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AccueilJurisprudence administrativeN° TA87-2301467

Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2301467

mardi 29 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2301467
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation2ème chambre
Avocat requérantPASCAL AUDREY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Sous le n° 2201382, par une requête et des pièces enregistrées les 23 septembre 2022 et 28 février 2024, M. C A, représenté par Me Pascal, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 20 juin 2022 par laquelle la préfète de la Haute-Vienne a refusé de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " en qualité de parent d'enfant français ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Vienne de lui délivrer un titre de séjour, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 40 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros à verser à son conseil sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la décision du 20 juin 2022 est insuffisamment motivée en droit ;

- cette décision a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière en l'absence d'avis de la commission du titre de séjour ;

- en lui opposant la circonstance que sa présence en France constitue une menace pour l'ordre public, la préfète de la Haute-Vienne a commis une erreur d'appréciation ;

- cette décision méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et le 1. de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

Par un mémoire en défense enregistré le 13 décembre 2022, la préfète de la Haute-Vienne conclut au rejet de la requête comme non-fondée.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle par une décision du 31 août 2022.

II. Sous le n° 2301467, par une requête enregistrée le 22 août 2023, M. C A, représenté par Me Pascal, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 22 mai 2023 par laquelle la préfète de la Haute-Vienne, d'une part, a rejeté le recours gracieux qu'il a formé à l'encontre de la décision du 28 novembre 2022 lui refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'autre part, a refusé de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " en raison de son état de santé ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Vienne de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou de réexaminer sa situation, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir.

Il soutient que :

- il n'est pas justifié de la compétence du signataire de la décision du 22 mai 2023 ;

- cette décision est entachée d'une insuffisance de motivation ;

- la préfète de la Haute-Vienne a méconnu l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- cette décision méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, le 1. de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense enregistré le 22 mars 2024, le préfet de la Haute-Vienne conclut au rejet de la requête comme non-fondée.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 4 juillet 2023.

Dans l'instance n° 2201382, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement à intervenir était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de ce qu'il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 20 juin 2022, qui a, implicitement mais nécessairement, été retirée par la décision du 28 novembre 2022 de la préfète de la Haute-Vienne dont M. A doit être regardé comme demandant l'annulation.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Boschet a été entendu au cours de l'audience publique à laquelle les parties n'étaient ni présentes ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. Ressortissant guinéen né le 15 novembre 1992, M. A déclare être entré en France en août 2014. Alors marié avec Mme B, ressortissante française, il s'est vu délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " en qualité de conjoint de français valable du 21 décembre 2016 au 20 décembre 2017. Ce titre de séjour n'a pas été renouvelé. Le 13 juillet 2021, M. A a demandé la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " en qualité de père de son fils français, E, né le 16 mai 2016. Par une décision du 20 juin 2022, la préfète de la Haute-Vienne a rejeté cette demande. Par un courrier en date du 28 novembre 2022, la préfète de la Haute-Vienne a réitéré, à l'égard de M. A qui s'était vu remettre à tort par ses services un récépissé de carte de séjour temporaire valable du 3 octobre 2022 au 2 janvier 2023, sa décision de refuser de faire droit à sa demande de titre de séjour qu'il a présentée le 13 juillet 2021. Le 10 janvier 2023, M. A a formé un recours gracieux à l'encontre de cette décision du 28 novembre 2022 et a sollicité la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " en raison de son état de santé. Par une décision du 22 mai 2023, la préfète de la Haute-Vienne a rejeté ce recours gracieux et a refusé de délivrer à M. A ce titre de séjour en raison de son état de santé. Par deux requêtes enregistrées sous les n° 2201382 et n° 2301467, qu'il y a lieu de joindre afin d'y statuer par un même jugement, M. A demande l'annulation des décisions des 20 juin 2022 et 22 mai 2023 de la préfète de la Haute-Vienne. Il doit également être regardé comme demandant l'annulation de la décision du 28 novembre 2022.

Sur la décision du 20 juin 2022, la décision du 28 novembre 2022 et la décision du 22 mai 2023 en tant qu'elle rejette le recours gracieux formé par M. A à l'encontre de la décision du 28 novembre 2022 :

En ce qui concerne le non-lieu partiel à statuer :

2. Par sa décision du 28 novembre 2022, par laquelle elle a rejeté la demande de titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " en qualité de parent d'enfant français déposée le 13 juillet 2021 par M. A, la préfète de la Haute-Vienne doit être regardée comme ayant, implicitement mais nécessairement, retiré sa précédente décision du 20 juin 2022. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation de la décision du 20 juin 2022, qui ont perdu leur objet.

En ce qui concerne la légalité de la décision du 28 novembre 2022 et de la décision du 22 mai 2023 en tant qu'elle rejette le recours gracieux formé par M. A à l'encontre de la décision du 28 novembre 2022 :

3. En premier lieu, la décision du 28 novembre 2022 cite notamment les dispositions de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, selon lesquelles " La délivrance d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident peut, par une décision motivée, être refusée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public ", et précise que " [les] faits répétés et graves [commis par M. A l'ont amenés] à considérer [qu'il constituait] une menace pour l'ordre public " et que, pour cette raison, elle " a décidé d'opposer un refus à [sa] demande ". Dès lors, la décision du 28 novembre 2022 comporte l'énoncé des motifs de droit sur lesquels elle se fonde. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation en droit de cette décision doit être écarté.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 ". Selon l'article L. 432-1 du même code : " La délivrance d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident peut, par une décision motivée, être refusée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public ".

5. Il ressort des pièces du dossier que M. A est défavorablement connu des services de police et de justice pour des faits, dont il ne conteste pas la matérialité, de menace de mort réitérée sur son ancienne conjointe, de violence par conjoint ou concubin et violence ayant entraîné une incapacité de travail n'excédant pas 8 jours commis en 2017, d'outrage à une personne dépositaire de l'autorité publique commis en 2018, d'injure publique en raison de l'origine, l'ethnie, la nation commis en 2019 et de menace de mort réitérée par une personne ayant été conjoint ou concubin commis en 2021. Si M. A, atteint de schizophrénie, fait valoir que ces faits ont été commis alors que son discernement était aboli, il ne l'établit pas, et cette circonstance, même à la supposer démontrée, ne serait, par elle-même, pas suffisante pour écarter l'existence d'une menace à l'ordre public. Compte tenu de la nature, de la gravité et de la répétition de ces faits, la préfète de la Haute-Vienne n'a pas commis d'erreur d'appréciation en opposant à M. A que sa présence en France constituait une menace pour l'ordre public.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ". Selon l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale () ".

7. Si M. A a été titulaire d'une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " en qualité de conjoint de français du 21 décembre 2016 au 20 décembre 2017, il ressort des pièces du dossier que ce titre de séjour n'a pas été renouvelé, que M. A s'est séparé il y a plusieurs années de son ancienne conjointe, dont il est divorcé en vertu d'un jugement du 17 mars 2022 du juge aux affaires familiales du tribunal judiciaire de Limoges, et que, depuis décembre 2017, il n'a bénéficié d'aucun titre de séjour. En outre, si M. A a pu rendre visite à son fils dans les locaux de l'association " Trait d'Union " depuis septembre 2019, il ne ressort pas des pièces du dossier que les liens entretenus avec cet enfant auraient été d'une intensité telle qu'ils auraient fait obstacle à l'intervention d'une décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour. En se bornant uniquement à produire deux tickets de caisse " Super U ", ne mentionnant pas son nom, établis les 26 et 27 octobre 2021 relatifs à l'achat d'un manteau pour un garçon, d'un " moto-scooter à friction ", d'un pistolet à billes, d'un sac kraft, d'un pain froment et d'un pack de lait, M. A ne justifie pas, qu'à la date des décisions en litige, il contribuait effectivement à l'entretien et à l'éducation de son fils de nationalité française. Par ailleurs, et comme il a été dit au point 5, la présence de M. A en France constituait une menace pour l'ordre public. De plus, M. A, qui ne démontre pas une intégration particulière sur le territoire français, n'établit qu'il serait dépourvu d'attaches dans son pays d'origine. Dans ces conditions, en refusant de lui délivrer un titre de séjour, la préfète de la Haute-Vienne n'a porté une atteinte disproportionnée ni au droit de M. A au respect de sa vie privée et familiale ni à l'intérêt supérieur de son fils. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et du 1. de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doivent être écartés. Pour les mêmes motifs, M. A n'est pas fondé à soutenir que la préfète de la Haute-Vienne a commis une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle.

8. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour qui est saisie pour avis par l'autorité administrative : / 1° Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer ou de renouveler la carte de séjour temporaire prévue aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-13, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21, L. 423-22, L. 423-23, L. 425-9 ou L. 426-5 à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance () ".

9. La préfète de la Haute-Vienne n'avait pas à saisir préalablement pour avis la commission du titre de séjour, dans la mesure où M. A, qui ne justifie notamment pas qu'il contribuait effectivement à l'entretien et à l'éducation de son fils de nationalité française, ne remplissait pas les conditions pour prétendre à la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. M. A n'est, ainsi, pas fondé à soutenir que la préfète de la Haute-Vienne a entaché sa décision de refus de délivrance d'un titre de séjour d'un vice de procédure en ne saisissant pas cette commission pour avis.

Sur la décision du 22 mai 2023 en tant qu'elle refuse la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " en raison de l'état de santé de M. A :

10. En premier lieu, M. Jean-Philippe Aurignac, secrétaire général de la préfecture de la Haute-Vienne et signataire de la décision du 22 mai 2023, bénéficie d'une première délégation de signature de la préfète de la Haute-Vienne du 22 août 2022, régulièrement publiée le même jour au recueil des actes administratifs n° 87-2022-129, à l'effet de signer " les arrêtés, décisions et actes pris sur le fondement du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ", et d'une seconde délégation de signature de la préfète de la Haute-Vienne du 20 avril 2023, régulièrement publiée au recueil des actes administratifs spécial n° 87-2023-054 du 24 avril 2023, à l'effet notamment de signer " les arrêtés, décisions et actes pris sur le fondement du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ". Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté de la décision du 22 mai 2023 doit être écarté.

11. En deuxième lieu, la décision du 22 mai 2023 de la préfète de la Haute-Vienne comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de cette décision doit être écarté.

12. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat ".

13. Sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve à l'une des parties, il appartient au juge administratif, au vu des pièces du dossier, d'apprécier si l'état de santé d'un étranger nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve de l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi, sauf circonstance humanitaire exceptionnelle. La partie qui justifie d'un avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii) qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires. Toutefois, en cas de doute, il lui appartient d'ordonner toute mesure d'instruction utile.

14. Pour refuser à M. A la délivrance d'un titre de séjour en application de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la préfète de la Haute-Vienne s'est fondée sur un avis du 10 mai 2023 par lequel le collège des médecins de l'Ofii a estimé que le requérant nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, mais qu'eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il peut y bénéficier effectivement d'un traitement adapté. Pour contester cet avis, M. A, qui est atteint d'une schizophrénie, se borne uniquement à produire des attestations établies les 2 et 4 janvier 2023 par un infirmier et un psychiatre du centre hospitalier Esquirol à Limoges, lesquelles ne se prononcent pas sur une éventuelle indisponibilité du traitement prescrit à M. A dans son pays d'origine, ainsi qu'un article intitulé " Intégration de la santé mentale dans les centres de santé communautaires en Guinée Conakry " publié en 2019 dans la revue " Santé publique ". Toutefois, ces seuls éléments ne sont pas suffisants pour remettre en cause l'avis émis le 10 mai 2023 par le collège de médecins de l'Ofii et, par suite, l'appréciation portée par la préfète de la Haute-Vienne sur la condition de disponibilité effective du traitement dans le pays d'origine prévue à l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté.

15. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux mentionnés aux points 7 et 14 de ce jugement, M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision du 22 mai 2023 de la préfète de la Haute-Vienne méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, le 1. de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation.

16. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation et, par voie de conséquence, les autres conclusions présentées par M. A dans les instances n° 2201382 et n° 2301467 doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : Dans l'instance n° 2201382, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions dirigées à l'encontre de la décision du 20 juin 2022.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête n° 2201382 et la requête n° 2301467 de M. A sont rejetés.

Article 3 : Ce jugement sera notifié à M. C A, au préfet de la Haute-Vienne et à Me Pascal.

Délibéré après l'audience du 15 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Revel, président,

M. Boschet, premier conseiller,

M. Gazeyeff, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 octobre 2024

Le rapporteur,

J.B. BOSCHET

Le président,

F.J. REVELLa greffière,

M. D

La République mande et ordonne

au préfet de la Haute-Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme

Pour le Greffier en Chef,

La Greffière

M. D

N° 2201382,2301467

jb

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