jeudi 11 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2301739 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | AKAKPOVIE EKOUE DIDIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 octobre 2023, M. C A, représenté par Me Akakpovie, demande au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 19 juillet 2023 par lequel le préfet de la Corrèze a prolongé son délai de départ volontaire ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Corrèze de réexaminer sa demande dans un délai de trente jours à compter de la date de notification de la décision à intervenir et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour en attendant l'issue de ce réexamen ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve de la renonciation à percevoir la somme correspondant à l'aide juridictionnelle.
Il soutient que l'arrêté :
- est entaché d'une erreur dans l'appréciation des faits ;
- est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
La requête a été communiquée le 9 octobre 2023 au préfet de la Corrèze qui n'a pas présenté d'observations.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 6 septembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Christophe a été entendu au cours de l'audience publique à laquelle aucune des parties n'était présente ou représentée.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant guinéen né en 2004, est entré en France le 30 mars 2022 selon ses déclarations. Il a sollicité le 19 décembre 2022 la délivrance d'un titre de séjour. Par un arrêté du 31 janvier 2023, le préfet de la Corrèze a refusé de lui délivrer le titre demandé, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, l'a astreint à se présenter une fois par semaine au commissariat de Tulle et a fixé le pays de renvoi. A la suite de l'annulation par le tribunal de céans du délai de départ volontaire le 25 mai 2023, le préfet de la Corrèze a pris un nouvel arrêté le 19 juillet 2023 portant prolongation du délai de départ volontaire au 31 août 2023.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. Elle peut prolonger le délai accordé pour une durée appropriée s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. L'étranger est informé par écrit de cette prolongation ".
3. Si le préfet de la Corrèze fait valoir que M. A n'a pas produit d'éléments nouveaux qui s'opposeraient à son départ de France, il ressort toutefois des pièces du dossier que l'intéressé lui a communiqué un contrat d'apprentissage courant du 3 avril 2023 au 30 juin 2025 auprès de la SAS Design peinture à Brive au sein de laquelle il avait préalablement effectué un stage. Intégré depuis le 17 octobre 2022 au sein du centre de formation des apprentis " Bâtiment " dans le cadre d'une formation accélérée devant initialement s'achever le 2 juin 2023 et lui garantissant une formation qualifiante, M. A était dans l'attente de trouver un contrat d'apprentissage lui permettant de passer son certificat d'aptitude professionnelle. Signé le 3 avril 2023, ce contrat d'apprentissage s'achèvera le 30 juin 2025 concomitamment au passage de son diplôme. Dès lors, conformément aux dispositions de l'article L. 612-1 précitées, cette circonstance est à même de justifier que soit accordé à M. A un délai de départ volontaire supérieur à trente jours. La décision contestée est donc entachée d'une erreur d'appréciation au vu du nouvel élément produit par M. A.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner l'autre moyen de la requête, que l'arrêté portant prolongation du délai de départ volontaire jusqu'au 31 août 2023 doit être annulé.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. Eu égard au motif d'annulation retenu, l'exécution du présent jugement implique seulement que le préfet de la Corrèze procède au réexamen de la situation de M. A, dans un délai de deux mois à compter de la notification de la présente décision et dans l'attente lui délivre une autorisation provisoire de séjour. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais d'instance :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 900 euros à verser au conseil de M. A, en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et sous réserve de renoncement de celui-ci à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
D E C I D E :
Article 1er: L'arrêté du préfet de la Corrèze du 19 juillet 2023 est annulé.
Article 2:Il est enjoint au préfet de la Corrèze de réexaminer la situation de M. A dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et dans l'attente de lui délivrer une autorisation de séjour provisoire.
Article 3:L'Etat versera la somme de 900 (neuf cents) euros à Me Akakpovie au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et sous réserve de renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Article 4:Le présent jugement sera notifié à M. C A, à Me Akakpovie et au préfet de la Corrèze.
Délibéré après l'audience du 21 décembre 2023 où siégeaient :
- M. Normand, président,
- Mme Siquier, première conseillère,
- M. Christophe, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 janvier 2024.
Le rapporteur,
F. CHRISTOPHE
Le président,
N. NORMAND
La greffière,
M. B
La République mande et ordonne
au préfet de la Corrèze en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour le Greffier en Chef,
La Greffière
M. B
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026