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AccueilJurisprudence administrativeN° TA87-2301960

Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2301960

mardi 17 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2301960
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantHORUS AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 8 novembre 2023 et 1er février 2024, Mme B A et autres, représentés par Me Maret, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 12 juin 2023 par lequel le maire de la commune de Limoges a délivré un permis de construire modificatif à la SCI Limoges Rue de Londres ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Limoges une somme de 2 000 euros à leur verser sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- leur requête est recevable ;

- le dossier du projet architectural ne comprenait pas l'ensemble des pièces exigées par les articles R. 431-8, R. 431-9 et R. 431-10 du code de l'urbanisme et présentait de manière non cohérente et volontairement incomplète les mesures, les distances et les hauteurs, ce qui a été de nature à fausser l'appréciation portée par le maire de la commune de Limoges sur la conformité du projet à la règlementation applicable ; aucune emprise graphique à bâtir sur l'unité foncière proposée ne figure dans les pièces soumises à l'appréciation des services instructeurs ; le plan de masse PCM 2 comporte des indications d'altimétrie de rives à l'égout, ou bien celles du faîtage, par rapport au terrain naturel avant travaux, qui sont en totale contradiction avec celles indiquées sur le plan en coupe PCM 3 ; sur le plan de masse PCM 2, on constate un dénivelé de 2,44 mètres entre les altimétries indiquées de 5,29 mètres (pignon Est) et 7,73 mètres (pignon Sud) ; la prise en compte de l'aspect topographique dans la demande de permis de construire modificatif tendrait à faire autoriser une simple modification de calage du bâtiment alors que son dessin représente une construction dont les infrastructures vont nécessairement et invariablement impacter sur l'économie générale du projet ; l'intégration au sol au droit de deux rues pour asseoir le projet avec un dénivelé de plus de 2,40 mètres est un élément majeur de l'intégration paysagère qui aurait dû être évalué et considéré par son auteur mais aussi par les services instructeurs dès la demande de permis de construire initial ; le permis de construire modificatif génère la suppression de la circulation liée au cheminement " personne à mobilité réduite " (PMR) indiquée dans la première demande en pièce PC 2 sans la moindre explication ; la prise en compte de l'altimétrie, omise dans la demande initiale de permis de construire, ne permet pas de justifier le maintien de la conception du stationnement ; la coupe PCM 3 démontre un dénivelé d'environ 2,15 mètres entre l'accès du porche et le bas de la parcelle, soit plus de 8,60 % de pente sur 24,38 ML, ce qui ne permet pas un respect de la réglementation des stationnements privés construits à neuf, qui prévoit seulement des pentes maximums de 7,5 % en travers, et inférieures à 5 % pour le stationnement PMR ; de même, l'accès réglementaire au parking couvert en rez-de-chaussée prévoit une pente maximale de 5 % en raccordement avec l'espace public de l'accotement (trottoir), ce que ne respecte pas le projet ;

- les modifications qui ont été sollicitées par la société pétitionnaire et approuvées par la commune de Limoges bouleversent l'économie générale du projet initial ;

- l'arrêté du 12 juin 2023 contesté portant délivrance du permis de construire modificatif méconnaît les articles 6.2, 7.2 et 7.3.2 du règlement du PLU.

Par des mémoires en défense enregistrés les 10 janvier et 16 février 2024, la commune de Limoges, représentée par Me Bineteau, conclut au rejet de la requête et demande qu'il soit mis à la charge des requérants une somme de 3 000 euros à lui verser, in solidum, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable ; en premier lieu, les requérants ne justifient pas avoir procédé à la notification de leur recours contentieux dans le respect des conditions prévues à l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ; en deuxième lieu, à l'exception de Mme A, ils ne produisent pas les actes de nature à établir le caractère régulier de l'occupation ou de la détention de leurs biens respectifs, en méconnaissance de l'article R. 600-4 du même code ; en troisième lieu, et alors que M. E réside à Ambazac, soit à plus de 25 km du projet, et que les autres requérants se bornent pour l'essentiel à se prévaloir de leur qualité de voisins immédiats, les seules modifications autorisées par le permis de construire modificatif ne sont pas de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de leur bien, de sorte que, conformément à l'article L. 600-1-2 du même code, ils ne justifient pas d'un intérêt à agir à l'encontre de l'arrêté du 12 juin 2023 ;

- le dossier déposé par la SCI Limoges Rue de Londres permettait bien à la commune de Limoges d'appréhender toutes les caractéristiques du projet et d'en examiner la conformité par rapport aux dispositions d'urbanisme opposables ; le dossier de demande de permis de construire modificatif renseignait bien le service instructeur sur les caractéristiques de toutes les façades et sur celles des places de stationnement couvertes et non couvertes ;

- les modifications au permis de construire initial autorisées par le permis de construire modificatif litigieux sont conformes aux articles 6.2, 7.2 et 7.3.2 du règlement du PLU.

Par un mémoire enregistré le 7 mai 2024, M. F et M. C, représentés par Me Maret, demandent au tribunal de prendre acte de leurs désistements.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Boschet,

- les conclusions de Mme Siquier, rapporteur public,

- les observations de Me Maret, pour les requérants,

- les observations de Me Bineteau, pour la commune de Limoges.

Considérant ce qui suit :

1. Le 15 juin 2022, la SCI Limoges Rue de Londres a déposé une demande de permis de construire portant sur la réalisation d'une résidence, comprenant 19 logements, située au 17 rue de Londres à Limoges. Par un arrêté du 14 octobre 2022, le maire de la commune de Limoges lui a délivré le permis de construire sollicité, qui n'a pas été contesté. Le 11 mai 2023, la SCI Limoges Rue de Londres a déposé une demande de permis de construire modificatif en indiquant, s'agissant des modifications apportées au projet, " - Calage du bâtiment suite au bornage contradictoire, à la servitude de réseau/mitoyen et au réseau public ; - Modification clôture, conservation d'un arbre et suppression d'une place de stationnement suite concertation des voisins immédiats ; - Calage de la hauteur de la construction ". Par un arrêté du 12 juin 2023, le maire de la commune de Limoges a délivré à la SCI Limoges Rue de Londres le permis de construire modificatif qu'elle a demandé. Par cette requête, Mme A, M. F, M. C et M. E demandent l'annulation de cet arrêté du 12 juin 2023. Ils doivent également être regardés comme demandant l'annulation de la décision du 7 septembre 2023 par laquelle le maire de la commune de Limoges a rejeté le recours gracieux formé par M. E à l'encontre de cet arrêté du 12 juin 2023.

Sur le désistement de M. F et de M. C :

2. Le désistement de M. F et de M. C est pur et simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il soit donné acte de ce désistement.

Sur les conclusions aux fins d'annulation présentées par Mme A et M. E :

En ce qui concerne la composition du dossier de demande de permis :

3. Aux termes de l'article R. 431-4 du code de l'urbanisme : " La demande de permis de construire comprend : / a) Les informations mentionnées aux articles R. 431-5 à R. 431-12 ; () / Aucune autre information ou pièce ne peut être exigée par l'autorité compétente ". Selon l'article R. 431-7 de ce code : " Sont joints à la demande de permis de construire : () / b) Le projet architectural défini par l'article L. 431-2 et comprenant les pièces mentionnées aux articles R. 431-8 à R. 431-12 ". Aux termes de l'article R. 431-8 du même code : " Le projet architectural comprend une notice précisant : / 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : / a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; / b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; / c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; / d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; / e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; / f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement ". L'article R. 431-9 du même code prévoit que : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. / Il indique également, le cas échéant, les modalités selon lesquelles les bâtiments ou ouvrages seront raccordés aux réseaux publics ou, à défaut d'équipements publics, les équipements privés prévus, notamment pour l'alimentation en eau et l'assainissement ". Selon l'article R. 431-10 du même code : " Le projet architectural comprend également : / a) Le plan des façades et des toitures ; lorsque le projet a pour effet de modifier les façades ou les toitures d'un bâtiment existant, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; / b) Un plan en coupe précisant l'implantation de la construction par rapport au profil du terrain ; lorsque les travaux ont pour effet de modifier le profil du terrain, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; / c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; / d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse ". L'ensemble de ces dispositions s'applique également aux demandes de permis de construire modificatif.

4. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

5. En premier lieu, conformément aux dispositions précitées des articles R. 431-8, R. 431-9 et R. 431-10 du code de l'urbanisme, était joint à la demande de permis de construire modificatif déposé le 11 mai 2023 par la SCI Limoges Rue de Londres, un projet architectural qui comprenait notamment une notice paysagère et réglementaire précisant l'état initial du terrain et de ses abords et les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, un plan de masse des constructions, un plan des façades et un plan de coupe. Si les mesures des hauteurs à l'égout et au faîtage figurant sur le plan de coupe n'ont pas été actualisées par rapport au plan de coupe produit dans le cadre de la demande de permis de construire initial alors qu'à la suite de la prise en compte d'un dénivelé du terrain, le permis de construire modificatif sollicité était principalement destiné à ce que des modifications de hauteurs des différentes parties de la construction soient autorisées, il ressort toutefois des pièces du dossier que les autres pièces jointes à la demande de permis de construire modificatif, en particulier le plan de masse et le plan des façades ont bien été actualisés de manière suffisamment cohérente pour tenir compte de ces différences de hauteurs à l'égout et au faîtage par rapport au projet qui a été initialement autorisé. A cet égard, si les mesures des hauteurs à l'égout et au faîtage mentionnées sur le plan de masse et le plan des façades comportent de légères différences selon les façades, il ne ressort pas des pièces du dossier que ces différences, de l'ordre de seulement quelques centimètres, aient été de nature à fausser l'appréciation portée par l'administration sur la conformité des modifications qui ont été sollicitées à la réglementation d'urbanisme applicable.

6. En deuxième lieu, si M. E et Mme A font valoir que l'intégration au sol au droit de la rue de Londres et de l'avenue de Louyat pour asseoir le projet avec un dénivelé de plus de 2,40 mètres est un " élément majeur de l'intégration paysagère " qui aurait dû être évalué et considéré par son auteur et par les services instructeurs " dès la demande de permis initial ", un tel moyen n'est pas opérant à l'appui des conclusions aux fins d'annulation du permis de construire modificatif, seul contesté dans la présente instance.

7. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que les omissions, inexactitudes ou insuffisances qui entacheraient le dossier de demande de permis de construire modificatif de la SCI Limoges Rue de Londres auraient été de nature à fausser l'appréciation portée par la commune de Limoges quant à la conformité des modifications souhaitées à la réglementation applicable en matière de circulation liée au cheminement des personnes à mobilité réduite.

8. Il résulte de ce qui a été indiqué aux points 4 à 7 que M. E et Mme A ne sont pas fondés à soutenir que le permis de construire modificatif délivré à la SCI Limoges Rue de Londres serait entaché d'illégalité en raison de l'irrégularité de la composition du dossier de demande de ce permis.

En ce qui concerne le moyen tiré de ce que les modifications envisagées sont de nature à bouleverser l'économie générale du projet :

9. L'autorité compétente, saisie d'une demande en ce sens, peut délivrer au titulaire d'un permis de construire en cours de validité un permis modificatif, tant que la construction que ce permis autorise n'est pas achevée, dès lors que les modifications envisagées n'apportent pas à ce projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même.

10. Il ne ressort pas des pièces du dossier que les modifications envisagées par la SCI Limoges Rue de Londres, telles qu'elles ressortent de son dossier de demande de délivrance d'un permis de construire modificatif, apporteraient à son projet initial un bouleversement tel qu'elles en changeraient la nature même. Dans ces conditions, à supposer le moyen soulevé, M. E et Mme A ne sont pas fondés à soutenir que, dans la mesure où ces modifications modifieraient l'économie générale du projet, ces modifications ne pouvaient donner lieu à la délivrance d'un permis de construire modificatif mais devaient faire l'objet d'une demande d'un nouveau permis de construire.

En ce qui concerne le moyen tiré de la non-conformité aux dispositions de l'article 6.2 du règlement du PLUi :

11. Aux termes du règlement du PLUi approuvé par une délibération du 26 juin 2019 du conseil communautaire de la communauté urbaine Limoges Métropole : " 6.2 Mesures en faveur de l'environnement et du maintien de la biodiversité / Des espaces paysagers végétalisés sont réalisés pour toute opération d'aménagement et de construction. / Ils veilleront à : / • favoriser les essences locales et la diversité d'espèces ; / • être simple d'entretien ; / • être peu consommateur d'eau ; / • être adaptés à leur milieu d'accueil et aux contraintes environnementales. Les espèces envahissantes sont interdites ".

12. Il ne ressort pas des pièces du dossier que les modifications autorisées par le permis de construire modificatif remettrait en cause les aménagements prévus par le projet initial tenant, entre autres, à la réalisation d'espaces végétalisés comprenant des jardins et des haies ainsi que l'implantation d'arbres d'essences essentiellement locales au niveau du parking aérien et de la façade Ouest de la résidence à construire. Mieux, il ressort des pièces du dossier que, s'agissant de cette façade Ouest, la SCI Limoges Rue de Londres entend désormais implanter quatre arbres au lieu des trois arbres prévus dans le projet initial. Par ailleurs, il ressort des termes de l'article 2 de l'arrêté du 12 juin 2023 du maire de la commune de Limoges que " les réserves énoncées dans l'arrêté du 14 octobre 2022 demeurent entièrement valables ", ce qui inclut nécessairement les prescriptions décrites dans la note établie le 14 octobre 2022 de la direction des espaces verts, de l'environnement et de la biodiversité, que le permis de construire modificatif ne méconnaît pas et auxquelles la SCI Limoges Rue de Londres doit donc se conformer. Enfin, il ne résulte ni de l'article 6.2 du règlement du PLUi ni d'une autre disposition que la SCI Limoges Rue de Londres aurait été tenue de produire " un nouvel état physique de la parcelle ". Il s'ensuit que le moyen tiré de ce que le permis de construire modificatif litigieux ne serait pas conforme à l'article 6.2 du règlement du PLUi doit être écarté.

En ce qui concerne le moyen tiré de la non-conformité aux dispositions des articles 7.2 et 7.3.2 du règlement du PLUi :

13. Aux termes du règlement du PLUi approuvé par une délibération du 26 juin 2019 du conseil communautaire de la communauté urbaine Limoges Métropole : " 7.2. Dimension minimale des aires de stationnement / Véhicules automobiles / Les aires de stationnement des véhicules automobiles comportent des places matérialisées dont les dimensions minimales sont de 5 mètres sur 2,30 mètres sauf celles situées le long des voies dont la largeur est au minimum de 2 mètres. / Les voies de dégagement des aires de stationnement ont une largeur de 5 mètres en cas de rangement perpendiculaire, de 4,5 mètres pour un rangement à 75°, de 4 mètres pour un rangement à 60° et de 3,5 mètres pour un rangement à 45°. / Vélos / Les aires de stationnement des vélos sont prévues à raison de 1,5 m² par place. Pour les immeubles d'habitations collectifs et de bureaux, elles sont situées dans les locaux réservés à cet effet ou à l'extérieur mais dans ce cas, elles seront couvertes. () / 7.3.2 - Vélos / Des stationnements pour les vélos sont prévus pour tout projet de construction neuve dans le respect de dispositions évoquées dans le tableau ci-après ". Pour les opérations de trois logements et plus, ce tableau prévoit une plage par logement.

14. D'une part, s'agissant des neuf places de stationnement pour véhicules automobiles envisagées après suppression d'une des dix places prévues dans le projet initial de construction, il ressort des pièces du dossier, et notamment du plan de masse qui est joint à la demande de permis de construire modificatif, que ces places de stationnement présentent une largeur d'au moins 2,30 mètres, conformément à l'article 7.2 du règlement du PLUi. D'autre part, s'agissant des vélos, il ressort des pièces du dossier, et notamment de la notice qui est jointe à la demande de permis de construire modificatif, que, conformément aux articles 7.2 et 7.3.2 de ce règlement, il est prévu que la résidence comprendra un local à vélo, clos et couvert situé au droit de l'accès piéton de l'immeuble, d'une surface de 28,78m², soit 1,50m² par logement. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que le permis de construire modificatif ne serait pas conforme aux articles 7.2 et 7.3.2 du règlement du PLUi doit être écarté.

15. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir opposées en défense, que M. E et Mme A ne sont pas fondés à demander l'annulation de l'arrêté du 12 juin 2023 par lequel le maire de la commune de Limoges a délivré à la SCI Limoges Rue de Londres un permis de construire modificatif.

Sur les frais liés au litige :

16. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions des parties tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Il est donné acte du désistement de M. F et de M. C.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Les conclusions présentées par la commune de Limoges sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : Ce jugement sera notifié à Mme B A, à M. G F, à M. D C, à M. H E, à la commune de Limoges et à la SCI Limoges Rue de Londres.

Délibéré après l'audience du 5 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Revel, président,

M. Boschet, premier conseiller,

M. Gazeyeff, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 septembre 2024.

Le rapporteur,

J.B. BOSCHET

Le président,

FJ. REVELLe greffier,

M. I

La République mande et ordonne

au préfet de la Haute-Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme

Pour La Greffière en Chef

La Greffière

M. I

cg

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