jeudi 14 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2400043 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | RICHARD MAËVA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 janvier 2024, Mme C A épouse D, représentée par Me Richard, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 22 novembre 2023 par lequel le préfet de la Corrèze a refusé de lui délivrer un certificat de résidence et a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Corrèze de réexaminer sa demande de titre de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat, au bénéfice de son conseil, une somme de 1 000 euros sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
Sur le refus de titre de séjour :
- c'est au prix d'une erreur manifeste d'appréciation que le préfet de la Corrèze a refusé de faire application du pouvoir général de régularisation qu'il tient de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; elle dispose d'un haut niveau d'études et de compétences professionnelles particulièrement intéressantes ;
- cette décision méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales au vu de l'intensité et de l'ancienneté de ses attaches privées et familiales sur le territoire français.
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
- cette décision est illégale en raison de l'illégalité du refus de séjour sur lequel elle se fonde ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 8 février 2024, le préfet de la Corrèze conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par la requérante n'est fondé.
Mme D a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 14 décembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Gaullier-Chatagner a été entendu au cours de l'audience publique à laquelle aucune des parties n'était présente ou représentée.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D, ressortissante algérienne née en 1985, est entrée en France au mois de décembre 2016 munie d'un visa de court séjour. Elle a sollicité la délivrance d'un certificat de résidence en faisant valoir ses attaches familiales en France. Par un arrêté du 22 novembre 2023, le préfet de la Corrèze a refusé de faire droit à cette demande, a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Mme D demande l'annulation de cet arrêté.
Sur la décision de refus de titre de séjour :
2. En premier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
3. Il ressort des pièces du dossier que Mme D réside sur le territoire français depuis le mois de décembre 2016, soit sept ans à la date de la décision attaquée, durée pendant laquelle elle s'est maintenue sur le territoire sans solliciter son admission au séjour. Elle a épousé le 2 octobre 2021, soit deux ans avant la décision attaquée, M. D, ressortissant algérien en situation régulière sur le territoire. Si elle soutient avoir entamé une vie commune à compter du mois d'octobre 2020 avec ce dernier et son fils, avec lequel elle a noué des liens d'affection profonds, cette communauté de vie n'est étayée que par des attestations peu circonstanciées de membres de sa famille et de voisins, et ne peut dès lors être regardée comme établie à cette date. En outre, si Mme D se prévaut d'un suivi médical dans le but d'avoir un enfant, elle ne produit en ce sens qu'un unique courrier médical du mois de juin 2022, l'adressant à un centre hospitalier à la suite d'un premier bilan d'infertilité, sans faire état d'un traitement récent que son éloignement rendrait impossible. Enfin, l'intéressée ne démontre pas être dépourvue d'attaches dans son pays d'origine, où elle a vécu jusqu'à ses 32 ans. Dans ces conditions, en l'absence d'obstacle à ce que le couple soit temporairement séparé durant l'instruction d'une demande de regroupement familial, et en dépit de l'investissement de la requérante dans des activités associatives et afin d'obtenir des diplômes d'études en langue française, le préfet de la Corrèze n'a pas porté une atteinte disproportionnée au droit de la requérante de mener une vie privée et familiale normale. Le moyen tiré d'une méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit par suite être écarté.
4. En deuxième lieu, l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui régit l'admission exceptionnelle au séjour des ressortissants étrangers, prévoit qu'une carte de séjour temporaire peut être délivrée à l'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir. Cet article, dès lors qu'il est relatif aux conditions dans lesquelles les étrangers peuvent être admis à séjourner en France, ne s'applique pas aux ressortissants algériens, dont la situation est régie de manière exclusive par l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. Cependant, bien que cet accord ne prévoie pas de semblables modalités d'admission exceptionnelle au séjour, un préfet peut délivrer un certificat de résidence à un ressortissant algérien qui ne remplit pas l'ensemble des conditions auxquelles est subordonnée sa délivrance de plein droit et il dispose à cette fin d'un pouvoir discrétionnaire pour apprécier, compte tenu de l'ensemble des éléments de la situation personnelle de l'intéressé, l'opportunité d'une mesure de régularisation.
5. Il ressort des pièces du dossier et des éléments développés au point 3 du présent jugement que la requérante ne fait valoir aucun motif exceptionnel ou considération humanitaire qui justifierait, au titre de sa vie privée et familiale, une admission exceptionnelle au séjour. Par ailleurs, en ce qui concerne sa situation professionnelle, Mme D se borne à faire état du diplôme de chirurgien-dentiste qu'elle a obtenu en 2009 à Alger, ainsi qu'à des " démarches " effectuées pour obtenir la reconnaissance de son diplôme. Toutefois, celles-ci ne sont pas précisées ni justifiées. Dans ces conditions, les éléments avancés par la requérante au titre de sa situation familiale et de sa situation professionnelle ne suffisent pas à démontrer que le préfet, dont il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il n'aurait pas exercé son pouvoir de régularisation, aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en refusant le titre sollicité au titre de son pouvoir de régularisation. Le moyen doit par suite être écarté.
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
6. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'exception d'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
7. En second lieu, et pour les mêmes motifs que ceux développés aux points 2 et 3 du présent jugement, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales soulevé à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire doit être écarté.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 22 novembre 2023 par lequel le préfet de la Corrèze a refusé de délivrer à Mme D un certificat de résidence et a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles aux fins d'injonction sous astreinte ainsi que celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er: La requête de Mme D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A épouse D, à Me Richard et au préfet de la Corrèze.
Délibéré après l'audience du 15 février 2024 où siégeaient :
- M. Normand, président,
- Mme Siquier, première conseillère,
- Mme Gaullier-Chatagner, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 mars 2024.
La rapporteure,
N. GAULLIER-CHATAGNER
Le président,
N. NORMAND
La greffière,
M. B
La République mande et ordonne
au préfet de la Corrèze en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour Le greffier en chef,
La Greffière,
M. B
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026