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AccueilJurisprudence administrativeN° TA87-2301593

Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2301593

vendredi 12 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2301593
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation2ème chambre
Avocat requérantCESSO PAUL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par un arrêt n° 23BX02521 du 18 avril 2024, la cour administrative d'appel de Bordeaux, saisie d'un appel présenté par M. A B, a annulé le jugement du tribunal administratif de Limoges du 11 septembre 2023 par lequel le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Limoges a rejeté ses requêtes nos 2301493 et 2301539 comme irrecevables.

I. Par une requête initialement enregistrée sous le n° 2301493 le 29 août 2023, puis sous le n° 2400788 le 3 mai 2024 après le renvoi de la cour administrative d'appel de Bordeaux, M. A B, représenté par Me Cesso, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 17 juillet 2023 par lequel le préfet de la Gironde a prononcé son expulsion du territoire français.

Il soutient qu'il vit en France depuis vingt ans, qu'il a toujours travaillé et qu'il souhaite constituer un dossier de demande d'asile.

Par un mémoire en défense enregistré le 11 septembre 2023, le préfet de la Gironde conclut au rejet de la requête comme non fondée.

II. Par une requête initialement enregistrée sous le n° 2301539 le 31 août 2023, puis sous le n° 2400789 le 3 mai 2024 après le renvoi de la cour administrative d'appel de Bordeaux, M. A B, représenté par Me Cesso, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 17 juillet 2023 par lequel le préfet de la Gironde a prononcé son expulsion du territoire français.

Il soutient qu'il vit en France depuis vingt ans, qu'il a toujours travaillé et qu'il souhaite constituer un dossier de demande d'asile.

Par un mémoire en défense enregistré le 11 septembre 2023, le préfet de la Gironde conclut au rejet de la requête comme non fondée.

III. Par une requête, un mémoire et des pièces enregistrés sous le n° 2301593 le 14 septembre 2023, le 2 octobre 2023 et le 5 janvier 2024, M. A B, représenté par Me Cesso, demande au tribunal :

1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler les arrêtés du 17 juillet 2023 par lesquels le préfet de la Gironde a prononcé son expulsion du territoire français et fixant la Turquie comme pays de destination ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat, à verser à son conseil, la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et, à défaut d'accord d'aide juridictionnelle, de mettre la même somme à la charge de l'Etat à son bénéfice sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

En ce qui concerne les deux arrêtés pris dans leur ensemble :

- l'autorité préfectorale compétente était le préfet de la Corrèze ;

- la compétence du signataire des décisions attaquées n'est pas démontrée ;

- il devra être justifié du respect de la procédure prévue aux articles L. 632-1 et suivants et notamment que l'intéressé a bien été informé de la mesure envisagée, avant d'être convoqué devant la commission d'expulsion.

En ce qui concerne l'arrêté d'expulsion :

- il n'est pas constitutif d'une menace pour l'ordre public au sens de l'article L. 631-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il vit en France depuis l'âge de 19 ans et depuis quinze ans à la date de la décision attaquée ; il a un fils vivant en France ; la décision méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision méconnaît l'intérêt supérieur de l'enfant ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne l'arrêté fixant le pays de destination :

- il est illégal en raison de l'illégalité de l'arrêté d'expulsion ;

- il est kurde et les membres de sa famille ont été poursuivis en Turquie ; il risque lui-même de l'être ; la décision méconnaît l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense enregistré le 28 septembre 2023, le préfet de la Gironde conclut au rejet de la requête comme non fondée.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Gaullier-Chatagner,

- et les conclusions de Mme Benzaïd, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant turc né en 1989, est entré sur le territoire français de façon irrégulière en 2008. Il a obtenu des titres de séjour à compter du mois d'août 2014 jusqu'au mois de février 2022. Il a été écroué à compter du 25 mai 2022 jusqu'au 13 septembre 2023. Par un arrêté du 17 juillet 2023, le préfet de la Gironde a prononcé son expulsion du territoire français. Par un arrêté du même jour, le préfet de la Gironde a fixé la Turquie comme pays de destination. M. B sollicite l'annulation de ces arrêtés.

Sur la jonction :

2. Les requêtes nos 2301593, 2400788 et 2400789 présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre afin d'y statuer par un seul jugement.

Sur les conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire :

3. Par une décision du 14 décembre 2023, le bureau d'aide juridictionnelle a accordé à M. B le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, il n'y a pas lieu de prononcer l'admission provisoire de l'intéressé au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les deux arrêtés pris dans leur ensemble :

4. En premier lieu, aux termes de l'article R. 632-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sauf en cas d'urgence absolue, l'autorité administrative compétente pour prononcer l'expulsion d'un étranger en application de l'article L. 631-1 est le préfet de département et, à Paris, le préfet de police ". Aux termes de l'article R. 632-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sauf en cas d'urgence absolue, l'étranger à l'encontre duquel une procédure d'expulsion est engagée en est avisé au moyen d'un bulletin de notification. / Le bulletin de notification vaut convocation devant la commission d'expulsion mentionnée au 2° de l'article L. 632-2 ". Aux termes de l'article R. 632-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La notification du bulletin mentionné à l'article

R. 632-3 est effectuée par le préfet du département où est située la résidence de l'étranger ou, si ce dernier est détenu dans un établissement pénitentiaire, du préfet du département où est situé cet établissement (). / Si l'étranger a changé de résidence sans en informer l'administration comme l'article R. 431-23 lui en fait obligation, la notification est faite à la dernière résidence connue par lettre recommandée dans les conditions indiquées au troisième alinéa ". Aux termes de l'article R. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative compétente pour édicter la décision portant obligation de quitter le territoire français, la décision fixant le délai de départ volontaire et l'interdiction de retour sur le territoire français est le préfet de département et, à Paris, le préfet de police ".

5. L'article R. 632-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne précise pas le préfet de département territorialement compétent pour prononcer une mesure d'expulsion et l'article R. 632-5 du même code prévoit quant à lui que la notification du bulletin valant convocation devant la commission d'expulsion est effectuée par le préfet du département où est située la résidence de l'étranger, ou par le préfet où est situé l'établissement où il est détenu. Par suite, et dès lors que le bulletin de notification de la procédure d'expulsion daté du 7 avril 2023 émane du préfet de la Gironde, et que le requérant a fait état au soutien de sa demande de titre de séjour présentée le 23 mars 2022 à la préfecture de la Gironde, d'une adresse de résidence située à Saint-Loubès dans le département de la Gironde, le préfet de ce département était compétent pour prendre la décision d'expulsion en litige, ainsi que la décision fixant le pays de renvoi liée à la mesure d'expulsion.

6. En second lieu, par arrêté du préfet de la Gironde du 30 janvier 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial n° 33-2023-021 du même jour, Mme Aurore Le Bonnec, secrétaire générale de la préfecture de la Gironde et signataire de l'arrêté contesté, bénéficiait d'une délégation à l'effet de signer toutes décisions dans les matières relevant des attributions de l'Etat dans le département, à l'exception de certaines matières parmi lesquelles ne figure pas la police des étrangers. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte manque en fait et doit être écarté.

Sur l'arrêté d'expulsion :

7. En premier lieu, aux termes de l'article L. 632-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'expulsion ne peut être édictée que dans les conditions suivantes :

1° L'étranger est préalablement avisé dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat ; 2° L'étranger est convoqué pour être entendu par une commission qui se réunit à la demande de l'autorité administrative et qui est composée : a) du président du tribunal judiciaire du chef-lieu du département, ou d'un juge délégué par lui, président ; b) d'un magistrat désigné par l'assemblée générale du tribunal judiciaire du chef-lieu du département ; c) d'un conseiller de tribunal administratif () ".

8. Il ressort des pièces du dossier que M. B s'est vu notifier le 7 avril 2023 un bulletin de notification d'une procédure d'expulsion l'informant de l'engagement de cette mesure à son encontre, au motif que sa présence en France constituait une menace grave pour l'ordre public et comportait une convocation devant la commission départementale d'expulsion prévue le 27 avril suivant. Selon le procès-verbal de la réunion de la commission départementale d'expulsion réunie le 27 avril 2023, M. B a sollicité son report afin d'être assisté par un conseil, la séance ayant ensuite été reportée au 11 mai 2023. Enfin, il résulte de la feuille d'émargement de la séance du 11 mai 2023 que l'avocat du requérant était présent à la commission du 11 mai 2023. Par suite, le moyen tiré de ce que la procédure prévue aux articles L. 632-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'aurait pas été respectée doit être écarté.

9. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 631-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut décider d'expulser un étranger lorsque sa présence en France constitue une menace grave pour l'ordre public, sous réserve des conditions propres aux étrangers mentionnés aux articles L. 631-2 et L. 631-3 ".

10. Les infractions pénales commises par un étranger ne sauraient, à elles seules, justifier légalement une mesure d'expulsion et ne dispensent pas l'autorité compétente d'examiner, d'après l'ensemble des circonstances de l'affaire, si la présence de l'intéressé sur le territoire français est de nature à constituer une menace grave pour l'ordre public. Lorsque l'administration se fonde sur l'existence d'une telle menace pour prononcer l'expulsion d'un étranger, il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi d'un moyen en ce sens, de rechercher si les faits qu'elle invoque à cet égard sont de nature à justifier légalement sa décision.

11. Il ressort des pièces du dossier, en particulier d'un arrêt de la cour d'appel de Bordeaux rendu le 6 octobre 2022, que M. B a été reconnu coupable de faits de violence sur son ex-conjointe commis le 22 août 2021, lui ayant serré les bras et donné plusieurs coups de pied, ainsi que de faits commis le 22 avril 2022 tenant en des menaces de mort sur la même personne, l'intéressé lui ayant dit en turc " je vais te brûler à l'acide, je vais te tuer () ". Cet arrêt relève que les faits de violence exercés au mois d'août 2021 l'ont été en présence de l'enfant mineur du couple, et en état de récidive, et précise que le casier judiciaire du requérant porte mention d'une peine prononcée le 28 octobre 2019 par le tribunal correctionnel de Bordeaux l'ayant condamné à six mois d'emprisonnement avec sursis assorti d'une mise à l'épreuve pendant deux ans. Si le requérant fait valoir qu'il n'était pas assisté par un avocat dans le cadre de cette procédure pénale et souligne que les constatations médicales sur lesquelles repose cette condamnation n'établiraient pas l'origine des blessures, ces éléments ne sont pas de nature à remettre en cause la matérialité et la gravité des faits de violence et de menace de mort ayant donné lieu à la condamnation prononcée en appel à son encontre, alors d'ailleurs que l'arrêt du 6 octobre 2022 est revêtu de l'autorité absolue de la chose jugée. Eu égard à la gravité des faits de violence physique et verbale commis à plusieurs reprises par le requérant, sur une période de plusieurs années, et en dépit de son bon comportement en prison et de sa participation à des groupes thérapeutiques, le préfet de la Gironde n'a pas fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 631-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en considérant que la présence de M. B sur le territoire français constituait une menace grave pour l'ordre public à la date de sa décision.

12. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

13. Il ressort des pièces du dossier que M. B est entré en France au mois de juin 2008, soit à l'âge de 19 ans, et qu'il y a résidé de façon régulière à compter du 18 juin 2014. Il est le père d'un enfant de nationalité turque né en 2018 qui réside sur le territoire français et est séparé de la mère de l'enfant. Toutefois, il résulte de l'arrêt précité rendu le 6 octobre 2022 par la cour d'appel de Bordeaux que M. B a été condamné pour des faits de violence conjugale commis en 2021 en présence de son enfant. Selon la même décision juridictionnelle, le juge aux affaires familiales du tribunal judiciaire de Bordeaux a attribué à la mère de l'enfant l'exercice exclusif de l'autorité parentale, en considération notamment d'une interdiction faite au requérant, par un jugement du tribunal correctionnel de Bordeaux rendu en 2019, de paraître au domicile à la suite de violences conjugales déjà commises au mois d'octobre 2019 en présence du mineur. Dans ces conditions, si l'arrêté d'expulsion contesté porte atteinte à la situation de M. B compte tenu de la durée de sa présence régulière en France où résident son frère ainsi que son fils, et où il a travaillé et dispose d'une promesse d'embauche, le préfet de la Gironde n'a pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales eu égard à la nature et à la gravité de la menace à l'ordre public que constitue sa présence en France, en l'absence de démonstration d'un lien conservé avec son enfant, devant lequel il a commis à plusieurs reprises des faits de violence envers sa mère. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de ce que la décision serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation compte tenu de l'ancienneté du séjour du requérant, de sa situation familiale et de son intégration doit être écarté.

14. En quatrième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention relative aux droits de l'enfant : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions politiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale () ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.

15. Ainsi qu'il a été rappelé au point 13 du présent jugement, en l'absence d'éléments suffisants pour établir l'existence et l'intensité des liens entre le père et l'enfant résidant en France, et alors que le juge aux affaires familiales a attribué à la mère de l'enfant l'exercice exclusif de l'autorité parentale, en considération notamment d'une interdiction faite à M. B de paraître au domicile à la suite de violences conjugales déjà commises au mois d'octobre 2019 en présence du mineur, le préfet de la Gironde n'a pas porté atteinte à l'intérêt supérieur de cet enfant en prenant la décision d'expulsion contestée. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant sera écarté.

Sur la décision fixant le pays de destination :

16. En premier lieu, il résulte des développements qui précèdent que le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision fixant le pays de destination doit être annulée en conséquence de l'illégalité de la décision d'expulsion.

17. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut désigner comme pays de renvoi :

1° Le pays dont l'étranger a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu la qualité de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile ;

2° Un autre pays pour lequel un document de voyage en cours de validité a été délivré en application d'un accord ou arrangement de réadmission européen ou bilatéral ;

3° Ou, avec l'accord de l'étranger, tout autre pays dans lequel il est légalement admissible.

Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ".

18. Le requérant se borne à soutenir qu'il est kurde, que les membres de sa famille ont été poursuivis en Turquie, qu'il risque de l'être et qu'il n'a pas effectué son service militaire de sorte qu'il peut être condamné. Toutefois, il ne produit aucun élément pour étayer ces allégations. Le moyen tiré d'une méconnaissance des dispositions citées au point 17 du présent jugement doit par suite être écarté.

19. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B à l'encontre des arrêtés du 17 juillet 2023 par lesquels le préfet de la Gironde a prononcé son expulsion et a fixé la Turquie comme pays de destination doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions présentées sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er :Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions présentées par M. B tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 :Le surplus des conclusions de l'ensemble des requêtes est rejeté.

Article 3 :Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Cesso et au préfet de la Gironde.

Délibéré après l'audience du 11 juillet 2024, à laquelle siégeaient :

M. Normand, président,

Mme Siquier, première conseillère,

Mme Gaullier-Chatagner, conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2024.

La rapporteure,

N. GAULLIER-CHATAGNER

Le président,

N. NORMANDLa greffière,

M. C

La République mande et ordonne

au préfet de la Gironde en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme

Pour la Greffière en Chef,

La Greffière,

M. D

Nos 2301593,2400788,2400789

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