LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA87-2301771

Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2301771

jeudi 23 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2301771
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationJUGE UNIQUE D JOSSERAND-JAILLET
Avocat requérantAVOC'ARENES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 11 octobre 2023, et un mémoire complémentaire, enregistré le 12 novembre 2023, M. B, représenté par Me Toulouse, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler les arrêtés en date du 15 septembre 2023 et du 29 septembre 2023 par lesquels le préfet de la Haute-Vienne a retiré son attestation de demande d'asile, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi, et lui a interdit le retour sur le territoire pendant un an, à titre subsidiaire de suspendre l'exécution de ces mesures jusqu'à ce que la Cour nationale du droit d'asile ait statué sur son recours ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Vienne de lui délivrer en cas de suspension de l'exécution de la mesure une attestation de demande d'asile dans un délai de dix jours à compter de la notification du jugement à intervenir, et, en cas d'annulation, de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation, le cas échéant, à percevoir la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

L'obligation de quitter le territoire français :

- est entachée d'un défaut d'examen sérieux et personnalisé de sa situation ;

- est entachée d'une erreur de fait ;

- porte une atteinte disproportionnée à son droit à une vie privée et familiale normale en méconnaissance de l'article 7 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- est intervenue en violation de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

L'exécution de la mesure d'éloignement méconnaît le droit à un recours effectif qu'il tient de l'article 13 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et le droit à un procès équitable garanti par celle-ci ; elle fait obstacle à l'exposé de sa situation devant un double degré de juridiction.

La décision fixant le pays de renvoi :

- est illégale du fait de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire ;

- est intervenue en violation des articles 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- méconnaît le droit à une vie privée et familiale normale qu'il tient de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'expose à des risques actuels pour sa vie et sa personne par un retour dans son pays d'origine.

L'interdiction de retour sur le territoire français :

- est illégale du fait de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire ;

- est disproportionnée au regard de son prochain recours devant la Cour nationale du droit d'asile et de sa situation personnelle et familiale.

Par un mémoire en défense, enregistré le 10 novembre 2023, le préfet de la Haute-Vienne conclut au rejet de la requête.

Le préfet fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision en date du 14 novembre 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Vu l'arrêté du vice-président du Conseil d'Etat en date du 10 mai 2022 par lequel M. Daniel Josserand-Jaillet, président honoraire du corps des magistrats des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel, a été inscrit sur la liste des magistrats honoraires prévue à l'article L. 222-2-1 du code de justice administrative.

M. Daniel Josserand-Jaillet, président de tribunal administratif honoraire, a été désigné par le président du tribunal pour exercer les pouvoirs qui lui sont conférés par les articles L. 776-1, R. 776-1 et R. 776-13-1 à R. 776-13-3 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. C ;

- les observations de Me Toulouse, représentant M. B.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant géorgien né le 30 juillet 1993 à Telavi, est entré le 5 avril 2023, muni de son passeport valant exemption de visa pour une durée de quatre-vingt-dix jours en France où il s'est maintenu et a demandé l'asile le 12 avril 2022. Sa demande, examinée selon la procédure prévue par l'article L. 531-24 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a été rejetée le 18 août 2023 par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), notifiée le 25 août suivant. Par un arrêté du 15 septembre 2023, le préfet de la Haute-Vienne lui a retiré son attestation de demande d'asile, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de départ volontaire de trente jours, a fixé le pays de destination, et lui a interdit le retour pendant un an. M. B demande en premier lieu l'annulation de cet arrêté, subsidiairement la suspension de son exécution. Par un arrêté, en date du 29 septembre 2023, le préfet de la Haute-Vienne a retiré l'arrêté du 15 septembre 2023 au motif qu'il comportait une erreur matérielle dans les mentions de signature et a repris, à la même date, un nouvel arrêté portant à l'encontre de M. B des mesures identiques à celles prises par l'arrêté du 15 septembre 2023. M. B, reconduisant les mêmes moyens en y ajoutant, demande en second lieu l'annulation, subsidiairement la suspension de l'exécution, de ce dernier en tant qu'il porte retrait de l'attestation de demande d'asile, l'oblige à quitter le territoire dans un délai de trente jours, fixe le pays de destination, et lui interdit le retour pendant un an.

Sur l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Aux termes du second alinéa de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 pris pour l'application de ces dispositions : " L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ".

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 14 novembre 2023. Il n'y a, dès lors, plus lieu de statuer sur les conclusions de M. B tendant à son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne l'arrêté du 15 septembre 2023 :

3. Un recours pour excès de pouvoir dirigé contre un acte administratif n'a d'autre objet que d'en faire prononcer l'annulation avec effet rétroactif. Si, avant que le juge n'ait statué, l'acte attaqué est rapporté par l'autorité compétente et si le retrait ainsi opéré acquiert un caractère définitif faute d'être critiqué dans le délai du recours contentieux, il emporte alors disparition rétroactive de l'ordonnancement juridique de l'acte contesté, ce qui conduit à ce qu'il n'y ait lieu pour le juge de la légalité de statuer sur le mérite du pourvoi dont il était saisi. Il en va ainsi, quand bien même l'acte rapporté aurait reçu exécution. Dans le cas où l'administration se borne à procéder à l'abrogation de l'acte attaqué, cette circonstance prive d'objet le pourvoi formé à son encontre, à la double condition que cet acte n'ait reçu aucune exécution pendant la période où il était en vigueur et que la décision procédant à son abrogation soit devenue définitive.

4. Postérieurement à l'introduction de la présente instance, par l'arrêté susmentionné du 29 septembre 2023, dont il n'est pas contesté qu'il a été régulièrement notifié à l'intéressé et qu'il comporte la mention des voies et délais de recours, le préfet de la Haute-Vienne a retiré l'arrêté en litige du 15 septembre 2023. La mesure d'éloignement n'ayant pas reçu d'exécution pendant la période où elle était en vigueur, en l'absence de tout recours contentieux allégué contre ce retrait, il n'y a plus lieu pour le tribunal de statuer sur les conclusions de M. B, désormais privées d'objet, tendant à l'annulation de l'arrêté du 15 septembre 2023, non plus, par voie de conséquence, sur les conclusions à fin de suspension de l'exécution, d'injonction et, pour le surplus, tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, également dirigées contre cet arrêté.

En ce qui concerne l'arrêté du 29 septembre 2023 :

S'agissant de l'obligation de quitter le territoire et de l'interdiction de retour sur le territoire français :

5. En premier lieu, M. B ne peut utilement invoquer l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales à l'appui de ses conclusions dirigées contre l'obligation de quitter le territoire, distincte de la décision fixant le pays de destination, et qui par elle-même n'a pas pour objet ni pour effet de désigner le pays vers lequel l'intéressée devra être éloignée pour l'exécution de cette mesure. Le moyen qui en est tiré ne peut par suite qu'être écarté comme inopérant.

6. En deuxième lieu, aux termes de l'article 13 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne dont les droits et libertés reconnus dans la présente Convention ont été violés, a droit à l'octroi d'un recours effectif devant une instance nationale, alors même que la violation aurait été commise par des personnes agissant dans l'exercice de leurs fonctions officielles ".

7. Il résulte des dispositions combinées du 7° de l'article L. 743-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur, du 6° du I de l'article L. 511-1 et du I bis de l'article L. 512-1 du même code, qu'un ressortissant étranger issu d'un pays sûr dont la demande d'asile a été rejetée selon la procédure accélérée, s'il ne bénéficie pas du droit de se maintenir sur le territoire français jusqu'à ce que la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) ait statué sur son recours, peut contester l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre. Ce recours présente un caractère suspensif et le juge saisi a la possibilité, le cas échéant, en application de l'article L. 743-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de suspendre l'exécution de la mesure d'éloignement jusqu'à ce que la CNDA ait statué sur son recours. Par ailleurs, le droit à un recours effectif tel que protégé notamment par l'article 13 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales n'implique pas que l'étranger, dont la demande d'asile a fait l'objet d'un examen en procédure accélérée puisse se maintenir sur le territoire français jusqu'à l'issue de son recours devant la CNDA et ce alors qu'il peut se faire représenter devant cette juridiction. Le moyen tiré de ce que le préfet de la Haute-Vienne, en ne lui permettant pas de se maintenir que le territoire français jusqu'à ce que la CNDA statue sur son recours, l'aurait privé d'un droit au recours effectif doit dès lors être écarté.

8. Par ailleurs, M. B ne peut en tout état de cause utilement se prévaloir, pour contester l'obligation qui lui est faite par le préfet de la Haute-Vienne de quitter le territoire français avant que la Cour nationale du droit d'asile ne statue sur son recours, d'une méconnaissance de son droit à un procès équitable prévu par l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors que ces stipulations ne sont applicables qu'aux procédures contentieuses suivies devant les juridictions lorsqu'elles statuent sur des droits ou des obligations de caractère civil ou sur des accusations en matière pénale.

9. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. B tendant à l'annulation du retrait de son attestation de demande d'asile doivent être rejetées.

10. En dernier lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Ces stipulations ne sauraient, en tout état de cause, s'interpréter comme comportant pour un Etat l'obligation générale de respecter le choix, par un demandeur de titre de séjour, d'y établir sa résidence privée et de permettre son installation ou le regroupement de sa famille sur son territoire. En outre, il appartient à l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France, tel qu'il ressort de ces mêmes stipulations ou tel qu'il découle de l'article 7 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne qui prévoit également que : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de ses communications ", d'apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a, le cas échéant, conservés dans son pays d'origine.

11. Si M. B, allophone, fait valoir, nonobstant les risques qu'il allègue encourir globalement avec sa famille en cas de retour dans son pays d'origine, la demande d'asile présentée par son frère cadet, très récemment arrivé en France le 17 septembre 2023, au regard notamment de son arrivée récente en France alors qu'il avait vécu dans son pays d'origine, où il menait sa vie professionnelle, privée et familiale, depuis sa naissance en 1993, ces circonstances ne suffisent pas à établir une réelle intensité de liens tissés avec la France non plus qu'un enracinement dans la société française dont la nature impliquerait que sa vie familiale s'implante durablement en France. Toutefois, il ressort des pièces du dossier, ainsi qu'il a été dit au point 9, que le préfet de la Haute-Vienne, par une décision, produite par celui-ci à l'instance, en date du 26 septembre 2023 et par suite antérieure à la date de l'arrêté contesté, a admis temporairement au séjour le père de M. B, rentré sur le territoire à la même date que celui-ci et avec qui il réside, en raison d'un état de santé qui nécessite, le secret médical ayant été levé par les intéressés dans leurs écritures contentieuses, des soins devant être dispensés en France. Il n'est par ailleurs pas contesté que la mère de M. B et épouse de son père séjourne en Italie depuis plus de sept ans, pour des raisons professionnelles, et qu'à la date de l'arrêté en litige et celle du présent jugement, le frère cadet de M. B ne se trouve en France qu'en qualité de demandeur d'asile. Dans ces conditions très particulières à l'espèce, et alors même qu'il n'est fait état d'aucune demande de l'intéressé à un titre de séjour en la qualité d'aidant familial dont il ne s'est prévalu que devant l'Ofpra et qu'il évoque dans son recours devant la Cour nationale du droit d'asile, M. B justifie, eu égard à la pathologie dont est atteint son père isolé sur le territoire français, de sa présence indispensable à ses côtés pendant la durée des soins au titre desquels M. D B est admis temporairement au séjour. Il suit de là que M. B est fondé, dans cette mesure, à soutenir qu'en faisant obstacle à cette assistance, l'obligation de quitter le territoire en litige, et par voie de conséquence l'interdiction de retour sur le territoire français dont cette décision est assortie, portent, pendant la période durant laquelle son père sera provisoirement autorisé à séjourner en qualité d'étranger malade sur le territoire, à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elles ont été prises et méconnaissent ainsi les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

12. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner le surplus des moyens de la requête dirigés contre ces décisions, l'obligation de quitter le territoire et l'interdiction de retour sur le territoire français en litige doivent être annulées.

S'agissant de la décision fixant le pays de renvoi :

13. Il résulte de l'examen, qui précède, de la légalité de l'obligation de quitter le territoire français, que M. B est fondé à exciper de l'illégalité de cette mesure d'éloignement à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision désignant le pays de renvoi et, par suite, à en demander l'annulation.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

14. Il y a lieu, en conséquence de tout ce qui précède, de faire droit aux conclusions de la requête aux fins d'injonction, mais uniquement en prescrivant au préfet de la Haute-Vienne de délivrer à M. B une autorisation provisoire de séjour conditionnée par le titre de séjour en qualité d'étranger malade de son père, et de rejeter le surplus desdites conclusions.

Sur l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

15. M. B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Toulouse, avocat de M. B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Toulouse de la somme de 1 200 euros.

D E C I D E :

Article 1er: Il n'y a pas lieu à statuer sur les conclusions de la requête tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2:Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de M. B dirigées contre l'arrêté du 15 septembre 2023.

Article 3 :L'arrêté du 29 septembre 2023, en tant que le préfet de la Haute-Vienne a fait obligation à M. B de quitter le territoire, a fixé le pays de destination, et lui a interdit le retour pendant un an, est annulé.

Article 4:Il est enjoint au préfet de la Haute-Vienne de délivrer à M. B une autorisation provisoire de séjour, lui permettant de travailler, durant le temps où son père, M. D B, sera autorisé à séjourner en France en qualité d'étranger malade.

Article 5: L'Etat versera à Me Toulouse une somme de 1 200 (mille deux cents) euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Toulouse renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.

Article 6: Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.

Article 7: Le présent jugement sera notifié à M. A B, au préfet de la Haute-Vienne et à Me Toulouse.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 novembre 2023.

Le magistrat désigné,

D. C

Le greffier,

G. JOURDAN-VIALLARD

La République mande et ordonne

au préfet de la Haute-Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme

Pour Le Greffier en Chef

Le Greffier

G. JOURDAN-VIALLARD

mf

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions