LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA87-2302204

Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2302204

mardi 2 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2302204
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantBERSAT SANDRINE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 22 décembre 2023, M. A C, représenté par Me Bersat, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 22 novembre 2023, par lequel le préfet de la Corrèze a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a assorti d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et lui a fixé le pays de renvoi ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Corrèze de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois à compter du jugement à intervenir et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761 - 1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

En ce qui concerne la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour :

- il n'est pas justifié de la compétence du signataire de cette décision ;

- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que, d'une part, le préfet s'est fondé sur une version abrogée des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et, d'autre part, qu'il a examiné sa demande de titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et non sur celles de l'article L. 423-23 du même code ;

- elle est entachée d'une erreur matérielle ce qui révèle un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;

- le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation en estimant que le refus de titre de séjour ne portait pas une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

- elle est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour.

Par un mémoire en défense, enregistré le 2 février 2024, le préfet de la Corrèze conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Un mémoire produit par M. C a été enregistré postérieurement à la clôture d'instruction fixée au 16 janvier 2024 et n'a pas été communiqué.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- l'accord franco-tunisien en matière de séjour et de travail du 17 mars 1988 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Chambellant,

- les conclusions de M. Slimani, rapporteur public,

- et les observations de Me Bersat, représentant M. C.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, ressortissant tunisien né le 21 juillet 1980, est entré régulièrement en France le 24 mai 2018 muni d'un visa de court séjour d'une durée d'un mois. Il s'est par la suite maintenu irrégulièrement sur le territoire national. Il a sollicité le 17 janvier 2023 la délivrance d'un titre de séjour. Par un arrêté du 22 novembre 2023, le préfet de la Corrèze a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Il sollicite l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions dirigées contre la décision portant refus de titre de séjour :

2. En premier lieu, M. Jean-Luc Tarrega, secrétaire général de la préfecture de la Corrèze et signataire de l'arrêté contesté, bénéficie d'une délégation de signature du préfet de la Corrèze en date du 8 septembre 2022, régulièrement publiée au recueil des actes administratifs spécial n° 19-2022-084 du même jour, à l'effet de signer " tous arrêtés, décisions, circulaires, rapports, correspondances et documents relevant des attributions de l'Etat dans le département de la Corrèze () " à l'exception de certains actes limitativement énumérés au nombre desquels ne figurent pas les décisions portant obligation de quitter le territoire français. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision en cause doit être écarté.

3. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué énonce les considérations de droit et de fait qui constituent le fondement des décisions qu'il comporte. Si la décision mentionne à tort l'identité d'un tiers, le nom de M. C étant cité à plus de dix reprises, cette erreur matérielle n'a pas été de nature à faire douter du destinataire de la mesure ou à établir un examen insuffisant. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle doit être écarté.

4. En troisième lieu, aux termes de l'article 3 de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 en matière de séjour et de travail : " Les ressortissants tunisiens désireux d'exercer une activité professionnelle salariée en France, pour une durée d'un an au minimum, et qui ne relèvent pas des dispositions de l'article 1er du présent accord, reçoivent, après contrôle médical et sur présentation d'un contrat de travail visé par les autorités compétentes, un titre de séjour valable un an renouvelable et portant la mention " salarié " ". Aux termes du premier alinéa de l'article 11 du même accord : " Les dispositions du présent Accord ne font pas obstacle à l'application de la législation des deux États sur le séjour des étrangers sur tous les points non traités par l'Accord ". Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en vigueur à la date de l'arrêté contesté : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. () ".

5. L'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, portant sur la délivrance des catégories de cartes de séjour temporaires prévues par les dispositions auxquelles il renvoie, n'institue pas une catégorie de titres de séjour distincte, mais est relatif aux conditions dans lesquelles les étrangers peuvent être admis à séjourner en France, soit au titre de la vie privée et familiale, soit au titre d'une activité salariée. Dès lors que l'article 3 de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 prévoit la délivrance de titres de séjour au titre d'une activité salariée, un ressortissant tunisien souhaitant obtenir un titre de séjour au titre d'une telle activité ne peut utilement invoquer les dispositions de l'article L. 435-1 précité à l'appui d'une demande d'admission au séjour sur le territoire national, s'agissant d'un point déjà traité par cet accord. Toutefois, les stipulations de ce dernier n'interdisent pas à l'autorité administrative, dans l'exercice du pouvoir discrétionnaire dont elle dispose sur ce point, d'apprécier, en fonction de l'ensemble des éléments de la situation personnelle de l'intéressé, l'opportunité d'une mesure de régularisation à un ressortissant tunisien qui ne remplirait pas les conditions auxquelles est subordonnée la délivrance de plein droit d'un titre de séjour en qualité de salarié.

6. D'une part, la situation de M. C, au regard du droit au séjour, est entièrement régie par l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 susvisé, de sorte qu'il ne saurait utilement se prévaloir de cet article L. 435-1. D'autre part, il ressort de la lecture de l'arrêté contesté qu'après avoir retenu que M. C ne disposait pas du visa de long séjour requis pour se voir délivrer un titre de séjour portant la mention " salarié " au titre de l'article 3 de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988, le préfet de la Corrèze a cité de façon surabondante et erronée les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en vigueur jusqu'au 26 août 2021. Toutefois, cet élément est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée.

7. Par ailleurs, si M. C fait valoir que le préfet de la Corrèze a examiné à tort sa demande de délivrance d'un titre de séjour sous l'angle " salarié ", il résulte des dispositions précitées que les stipulations de l'accord franco-tunisien n'interdisent pas au préfet de délivrer un titre de séjour à un ressortissant tunisien qui ne remplit pas l'ensemble des conditions auxquelles est subordonnée sa délivrance de plein droit. Il appartient au préfet, dans l'exercice du pouvoir discrétionnaire dont il dispose sur ce point, d'apprécier, en fonction de l'ensemble des éléments de la situation personnelle de l'intéressé, l'opportunité d'une mesure de régularisation. Il ressort des pièces du dossier ainsi que des écritures du requérant qu'un pan déterminant de sa demande de titre de séjour est relatif à son insertion professionnelle sur le territoire français. Il a ainsi produit à l'appui de sa demande un contrat de travail à durée indéterminée conclu le 7 septembre 2022 en qualité d'ouvrier plaquiste ainsi que son certificat d'aptitude professionnelle dans la spécialité " Bâtiment ". C'est donc sans méconnaissance de son pouvoir de régularisation que le préfet de la Corrèze a examiné la situation du requérant sous l'angle de l'insertion professionnelle.

8. En quatrième et dernier lieu, si M. C est entré en France le 24 mai 2018, sous couvert d'un visa court séjour, il ne justifie plus de la régularité de son séjour depuis l'échéance de ce visa. L'intéressé, qui est célibataire et n'a pas d'enfant, se prévaut de la présence en France de plusieurs membres de sa famille dont son père, âgé de 80 ans. Si M. C évoque le besoin d'assistance de ce dernier et produit à l'appui de cette allégation un certificat médical en date du 15 octobre 2021 relatif à son état de santé, ce certificat ne permet pas d'établir de façon probante l'aide et l'assistance indispensable de l'intéressé auprès de son père. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que son père ne pourrait pas bénéficier d'une assistante de vie. Au surplus, le requérant ne démontre pas qu'il serait dénué de liens dans son pays d'origine. Dans ces conditions, le requérant ne démontre pas, en dépit de l'activité professionnelle dont il se prévaut, qu'il aurait transféré le centre de ses intérêts privés et familiaux sur le territoire français. Par suite, les moyens tirés de ce que le préfet de la Corrèze aurait porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale et méconnu les dispositions de l'article

L. 423-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent également être écartés. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de l'arrêté litigieux sur sa situation personnelle doit être écarté.

9. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé, au regard de son dossier de demande de titre de séjour, à solliciter l'annulation de la décision refusant de lui délivrer un titre de séjour, appréciée à la date à laquelle elle a été prise.

Sur les conclusions dirigées contre la décision portant obligation de quitter le territoire français :

10. La décision de refus de séjour n'étant pas illégale, M. C n'est pas fondé à invoquer son illégalité par voie d'exception à l'encontre de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français.

11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. C contre l'arrêté du 22 novembre 2023 doivent être rejetées. En conséquence, ses conclusions à fin d'injonction, ainsi que celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, doivent également être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er: La requête de M. C est rejetée.

Article 2:Le présent jugement sera notifié à M. A C, à Me Bersat et au préfet de la Corrèze.

Délibéré après l'audience du 14 mars 2024 où siégeaient :

- M. Artus, président,

- M. Christophe, premier conseiller,

- Mme Chambellant, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 avril 2024.

La rapporteure,

J. CHAMBELLANT

Le président,

D. ARTUS

La greffière,

M. B

La République mande et ordonne

au préfet de la Corrèze en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme

Pour le Greffier en Chef

La Greffière

A. BLANCHON

lg

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions