lundi 16 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2301663 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SELARL ITINERAIRES AVOCATS- CADOZ- LACROIX- REY- VERNE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 27 septembre 2023 et le 6 octobre 2023, l'association Vayres Oradour Défense Environnement, représentée par Me Granger, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du 26 avril 2023 par lequel la préfète de la Haute-Vienne a accordé un permis de construire une centrale photovoltaïque clôturée au sol à la société Corsaire, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) de mettre à la charge de l'État et de la société Corsaire une somme de 4 000 euros en application de l'article L. 761 1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable : elle bénéficie d'un intérêt à agir au regard de son objet social, de la nature de l'acte attaqué et de l'aire géographique considérée ; elle a respecté les délais de recours contentieux ; contrairement à ce que soutiennent les défendeurs, elle atteste du dépôt effectif de ses statuts en préfecture au moins un an avant la date d'affichage en mairie de la demande du pétitionnaire ;
- la condition d'urgence est remplie dès lors que les travaux ont débuté, qu'ils sont susceptibles de dégrader la terre agricole et que le projet contrevient directement aux objectifs nationaux de construction de centrales photovoltaïques sur des terres déjà artificialisées ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision :
O elle est entachée d'un défaut de motivation au regard notamment du défaut de précisions des prescriptions mentionnées à l'article 2 et de la caractérisation d'un intérêt collectif ;
O l'étude d'impact du projet est entachée d'insuffisances ; aucune estimation des dépenses liées aux mesures " éviter, réduire compenser " n'a été vraiment réalisée ; les 2/3 des coûts ne sont pas explicités alors que le pétitionnaire aurait dû établir un estimatif global, clair et cohérent des coûts induits ; aucune solution alternative crédible n'a été envisagée par l'étude d'impact ; l'impact du projet sur le tourisme a été sous-estimé ; l'étude d'impact est lacunaire quant au volet paysager en ce qu'elle occulte le cône de vue remarquable identifié dans le PADD du PLU ;
O la décision litigieuse méconnaît les dispositions des articles L. 411-1 et L. 411-2 du code de l'environnement ; le porteur de projet aurait dû obtenir une dérogation à la destruction des espèces protégées ; plusieurs espèces protégées sont menacées (le sonneur à ventre jaune, la rainette arboricole, le triton marbré, le campagnol amphibie, l'écureuil roux, le cuivré des marais, le damier de la succise) ;
O elle méconnaît le principe d'urbanisation limitée en ce que la commune d'Oradour-sur-Vayres n'est pas couverte par un schéma de cohérence territoriale ;
O elle méconnaît les dispositions de l'article R. 111-26 du code de l'urbanisme au regard de l'insuffisance des mesures " éviter, réduire, compenser " pour protéger la faune, les zones humides et l'activité touristique ;
O elle méconnaît les dispositions des articles L. 151-19, L. 151-23 et R. 111-27 du code de l'urbanisme ; il y a notamment atteinte au caractère et à l'intérêt des lieux avoisinants, au site, à la perspective, au paysage et au patrimoine bâti ;
O elle méconnaît les dispositions de l'article L. 151-11 du code de l'urbanisme ;
O elle méconnaît les dispositions du plan local d'urbanisme de la commune applicables en zone 2AU secteur 2AUg ;
O elle méconnaît les objectifs nationaux déclinés en matière d'installation raisonnée de centrales photovoltaïques au sol tels qu'ils découlent de la circulaire du 18 décembre 2009 ;
O elle est illégale en raison de l'illégalité du plan local d'urbanisme dès lors que le terrain d'assiette du projet n'aurait pas dû être classé en zone à urbaniser mais en zone agricole ;
O elle est illégale en raison de l'illégalité de la délibération du 20 septembre 2022 par laquelle le conseil municipal de la commune a approuvé le projet dès lors que la commune ne prouve pas que les conseillers municipaux ont reçu une information sincère et entière des caractéristiques essentielles du projet et qu'ils ont été destinataires d'une note de synthèse à cette fin ;
O elle est illégale en raison de l'illégalité de la délibération du 30 mars 2021 par laquelle le conseil municipal de la commune a approuvé la signature d'une convention d'occupation temporaire du domaine public entre la commune et la société Corfu Solaire en raison du non-respect d'une procédure de sélection préalable du candidat.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 octobre 2023, le préfet de la Haute-Vienne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête n'est pas recevable : l'association requérante ne démontre pas son intérêt à agir puisqu'elle ne prouve pas avoir déposé ses statuts en préfecture au moins un an avant l'affichage en mairie de l'avis de dépôt de la demande de permis de construire de la société Corsaire ; par ailleurs, les statuts de l'association ne sont pas signés ;
- la condition d'urgence n'est pas remplie dès lors que l'association ne démontre pas que les travaux ont commencé par la seule production de photographies qu'elle prétend avoir prises le 31 mai 2023 et que la circonstance que le projet contesté soit de nature à contribuer à la production d'électricité par une énergie renouvelable est de nature à renverser la présomption d'urgence en raison de l'intérêt public qui s'y attache ;
- aucun des moyens soulevés n'est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée.
Par un mémoire en défense et des pièces complémentaires, enregistrés les 5 octobre 2023, la société Corsaire, représentée par Me Lacroix, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de l'association Vayres Oradour Défense Environnement la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable en raison de l'irrecevabilité du recours au fond déposé par l'association Vayres Oradour Défense Environnement dès lors qu'elle ne dispose pas d'une qualité pour agir : elle ne produit pas le récépissé attestant de la déclaration de ses statuts en préfecture et elle n'est pas valablement représentée par son président ;
- la condition d'urgence n'est pas remplie : contrairement à ce que soutient la requérante, les travaux ne vont pas démarrer à brève échéance puisque la déclaration d'ouverture de chantier n'a pas été déposée ; les photographies produites par la requérante attestent uniquement de la réalisation des sondages de sol en mai et juin 2023 ; la réalisation de la centrale photovoltaïque nécessite un raccordement au réseau public d'électricité qui ne sera pas réalisé avant un délai minimal de neuf mois ; le cadre du débat juridique est figé car les moyens soulevés au sein de la requête au fond sont cristallisés en raison de la communication du premier mémoire en défense le 31 juillet 2023 ; par ailleurs, dès lors qu'en application de l'article 1er du décret n° 2022-1379 du 29 octobre 2022, le tribunal administratif doit statuer dans un délai de dix mois à compter de l'enregistrement de la requête, le jugement au fond sera rendu dans six mois à une date où les travaux n'auront toujours pas commencé ; enfin, l'installation d'une centrale de production d'électricité à partir de sources renouvelables est d'intérêt public ;
- aucun des moyens soulevés n'est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée ; notamment, l'évaluation du coût des mesures ERC se trouve bien dans l'étude d'impact ainsi que les propositions alternatives au projet.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 23 juin 2023 sous le numéro 2301100 par laquelle l'association Vayres Oradour Défense Environnement demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de l'environnement ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- les observations de Me Granger, représentant l'association Vayres Oradour Défense Environnement,
- les observations de Me Ollier, représentant la société Corsaire ;
- les observations de Mme A représentant le préfet de la Haute-Vienne.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Le 29 janvier 2021, la société Corsaire, entreprise ayant pour principale activité la production d'énergie, a déposé à la préfecture de la Haute-Vienne une demande de permis de construire une centrale photovoltaïque clôturée au sol au lieu-dit " Les Haies " sur le territoire de la commune d'Oradour-sur-Vayres. Par un arrêté du 26 avril 2023, la préfète de la Haute-Vienne a accordé ce permis de construire sous réserve du respect de certaines prescriptions. Par la présente requête, l'association Vayres Oradour Défense Environnement demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de cet arrêté.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. En l'état de l'instruction, aucun des moyens soulevés par la requérante, tels qu'ils sont rappelés dans les visas de la présente ordonnance, n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté du 26 avril 2023 par lequel la préfète de la Haute-Vienne a accordé un permis de construire une centrale photovoltaïque clôturée au sol au lieu-dit " Les Haies " sur le territoire de la commune d'Oradour-sur-Vayres à la société Corsaire.
4. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer ni sur les fins de non-recevoir opposées en défense ni sur la condition d'urgence, que les conclusions de l'association Vayres Oradour Défense Environnement aux fins de suspension de l'exécution de cet arrêté doivent être rejetées.
Sur les frais du litige :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat et de la société Corsaire qui ne sont pas, dans la présente instance, les parties perdantes, la somme que demande l'association Vayres Oradour Défense Environnement au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas non plus lieu de faire droit aux conclusions présentées par la société Corsaire sur le même fondement.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de l'association Vayres Oradour Défense Environnement est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la société Corsaire tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à l'association Vayres Oradour Défense Environnement, à la société Corsaire au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires. Une copie en sera adressée pour information au préfet de la Haute-Vienne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 octobre 2023.
Le juge des référés,
N. B
Le greffier d'audience,
A. BLANCHON
La République mande et ordonne au
au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Le Greffier en Chef,
A. BLANCHON
mf
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026