jeudi 11 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2301966 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | ROUX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces enregistrées le 10 novembre 2023, M. B A, représenté par Me Roux, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 26 septembre 2023, par lequel le préfet de la Haute-Vienne a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Vienne, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour et de travail d'un an dans un délai de deux mois à compter du jugement à intervenir et à titre subsidiaire de réexaminer sa situation dans le même délai ;
3°) de mettre à la charge de l'État, au bénéfice de son conseil, une somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision de refus de titre de séjour :
- elle est entachée d'un vice de forme tenant à l'absence d'avis de la commission du titre de séjour ;
- la motivation de la décision relative au défaut de visa long séjour n'est pas suffisante et ne démontre pas un réel examen ; l'autorité administrative n'a pas mis en œuvre son pouvoir de régularisation ;
- la décision méconnaît l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision méconnaît son droit à une vie privée et familiale normale protégé par le Préambule de la Constitution de 1946, le pacte international relatif aux droits civils et politiques de 1966 en son article 23, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à sa situation personnelle ;
- elle méconnaît l'article 3.1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination :
- ces décisions sont illégales en ce qu'elles portent une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale ;
- la décision désignant le pays de renvoi est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense enregistré le 29 novembre 2023, le préfet de la Haute-Vienne conclut au rejet de la requête comme non-fondée.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant sont infondés.
Un mémoire a été produit le 18 décembre 2023 par M. A.
M. A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 12 octobre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale des droits de l'enfant du 26 janvier 1990 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative ;
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Gaullier-Chatagner ;
- les observations de Me Roux, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, né en 1981 au Bangladesh, est entré sur le territoire français de façon irrégulière au mois de mars 2016 selon ses déclarations. Sa demande d'asile a été rejetée le 24 août 2017 par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides puis le 5 février 2019 par la Cour nationale du droit d'asile. Par un arrêté du 13 février 2019, il a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français qu'il n'a pas exécutée. Le 3 août 2021, il a présenté une demande de titre de séjour. Par un arrêté du 26 septembre 2023, le préfet de la Haute-Vienne a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. M. A sollicite l'annulation de cet arrêté.
Sur les décisions de refus de titre de séjour :
2. En premier lieu, il ressort de la décision attaquée que si la demande présentée par M. A au titre de son activité professionnelle a, d'abord, été examinée sur le fondement de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et rejetée en raison de son absence de visa long séjour, sa demande a ensuite, notamment, été examinée sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Sur ce fondement, le préfet de la Haute-Vienne a estimé que le requérant n'évoquait aucune considération humanitaire ou motif exceptionnel permettant son admission exceptionnelle au séjour. En outre, la décision fait état de la situation familiale du requérant, de son épouse qui a été déboutée du droit d'asile et de leur enfant, dont la naissance prématurée est mentionnée, ainsi que la circonstance qu'elle n'a pas encore débuté sa scolarité. Il ne ressort ainsi, ni de la décision, qui est suffisamment motivée, ni d'aucun élément du dossier que la demande du requérant aurait été rejetée pour le seul motif tiré de son absence de visa long séjour. Au vu des éléments précédemment développés, le requérant, qui se borne à invoquer des échanges entre une assistante sociale et les services de la préfecture et notamment un courrier du 11 avril 2023 dans lequel il indique remettre les courriers et certificats de docteurs attestant de l'état de santé et des soins nécessaires à leur enfant et ne soulève donc aucun moyen tiré de ce que les services de la préfecture auraient dû saisir le collège des médecins de l'Ofii de la situation médicale de sa fille, et qui ne soutient pas davantage expressément que sa demande de titre aurait dû être examinée sur le fondement des dispositions relatives aux parents d'enfant malade, n'est pas davantage fondé à soutenir que sa demande n'aurait pas fait l'objet d'un examen sérieux ni que le préfet n'aurait pas mis en œuvre son pouvoir général de régularisation.
3. En deuxième lieu, à supposer que le requérant ait entendu soulever un moyen tiré d'une méconnaissance de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et d'une erreur manifeste d'appréciation commise par le préfet de la Haute-Vienne, ces moyens, qui sont seulement visés dans l'un des titres de la requête, ne sont pas accompagnés des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. Au demeurant, en faisant état de ce qu'il vit en couple depuis plusieurs années et " est le père d'une enfant extrême prématurée avec ce que tout cela implique en terme de suivi pluridisciplinaire ", le requérant, qui ne démontre d'ailleurs pas avoir présenté une demande de titre de séjour en raison de l'état de santé de sa fille, âgée de quatorze mois à la date de la décision attaquée, n'établit pas que le préfet de la Haute-Vienne aurait entaché sa décision d'erreur manifeste d'appréciation ni méconnu l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Enfin, la circonstance que le requérant établisse avoir bénéficié en 2017 d'une promesse d'embauche du restaurant Vermillon, et produise une nouvelle promesse d'embauche de ce restaurant postérieure à la décision attaquée, ne suffit pas davantage à caractériser une violation de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni une erreur manifeste d'appréciation dans l'application de ces dispositions à sa situation professionnelle. Ces moyens doivent donc, en tout état de cause, être écartés.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales stipule que : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Aux termes du dixième alinéa du préambule de la Constitution du 27 octobre 1946, auquel se réfère le préambule de la Constitution du 4 octobre 1958 : " La Nation assure à l'individu et à la famille les conditions nécessaires à leur développement ". Aux termes de l'article 23 du pacte international relatif aux droits civils et politiques: " 1. La famille est l'élément naturel et fondamental de la société et a droit à la protection de la société et de l'Etat. / 2. Le droit de se marier et de fonder une famille est reconnu à l'homme et à la femme à partir de l'âge nubile. / 3. Nul mariage ne peut être conclu sans le libre et plein consentement des futurs époux. / 4. Les Etats parties au présent Pacte prendront les mesures appropriées pour assurer l'égalité de droits et de responsabilités des époux au regard du mariage, durant le mariage et lors de sa dissolution. En cas de dissolution, des dispositions seront prises afin d'assurer aux enfants la protection nécessaire ". Enfin, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine () ". Pour l'application des stipulations et des dispositions précitées, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
5. Il ressort des pièces du dossier que M. A, entré sur le territoire français de façon irrégulière au mois de mars 2016 selon ses déclarations, à l'âge de 35 ans, a formulé une demande d'asile qui a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 24 août 2017, puis par la Cour nationale du droit d'asile le 5 février 2019. Il a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français prononcée le 13 février 2019 à son encontre. Sa compagne et mère de leur enfant né de façon prématurée au mois de juillet 2022, est une ressortissante bangladaise qui réside de façon irrégulière sur le territoire et a fait l'objet d'une mesure d'éloignement prise le 18 mai 2021. Ainsi, sans qu'y fasse obstacle la circonstance que sa compagne dispose d'un rendez-vous en préfecture, le couple pourrait poursuivre sa vie familiale au Bangladesh. Par ailleurs, si M. A se prévaut d'un certificat médical délivré par un médecin du centre hospitalier de Limoges, indiquant que l'enfant du couple a présenté une extrême prématurité et que son suivi est indispensable pour surveiller la survenue de séquelles neurodéveloppementales, cette circonstance ne suffit pas à établir que la famille aurait déplacé le centre de ses intérêts privés et familiaux sur le territoire français. Pour les mêmes motifs, la circonstance que le requérant fasse l'objet d'un suivi sur le plan psychiatrique ne caractérise pas une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale. Ainsi, et en dépit de la durée significative de la présence en France du requérant et de la promesse d'embauche dont il se prévaut, M. A ne démontre pas que le préfet de la Haute-Vienne aurait porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale protégé par les stipulations et dispositions précitées. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de ce que le préfet de la Haute-Vienne aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en rejetant la demande de titre de séjour présentée par le requérant doit être écarté.
6. En quatrième lieu, aux termes du 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant du 26 janvier 1990 : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
7. La décision contestée n'a pas pour effet nécessaire de séparer l'enfant du requérant de son père, la cellule familiale pouvant se reconstituer au Bangladesh. Par ailleurs, si le requérant fait état de l'état de santé de sa fille, et si des documents ont été adressés par le centre hospitalier à la préfecture sur ce point au mois d'avril 2023, il ne ressort pas des pièces du dossier et n'est pas allégué que sa demande de titre de séjour aurait été présentée sur le fondement de l'état de santé de celle-ci, dont la naissance prématurée est bien mentionnée dans la décision attaquée. En outre, le requérant a produit plusieurs certificats médicaux faisant état de ce que la naissance de son enfant est intervenue dans un contexte de " prématurité extrême ", a été suivie de multiples chirurgies abdominales, et de ce que l'enfant fait l'objet d'une surveillance médicale à ce titre. Toutefois, un certificat médical du 15 février 2023, réalisé lors des six mois de l'enfant, fait état d'une " bonne évolution chez une ancienne prématurée ", et le certificat daté du 3 octobre 2023, qui souligne le caractère indispensable de la surveillance de l'enfant, ne précise pas la nature de ce suivi. Enfin, la circonstance invoquée selon laquelle la régularisation de son père améliorerait la situation de l'enfant au regard de la situation de précarité dans laquelle elle vit ne suffit pas à caractériser une atteinte aux dispositions de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant. Le moyen tiré de ce que la décision contestée serait contraire à l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être rejeté.
8. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour qui est saisie pour avis par l'autorité administrative : 1° Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer ou de renouveler la carte de séjour temporaire prévue aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-13, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21, L. 423-22, L. 423-23, L. 425-9 ou L. 426-5 à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance ; () / 4° Dans le cas prévu à l'article L. 435 ". Le préfet n'est tenu, en application de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de saisir la commission du titre de séjour que du cas des seuls étrangers qui remplissent effectivement les conditions permettant d'obtenir de plein droit un titre de séjour, et non de tous les étrangers qui sollicitent un tel titre. Ainsi, dès lors que le requérant n'est pas au nombre des étrangers pouvant obtenir de plein droit un des titres de séjour qui sont énumérés par ces dispositions, le préfet de la Haute-Vienne n'était pas tenu de soumettre son cas à la commission du titre de séjour avant de rejeter sa demande. Le moyen tiré du vice de procédure doit par suite être écarté.
Sur les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination :
9. En premier lieu, pour les mêmes motifs que ceux développés aux points 4 à 8 du présent jugement, le moyen tiré de ce que la décision de renvoi méconnaîtrait le droit à une vie privée et familiale du requérant doit être écarté.
10. En deuxième lieu, si M. A fait état de ce que sa demande de passeport n'a jamais reçu de réponse, cet élément, qui est relatif aux modalités d'exécution de la décision fixant le pays de destination, est sans incidence sur sa légalité.
11. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. A a présenté une demande d'asile qui a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 24 août 2017 et par la Cour nationale du droit d'asile le 5 février 2019. S'il démontre, par ailleurs, faire l'objet d'un suivi psychiatrique en raison de son vécu dans son pays d'origine, il n'établit pas, par les pièces produites et notamment des certificats médicaux selon lesquels les troubles dont il souffre sont en lien direct avec ce qu'il a vécu dans son pays d'origine et l'exposent à un risque important pour sa vie, alors par ailleurs qu'il n'a présenté à l'appui de son recours aucun moyen dirigé contre la décision du préfet rejetant sa demande de titre de séjour en raison de son état de santé, que la décision du préfet de la Haute-Vienne de fixer le Bangladesh comme pays de destination aurait des conséquences manifestement excessives sur sa situation personnelle. Le moyen tiré de ce que la décision fixant le pays de renvoi serait illégale pour ce motif doit par suite être écarté.
12. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A contre l'arrêté du 26 septembre 2023 refusant sa demande de titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français et fixant le pays de destination, ainsi que ses conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées. Par conséquent, ses conclusions fondées sur les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et les articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991 doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er: La requête de M. A est rejetée.
Article 2:Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Roux et au préfet de la Haute-Vienne.
Délibéré après l'audience du 21 décembre 2023 où siégeaient :
- M. Normand, président,
- Mme Siquier, première conseillère,
- Mme Gaullier-Chatagner, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 janvier 2024.
La rapporteure,
N. GAULLIER-CHATAGNER
Le président,
N. NORMAND
La greffière,
M. C
La République mande et ordonne
au préfet de la Haute-Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour le Greffier en Chef,
La Greffière
M. C
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026