jeudi 8 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2302096 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | PION |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 4 et 28 décembre 2023, M. A C, représenté par Me Pion, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 30 novembre 2023 par lequel le préfet de la Corrèze a fixé le pays à destination duquel la mesure d'interdiction temporaire du territoire français prononcée à son encontre serait mise à exécution ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
La décision portant obligation de quitter le territoire :
- est entachée d'un vice de procédure en l'absence d'une procédure contradictoire préalable ;
- porte une atteinte manifestement disproportionnée à son droit de mener une vie privée et familiale normale en méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 décembre 2023, le préfet de la Corrèze conclut au rejet de la requête comme non fondée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative ;
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Christophe,
- et les observations de Me Pion, représentant M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant algérien né en 1991, est entré en France à une date indéterminée. Incarcéré depuis le 23 septembre 2022, le préfet de la Corrèze a pris à son encontre un arrêté en date du 30 novembre 2023 par lequel il a fixé le pays à destination duquel il doit être renvoyé en application d'une interdiction du territoire français prononcée le 17 octobre 2022 par le tribunal correctionnel de Bayonne. Le requérant demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration fait obligation à l'autorité administrative, préalablement à l'intervention de mesures de police, de mettre à même la personne intéressée de présenter des observations écrites et, le cas échéant, sur sa demande, des observations orales en ayant la faculté de se faire assister par un conseil de son choix. Ces garanties procédurales ne peuvent être écartées que dans les cas énumérés aux 1° à 4° de l'article L. 121-2, et en particulier " en cas d'urgence " ou " lorsque leur mise en œuvre serait de nature à compromettre l'ordre public ". La décision fixant le pays à destination duquel un étranger doit être éloigné en vue de l'exécution d'une mesure judiciaire d'interdiction du territoire français constitue une mesure de police qui doit être motivée en application de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration et qui reste soumise aux dispositions précitées de l'article L. 121-1 du même code, en l'absence d'une procédure contradictoire particulière prévue avant l'édiction d'une telle décision.
3. M. C soutient qu'il n'a pas disposé du temps nécessaire pour présenter ses observations et que sa maîtrise de la langue française ne lui permettait pas de comprendre la décision envisagée ni ses motifs. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que par un courrier du 28 novembre 2023, notifié à l'intéressé le même jour, le préfet de la Corrèze l'a préalablement informé de ce qu'il envisageait de le reconduire vers l'Algérie, pays dont il a la nationalité, en application de la peine d'interdiction temporaire de cinq ans du territoire national prononcée à son encontre et l'a invité à lui faire connaître toutes les observations utiles relatives à sa situation personnelle notamment au regard d'un éventuel état de vulnérabilité ou de tout handicap. Il ressort des mentions portées sur le formulaire joint à cette invitation que, d'une part, M. C a précisé parler et lire le français et d'autre part, a indiqué : " Je suis en concubinage avec une française qui est enceinte. J'ai un gros dossier de maladie. ". Dans ces circonstances, le délai laissé à M. C pour présenter ses observations, plus de 24 heures avant l'édiction de l'arrêté attaqué, doit être regardé comme suffisant. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure en l'absence d'une procédure contradictoire préalable doit être écarté.
4. En second lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
5. Si M. C soutient que l'arrêté du 30 novembre 2023 contesté fixant son pays de destination porterait une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale, il conteste ainsi le principe de l'éloignement dont il fait l'objet qui résulte de la décision judiciaire d'interdiction du territoire français susmentionnée, et non la désignation du pays à destination duquel il sera éloigné. Dès lors, le moyen qu'il invoque tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est inopérant à l'encontre de la décision attaquée par laquelle le préfet de la Corrèze se borne à tirer les conséquences de la décision d'interdiction du territoire français définitif prise par le juge judiciaire.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 30 novembre 2023 par lequel le préfet de la Corrèze a fixé le pays à destination duquel l'interdiction temporaire du territoire français prononcée à son encontre serait mise à exécution doivent être rejetées, de même que, par voie de conséquence, les conclusions relatives aux frais d'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 :Le présent jugement sera notifié à M. A C, à Me Pion et au préfet de la Corrèze.
Délibéré après l'audience du 18 janvier 2024 où siégeaient :
- M. Normand, président,
- Mme Siquier, première conseillère,
- M. Christophe, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 février 2024.
Le rapporteur,
F. CHRISTOPHE
Le président,
N. NORMAND
La greffière,
M. B
La République mande et ordonne
au préfet de la Corrèze en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour le Greffier en Chef,
La Greffière
M. B
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026