d'établissement peut décider de ne pas communiquer à la personne détenue et à son avocat les informations ou documents en sa possession qui contiennent des éléments pouvant porter atteinte à la sécurité des personnes ou des établissements pénitentiaires () ".
4. Par une lettre du 3 juillet 2023 notifiée le même jour, le chef d'établissement de la maison centrale de Saint-Maur a informé M. D de ce qu'il envisageait de prolonger son placement à l'isolement et des motifs justifiant cette mesure. Cette lettre informait l'intéressé de ses droits à présenter des observations écrites ou orales, de se faire assister ou représenter par un avocat et de consulter les pièces relatives à la procédure, dans le délai qui est prévu à l'article R. 213-21 du code pénitentiaire. L'intéressé a alors indiqué ne pas souhaiter consulter les pièces du dossier, présenter d'observations, ou encore être assisté ou représenté. Pour autant, le dossier contradictoire lui a été communiqué le 5 juillet 2023, six jours avant l'édiction de la décision litigieuse. Il ressort par ailleurs des pièces du dossier que le requérant a lui-même fait part de son refus de se présenter au débat contradictoire prévu le 10 juillet 2023. Par suite, M. D n'est pas fondé à soutenir que les droits de la défense ont été méconnus.
5. En troisième lieu, saisi d'un recours pour excès de pouvoir contre une décision de mise à l'isolement, le juge administratif ne peut censurer l'appréciation portée par l'administration pénitentiaire quant à la nécessité d'une telle mesure qu'en cas d'erreur manifeste.
6. S'agissant du profil pénal de M. D, il ressort des pièces du dossier qu'il est écroué depuis le 13 décembre 2007 pour des faits particulièrement graves, notamment de viol, arrestation, enlèvement, séquestration ou détention arbitraire d'otage, d'extorsion commise avec une arme, d'escroquerie, de conduite de véhicule sous l'empire d'un état alcoolique, d'outrage à une personne chargée d'une mission de service public, de menace de mort ou d'atteinte aux biens dangereuse pour les personnes à l'encontre d'un chargé de mission de service public, de violence sur une personne dépositaire de l'autorité publique, de violence aggravée par deux circonstances et de menace de crime ou délit contre les personnes ou les biens à l'encontre d'un dépositaire de l'autorité publique. Le parcours pénitentiaire de M. D démontre par ailleurs sa difficulté à adopter un comportement compatible avec la détention ordinaire. Outre une détention émaillée d'incidents disciplinaires, dont certains peu de temps avant que soit décidé son placement à l'isolement, M. D a ainsi fait preuve, dès son arrivée au sein de la maison centrale de Saint-Maur, d'un comportement troublant la sécurité et l'ordre public. À ce titre, il a été sanctionné à deux reprises le 31 mars 2022 pour avoir commis des dégradations du matériel de l'établissement en particulier sur le brouilleur d'ondes, le 27 juillet 2022, de vingt jours de cellule disciplinaire pour s'être battu avec un codétenu, alors qu'il était en possession d'une arme artisanale et, quelques jours plus tard, pour avoir menacé de fomenter une action collective de nature à compromettre la sécurité au sein de l'établissement, après que furent découverts deux rasoirs cachés dans sa cellule. Il ressort également des pièces du dossier, qu'à plusieurs reprises, M. D a émis des menaces à l'encontre d'un membre du personnel pénitentiaire, faits pour lesquels il a aussi été sanctionné. Le 30 avril 2023, alors même qu'il était placé à l'isolement par mesure d'urgence, il a réitéré ses menaces à l'encontre du personnel. Il ressort enfin des pièces du dossier que M. D adopte, en détention, un comportement provocateur, insultant et particulièrement dangereux. A cet égard, il ressort notamment des pièces du dossier que, le 28 avril 2023, il a agressé des surveillants avec un morceau de porcelaine pointu et un morceau de tuyauterie affutée, et qu'il a déclaré " Allah Akbar ", " seule la mort va m'arrêter ", après qu'il ait été placé au quartier disciplinaire en raison de ces faits. Eu égard à ces éléments, c'est sans erreur de fait ni erreur manifeste d'appréciation que le chef d'établissement de la maison centrale de Saint-Maur a décidé de prolonger le placement à l'isolement de M. D pour une période de trois mois du 28 juillet au 28 octobre 2023.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de la décision du 11 juillet 2023 du chef d'établissement de la maison centrale de Saint-Maur et, par voie de conséquence, les autres conclusions présentées par M. D et son conseil doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C D, au garde des sceaux, ministre de la justice et à l'Aarpi Themis.
Délibéré après l'audience du 3 juin 2025, à laquelle siégeaient :
M. Revel, président,
M. Boschet, premier conseiller,
Mme Béalé, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 juin 2025.
Le rapporteur,
J.B. BOSCHET
Le président,
FJ. REVEL
La greffière,
M. B
La République mande et ordonne
au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour la Greffière en Chef
La greffière,
M. B
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026