mardi 5 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2302202 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | DUMONT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 21 décembre 2023 et le 23 janvier 2024, M. B A C, représenté par Me Dumont, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 20 décembre 2023 par lequel le préfet de la Haute-Vienne lui a retiré son titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an et a fixé le pays de renvoi ;
2°) d'annuler l'arrêté du 20 décembre 2023 par lequel le préfet de la Haute-Vienne l'a assigné à résidence dans le département de la Haute-Vienne sur la commune de Limoges, pour une période de quarante-cinq jours ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Vienne de lui restituer son titre de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros en application des articles
37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les arrêtés pris dans leur ensemble sont entachés d'incompétence.
- la décision portant retrait du titre de séjour :
- est illégale en ce que la menace à l'ordre public n'est pas établie par une seule condamnation pénale alors qu'il n'a fait l'objet d'aucune poursuite pénale ni de condamnation antérieure, qu'il est inséré socialement et que son épouse n'a pas l'intention de divorcer et entend demander une main levée de l'interdiction de contact prononcée par le tribunal ;
- porte une atteinte grave et disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Les décisions portant obligation de quitter le territoire français, interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an et fixation du pays de renvoi sont illégales en raison de l'illégalité de la décision portant retrait de son titre de séjour.
La décision portant assignation à résidence :
- est illégale en raison de l'illégalité des décisions précédentes ;
- est entachée d'un vice de procédure pour non-respect du principe du contradictoire ;
- est insuffisamment motivée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 décembre 2023, le préfet de la Haute-Vienne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de M. A C n'est fondé.
M. A C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 16 janvier 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative ;
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Crosnier a été entendu au cours de l'audience publique à laquelle les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
Sur l'étendue du litige :
1. Par un jugement du 27 décembre 2023, le magistrat désigné par le président du tribunal a, d'une part, refusé d'accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire à M. A C, rejeté ses conclusions à fin d'annulation des arrêtés du 20 décembre 2023 du préfet de la Haute-Vienne en tant qu'ils ont obligé M. A C à quitter le territoire français sans délai, ont fixé le pays de renvoi, l'ont interdit de retour pour une durée d'un an et l'ont assigné à résidence pour une durée de 45 jours et, d'autre part, a renvoyé à une formation collégiale du tribunal l'examen des conclusions dirigées contre la décision de retrait de titre de séjour ainsi que les conclusions aux fins d'injonction afférentes à cette décision.
2. Par suite, il n'y a lieu, dans la présente instance, que de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation de la décision portant retrait du titre de séjour contenue dans l'arrêté du 20 décembre 2023 et sur les conclusions accessoires afférentes.
Sur la décision portant retrait de titre de séjour :
3. Aux termes de l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger marié avec un ressortissant français, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an lorsque les conditions suivantes sont réunies : / 1° La communauté de vie n'a pas cessé depuis le mariage ; / 2° Le conjoint a conservé la nationalité française ; / 3° Lorsque le mariage a été célébré à l'étranger, il a été transcrit préalablement sur les registres de l'état civil français. ". Aux termes de l'article L. 423-3 du même code : " Lorsque la rupture du lien conjugal ou la rupture de la vie commune est constatée au cours de la durée de validité de la carte de séjour prévue aux articles L. 423-1 ou L. 423-2, cette dernière peut être retirée. () " L'article L. 432-4 de ce code dispose : " Une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle peut, par une décision motivée, être retirée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public. "
4. Il ressort des pièces du dossier que, suite à son mariage célébré la 14 mai 2022 avec une ressortissante française, M. A C s'est vu délivrer une carte de séjour temporaire d'une durée d'un an valable jusqu'au 31 mars 2024. Par son arrêté du 20 décembre 2023, le préfet de la Haute-Vienne a procédé au retrait de ce titre de séjour au motif que l'intéressé ne remplissait plus les conditions exigées par le 1° de l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et qu'il constituait une menace pour l'ordre public.
5. D'une part, si M. A C soutient que ce risque n'est pas avéré, il ressort toutefois des pièces du dossier qu'il a été condamné le 4 octobre 2023 par le tribunal judiciaire de Limoges à une peine de quatre mois d'emprisonnement et incarcéré à cette même date pour des faits de rébellion et de violence suivie d'incapacité n'excédant pas 8 jours par une personne étant ou ayant été conjoint, concubin, ou partenaire lié à la victime par un pacte de solidarité. Depuis cette condamnation, M. A C a interdiction pendant deux ans non seulement d'entrer en relation avec son épouse mais également de paraître sur les lieux de son domicile. Cette dernière a déclaré lors de son audition dans le cadre de son dépôt de plainte le 2 octobre 2023 avoir été victime de violences sexuelles, verbales et psychologiques de la part du requérant. Par suite, eu égard à la gravité des faits dont il s'agit et nonobstant la circonstance que l'épouse du requérant souhaiterait que son titre de séjour lui soit renouvelé, qu'il bénéficie d'une promesse d'embauche pour un contrat de travail à durée déterminée et qu'il aurait entrepris une thérapie, le préfet a fait une exacte application des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile citées au point 3 pour retirer le titre de séjour de M. A C en considérant que la communauté de vie était rompue du fait de sa condamnation et qu'il présentait une menace pour l'ordre public.
6. D'autre part, si le requérant soutient que la décision de retrait de son titre de séjour méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, il ressort des pièces du dossier qu'il est arrivé récemment en France, qu'il ne justifie pas de son insertion sociale et professionnelle, n'établit ni même n'allègue ne plus disposer de liens familiaux dans son pays d'origine, la Tunisie, où vivent ses parents et dans lequel il a vécu jusqu'à l'âge de vingt-six ans, et qu'il vit séparé de son épouse pour les raisons rappelées au point précédent. Dans ces conditions, il n'est pas fondé à soutenir que la décision contestée porte au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A C contre la décision du 20 décembre 2023 par laquelle le préfet de la Haute-Vienne a procédé au retrait de son titre de séjour, doivent être rejetées. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction, ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que celles présentées au titre des frais d'instance doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Les conclusions de M. A C tendant à l'annulation de la décision du 20 décembre 2023 par laquelle le préfet de la Haute-Vienne a procédé au retrait de son titre de séjour sont rejetées.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A C et au préfet de la Haute-Vienne.
Délibéré après l'audience du 13 février 2024, à laquelle siégeaient :
M. Artus, président,
M. Crosnier, premier conseiller,
M. Martha, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 mars 2024.
Le rapporteur,
Y. CROSNIER
Le président,
D. ARTUSLa greffière,
G. JOURDAN-VIALLARD
La République mande et ordonne
au préfet de la Haute-Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
Pour la Greffière en Chef,
La greffière,
M. D
mf
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026