vendredi 11 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2301669 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | MALABRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 septembre 2023 sous le n° 2301669, et un mémoire complémentaire, enregistré le 22 décembre 2023, M. B A, représenté par Me Malabre, demande au juge des référés :
1°) de condamner l'Etat à lui verser une provision d'un montant de 1 300 euros au titre d'un préjudice matériel, une deuxième d'un montant de 8 000 euros au titre d'une perte de chance d'obtenir l'asile, une troisième d'un montant de 3 000 euros au titre d'un préjudice moral, chacune assortie des intérêts au taux légal et de leur capitalisation à compter de la date de réception de sa demande préalable présentée le 2 février 2021, du fait de la décision en date du 14 août 2018 par laquelle la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii) lui a retiré le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, ultérieurement annulé par un jugement du tribunal administratif de Limoges du 27 janvier 2021 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 400 euros à verser à son conseil en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de la renonciation par celui-ci, le cas échéant, à percevoir la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- la décision en litige de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a été annulée pour illégalité ; cette illégalité constitue une faute de nature à engager la responsabilité de l'administration ;
- cette faute, en le maintenant, dès lors que les sommes qui lui étaient dues en 2018 ne lui ont été versées qu'en 2021 et qu'il n'a pu bénéficier d'un logement entre août 2018 et janvier 2019, dans une situation précaire et d'angoisse, lui a causé un préjudice moral et des troubles dans ses conditions d'existence, un préjudice matériel en lui faisant perdre le bénéfice du montant additionnel journalier et une perte de sa chance de faire aboutir sa demande d'asile ;
- la décision annulée du 14 août 2018 était au surplus illégale pour atteinte au droit d'asile et des droits attachés, erreur de droit dans l'application de l'article L. 744-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, erreur de fait en ce qu'il ne rentrait pas dans l'une des situations énumérées limitativement par les articles L. 744-8 et D. 744-35 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, illégalité de la décision de l'association ARSL gestionnaire de son hébergement à laquelle le directeur de l'Ofii s'est à tort cru lié, pour erreur d'appréciation de sa situation personnelle, défaut de procédure contradictoire préalable, violation du droit à la dignité qu'il tient de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, du pacte international relatif aux droits économiques sociaux et culturels et du Préambule de la Constitution de 1946, et pour l'avoir exposé à des traitements inhumains et dégradants ;
- il doit être fait une juste appréciation de la provision à valoir sur ses préjudices, par un montant de 1 300 euros au titre du préjudice matériel, par un montant de 8 000 euros au titre de sa perte de chance d'obtenir l'asile, par un montant de 3 000 euros au titre de son préjudice moral ;
- il est fondé à réclamer les intérêts sur ces sommes et leur capitalisation, à compter de la date de réception de sa demande préalable à l'administration, le 2 février 2021.
Par un mémoire, enregistré le 12 octobre 2023, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la demande.
L'Ofii fait valoir que, en exécution du jugement du 27 janvier 2021, la situation de M. A a été réexaminée et l'intéressé a été rétabli dans les conditions matérielles d'accueil, et qu'une aide exceptionnelle de 1 407,60 euros lui a été versée.
Par des mémoires, enregistrés les 11 décembre 2023 et 21 décembre 2023, l'Office français de l'immigration et de l'intégration justifie des sommes versées à M. A.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 13 octobre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Vu l'arrêté du vice-président du Conseil d'Etat en date du 10 mai 2022 par lequel M. Daniel Josserand-Jaillet, président honoraire du corps des magistrats des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel, a été inscrit sur la liste des magistrats honoraires prévue à l'article L. 222-2-1 du code de justice administrative.
M. Daniel Josserand-Jaillet, président de tribunal administratif honoraire, a été désigné par le président du tribunal pour exercer les pouvoirs du juge des référés.
Considérant ce qui suit :
Sur la jonction :
1. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie. ". Pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude. Dans ce cas, le montant de la provision que peut allouer le juge des référés n'a d'autre limite que celle résultant du caractère non sérieusement contestable de l'obligation dont les parties font état. Dans l'hypothèse où l'évaluation du montant de la provision résultant de cette obligation est incertaine, le juge des référés ne doit allouer de provision, le cas échéant assortie d'une garantie, que pour la fraction de ce montant qui lui parait revêtir un caractère de certitude suffisant.
2. M. B A, ressortissant guinéen né le 12 juin 1998 à Conakry, est, selon ses déclarations, entré irrégulièrement le 22 août 2017 en France où il a demandé l'asile le 19 septembre suivant et, le même jour, a accepté le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Sa demande a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 28 février 2018, notifiée le 23 mars 2018. Alors que M. A avait formé, le 28 février 2018, un recours contre ce rejet devant la Cour nationale du droit d'asile, au motif que l'intéressé, suite à un contrôle sur dénonciation, avait été regardé comme hébergeant un tiers à titre onéreux dans le logement qui lui avait été attribué, l'association gestionnaire de l'hébergement au centre d'accueil des demandeurs d'asile lui a signifié son exclusion à compter au plus tard du 29 juin 2018 et l'Ofii lui a indiqué son intention de lui retirer le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Après avoir recueilli les observations de M. A, la directrice territoriale de l'Ofii a décidé ce retrait par une décision du 14 août 2018, notifiée en mains propres le jour même. Par une décision du 19 décembre 2018, la Cour nationale du droit d'asile a rejeté le recours formé par l'intéressé le 28 février 2018. Par un jugement du 27 janvier 2021, le tribunal administratif a annulé la décision du 14 août 2018, au motif que cette dernière était insuffisamment motivée en fait, et a enjoint à l'Ofii de réexaminer la situation de M. A. L'Ofii a, par un courrier du 24 février 2021, rétabli M. A dans le bénéfice des conditions matérielles d'accueil pour la période du 9 juillet 2018 au 31 janvier 2019 et, le 29 juillet 2021, lui a versé, à titre exceptionnel, une somme de 1 407,60 euros correspondant à l'aide aux demandeurs d'asile pour la période courant d'août 2018 à janvier 2019. En début 2024, une nouvelle somme de 1 531,80 euros a été versée à titre exceptionnel à M. A pour régulariser le montant du premier versement, qui omettait de tenir compte de la circonstance que l'intéressé n'avait pas été hébergé durant la période couverte. Après le rejet implicite d'une demande préalable d'indemnisation adressée à l'Office français de l'immigration et de l'intégration, M. A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, la condamnation de l'Etat à lui verser une provision d'un montant de 1 300 euros au titre d'un préjudice matériel, une deuxième d'un montant de 8 000 euros au titre d'une perte de chance d'obtenir l'asile, une troisième d'un montant de 3 000 euros au titre d'un préjudice moral, à valoir sur l'indemnisation des conséquences de l'illégalité fautive de la décision du 14 août 2018.
3. Par les conclusions de sa requête, réitérées dans le dernier état de ses écritures contentieuses, M. A, s'il met en cause la légalité de la décision du 14 août 2018 prise par la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, demande exclusivement la condamnation de l'Etat. Il ne fait état d'aucune faute ou agissement fautif de l'Etat, et encore moins ne l'établit, dans les circonstances qu'il décrit comme ayant conduit à la réalisation des préjudices qu'il invoque. Surabondamment, il ne justifie pas avoir présenté une demande d'indemnisation préalable à l'Etat. Dès lors, et sans qu'il soit besoin de statuer sur la pertinence des moyens dont elle est assortie, la requête de M. A doit être regardée comme mal dirigée et ne peut, par ce seul motif, qu'être rejetée.
Sur l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
4. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font, en tout état de cause, obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance, verse une somme au conseil de M. A au titre des frais liés au litige.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, au préfet de la Haute-Vienne et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Une copie en sera adressée pour information à Me Malabre.
GHELLAMGGGG
Limoges, le 11 octobre 2024.
Le juge des référés,
D. JOSSERAND-JAILLET
La République mande et ordonne
au préfet de la Haute-Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
La Greffière en Chef
A. BLANCHON
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026