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AccueilJurisprudence administrativeN° TA87-2301504

Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2301504

mardi 28 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2301504
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJUGE UNIQUE A SLIMANI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, un mémoire et des pièces, enregistrés les 31 août 2023, 26 février et 23 octobre 2024, Mme A D demande au tribunal d'annuler la décision du 27 juillet 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales de la Haute-Vienne a rejeté sa demande de remise de dette d'un montant de 1 632,21 euros au titre de l'aide personnalisée au logement.

Elle soutient que :

- elle a déclaré sa séparation et la reprise de sa vie commune avec son époux à la caisse d'allocations familiales dans les délais requis ;

- malade, elle est dans une situation financière difficile.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 mars 2024, la caisse d'allocations familiales de la Haute-Vienne conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. C en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

M. C a présenté son rapport au cours de l'audience publique à laquelle aucune des parties n'était présente ou représentée et à l'issue de laquelle a été prononcée la clôture d'instruction.

Considérant ce qui suit :

1. Mme D demande l'annulation de la décision du 27 juillet 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales (Caf) de la Haute-Vienne a rejeté sa demande de remise de dette d'un montant de 1 632,21 euros au titre de l'aide personnalisée au logement.

2. D'une part, aux termes des dispositions de l'article L. 823-1 du code de la construction et de l'habitation : " Le montant des aides personnelles au logement est calculé en fonction d'un barème défini par voie réglementaire. Ce barème est établi en prenant en considération : 1° La situation de famille du demandeur et le nombre de personnes à charge vivant habituellement au foyer ; () ". Selon les dispositions de l'article R. 822-2 du même code : " Les ressources prises en compte pour le calcul de l'aide personnelle au logement sont celles dont bénéficient le demandeur ou l'allocataire, son conjoint et les personnes vivant habituellement au foyer () ". Aux termes de l'article L. 823-9 de ce code : " Les articles L. 161-1-5 et L. 553-2 du code de la sécurité sociale sont applicables au recouvrement des montants d'aide personnelle au logement indûment versés. ". Aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prestations familiales peut, sous réserve que l'allocataire n'en conteste pas le caractère indu, être récupéré par retenues sur les prestations à venir ou par remboursement intégral de la dette en un seul versement si l'allocataire opte pour cette solution. / () / La créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations ".

3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'une prestation ou d'une allocation versée au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d'emploi, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire. Pour l'examen de ces deux conditions, le juge est ainsi conduit à substituer sa propre appréciation à celle de l'administration.

4. En l'espèce, Mme D a déclaré à la Caf qu'elle était séparée de son époux depuis le mois de janvier 2020 et qu'elle avait repris son mariage au mois de septembre 2022. Toutefois, l'intéressée a déclaré, le 27 juillet 2022, que son couple était en réalité séparé géographiquement et, le 13 octobre 2022, a déclaré une reprise du mariage au 1er juin 2022. Aussi, la prise en compte de la séparation géographique et donc des ressources de l'époux de la requérante dans le calcul de ses droits a engendré l'indu en cause. Par suite, c'est à bon droit que la Caf a pu mettre à la charge de Mme D le trop-perçu en litige.

5. Par ailleurs, il résulte de l'instruction qu'à la date de sa demande de remise de dette, l'intéressée, dont la bonne foi n'est pas en débat et qui est tenue au demeurant de rembourser une somme qu'elle a indûment perçue, avait un quotient familial de 1 423 euros. Aussi, l'indu laissé à sa charge, d'un montant de 1 632,21 euros, ramené à 1 246 euros au 19 mars 2024, n'excède manifestement pas, au vu des dernières pièces versées au dossier, ses capacités contributives alors que Mme D a la possibilité de solliciter des remboursements mensuels adaptés à sa situation financière auprès de la Caf.

6. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme D doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er: La requête de Mme D est rejetée.

Article 2:Le présent jugement sera notifié à Mme A D et à la caisse d'allocations familiales de la Haute-Vienne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 janvier 2025.

Le magistrat désigné,

A. C

La greffière,

M. B

La République mande et ordonne

à la ministre déléguée auprès du ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation, chargée du logement, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme

Pour La Greffière en Chef

La Greffière

M. B

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