Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2301430

mardi 22 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2301430
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJUGE UNIQUE A SLIMANI

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Limoges, statuant en juge unique, a été saisi par M. A d’un recours en excès de pouvoir contre une décision de la caisse d’allocations familiales de la Corrèze lui accordant une remise partielle de 536,11 euros sur un trop-perçu d’aide personnalisée au logement de 714,81 euros. Le tribunal a constaté que l’intégralité de la dette avait été remboursée par l’intéressé, rendant sans objet sa demande de remise gracieuse totale. En application des articles L. 821-1 et L. 823-9 du code de la construction et de l’habitation, ainsi que de l’article L. 553-2 du code de la sécurité sociale, le juge a prononcé un non-lieu à statuer.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 13 août 2023 et 23 mars 2024, M. C A demande au tribunal d'annuler la décision du 14 juin 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales de la Corrèze ne lui accordé qu'une remise de 536,11 euros au titre d'un trop-perçu d'aide personnalisée au logement de 714,81 euros.

Il soutient que :

- l'origine de l'indu a pour cause le retard de traitement de son dossier par la caisse d'allocations familiales et le dysfonctionnement de son espace personnel web ;

- la décision attaquée est entachée par un défaut de motivation ;

- le remboursement de sa dette ne vaut pas reconnaissance du bien-fondé de ladite dette.

Par un mémoire en défense, enregistré le 18 mars 2024, la caisse d'allocations familiales de la Corrèze conclut au non-lieu à statuer.

Elle soutient que l'intéressé a procédé au remboursement de sa dette.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. B en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

M. B a présenté son rapport au cours de l'audience publique à laquelle aucune des parties n'était présente ou représentée et à l'issue de laquelle a été prononcée la clôture d'instruction.

Considérant ce qui suit :

1. Par une décision du mois de mars 2023, la caisse d'allocations familiales (Caf) de la Corrèze a notifié à M. A un indu d'un montant total de 714,81 euros au titre de l'aide personnalisée au logement pour la période de février à août 2022. L'intéressé a, le 20 avril 2023, sollicité une remise de dette en raison de ses difficultés financières. Par une décision du 14 juin 2023, la Caf lui a accordé une remise partielle d'un montant de 536,11 euros, ramenant le solde de ladite dette à la somme de 178,70 euros. M. A demande l'annulation de cette décision.

Sur l'exception de non-lieu opposée par la caisse d'allocations familiales :

2. Aux termes de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " Les aides personnelles au logement comprennent : / 1° L'aide personnalisée au logement ; () ". Aux termes de l'article L. 823-9 du même code : " Les articles L. 161-1-5 et L. 553-2 du code de la sécurité sociale sont applicables au recouvrement des montants d'aide personnelle au logement indûment versés ". Aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale : " Toutefois, par dérogation aux dispositions des alinéas précédents, la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations. () ".

3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'aide personnalisée au logement, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision.

4. La caisse d'allocations familiales de la Corrèze a informé le tribunal, par un mémoire enregistré le 18 mars 2024, que l'indu d'aide personnalisée au logement était entièrement soldé. Ce remboursement n'est pas contesté par l'intéressé. Ainsi, et eu égard à l'office du juge du plein contentieux tel qu'il a été rappelé au point précédent, alors que l'intéressé par les moyens soulevés ne conteste pas sérieusement le bien-fondé du trop-perçu en cause, les conclusions de la requête tendant à ce qu'une remise gracieuse totale lui soit accordée sur son indu d'aide personnalisée au logement sont devenues sans objet. Par suite, l'exception de non-lieu opposée par la caisse d'allocations familiales de la Corrèze doit être accueillie.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. A relatives à la demande de remise gracieuse sur l'indu d'aide personnalisée au logement.

Article 2 :Le présent jugement sera notifié à M. C A et à la caisse d'allocations familiales de la Corrèze.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 octobre 2024.

Le magistrat désigné,

A. B

La greffière,

M. D

La République mande et ordonne

à la ministre du logement et de la rénovation urbaine en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme

Pour La Greffière en Chef

La Greffière

M. D

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