mardi 23 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2400087 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | PION |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête enregistrée le 16 janvier 2024 sous le n° 2400086, et des pièces complémentaires enregistrées le 18 janvier 2024, M. D C, représenté par Me Pion, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 14 janvier 2024 par lequel le préfet de la Haute-Vienne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et prolongé l'interdiction de retour sur le territoire français initiale du 22 novembre 2019 d'une durée d'un an ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Vienne de procéder au réexamen de sa situation personnelle, dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des article 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
En ce qui concerne l'arrêté pris dans son ensemble :
- il a été pris par une autorité incompétente ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire :
- la décision a été prise en violation du principe relatif au droit d'être entendu ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et porte une atteinte disproportionnée à son droit de mener une vie privée et familiale normale en France ;
- sa situation lui permet de prétendre à une admission exceptionnelle au séjour en application des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :
- la décision est entachée d'erreur de droit dès lors que le préfet a lié cette interdiction à l'obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et porte une atteinte disproportionnée à son droit de mener une vie privée et familiale normale en France.
Par un mémoire enregistré le 22 janvier 2024, le préfet de la Haute-Vienne conclut au rejet de la requête comme non fondée.
M. C a déposé une demande d'aide juridictionnelle le 15 janvier 2024 sur laquelle il n'a pas encore été statuée.
II. Par une requête, enregistrée le 16 janvier 2024 sous le n° 2400087, et des pièces complémentaires enregistrées le 18 janvier 2024, M. D C, représenté par Me Pion, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 14 janvier 2024 par lequel le préfet de la Haute-Vienne l'a assigné à résidence dans ce département, sur le territoire de la commune de Limoges, pour une durée de quarante-cinq jours ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Vienne de procéder au réexamen de sa situation personnelle, dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'arrêté a été pris par une autorité incompétente ;
- il a été pris en violation du principe relatif au droit d'être entendu ;
- il méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et porte une atteinte disproportionnée à son droit de mener une vie privée et familiale normale en France ;
- sa situation lui permet de prétendre à une admission exceptionnelle au séjour en application des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire enregistré le 22 janvier 2024, le préfet de la Haute-Vienne conclut au rejet de la requête comme non fondée.
M. C a déposé une demande d'aide juridictionnelle le 15 janvier 2024 sur laquelle il n'a pas encore été statuée.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Siquier, première conseillère, pour exercer les pouvoirs qui lui sont conférés par les articles L. 776-1, R. 776-1, R. 776-15 et R. 777-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique à laquelle le préfet de la Haute-Vienne n'était ni présent, ni représenté :
- le rapport de Mme Siquier, première conseillère,
- les observations de Me Pion, représentant M. C, qui reprend et développe les moyens présentés dans ses écritures et fait valoir en outre que :
- M. C n'a pas osé lors de son audition par les forces de police indiquer qu'il travaillait de façon déclarée, au moyen d'un faux titre de séjour ; il n'a pu être assisté d'un avocat en vue d'être conseillé au regard de sa situation particulière et des risques encourus ;
- il donne entière satisfaction à son employeur qui l'accompagne dans toutes ses démarches et s'engage à le recruter en contrat à durée indéterminée dès que sa situation au regard du séjour sera régularisée ; en cas de renvoi dans son pays d'origine son employeur est prêt à solliciter un titre de long séjour salarié ;
- le frère de M. C, militaire, a été tué par un groupe terroriste ; M. C devait lui aussi effectuer son service militaire et est considéré en Algérie comme déserteur ;
- M. C n'est pas convoqué ce jour par le tribunal judiciaire suite à l'infraction routière qu'il a commise ; il n'a jusque là jamais été poursuivi et ne représente pas une menace à l'ordre public ;
- les décisions attaquées sont disproportionnées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
Sur la jonction :
1. Les requêtes n° 2400086 et n° 2400087 sont relatives à la situation du même requérant et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu, par suite, de les joindre pour y statuer par un seul jugement.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président () ". Aux termes de l'article 61 du décret n° 2020-1717 : " L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ".
3. En application des dispositions précitées, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer l'admission du requérant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne les deux arrêtés du 14 janvier 2024 en litige pris dans leur ensemble :
4. En premier lieu, Mme E, sous-préfète de Bellac et signataire de l'arrêté en litige, bénéficie d'une délégation de signature du préfet de la Haute-Vienne qui lui a été conférée par un arrêté n° 87-2023-08-21-00005 du 21 août 2023 publié au recueil des actes administratifs spécial le même jour, à l'effet notamment de signer dans le cadre de ses permanences " les arrêtés, décisions et actes pris sur le fondement du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ". Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté en litige manque en fait et doit être écarté.
5. En second lieu, ainsi que la Cour de justice de l'Union européenne l'a jugé, notamment par son arrêt C-383/13 M. A, N. R./Staatssecretaris van Veiligheid en Justitie du 10 septembre 2013, les auteurs de la directive du 16 décembre 2008, s'ils ont encadré de manière détaillée les garanties accordées aux ressortissants des Etats tiers concernés par les décisions d'éloignement ou de rétention, n'ont pas précisé si et dans quelles conditions devait être assuré le respect du droit de ces ressortissants d'être entendus, qui fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union européenne. Si l'obligation de respecter les droits de la défense pèse en principe sur les administrations des Etats membres lorsqu'elles prennent des mesures entrant dans le champ d'application du droit de l'Union, il appartient aux Etats membres, dans le cadre de leur autonomie procédurale, de déterminer les conditions dans lesquelles doit être assuré, pour les ressortissants des Etats tiers en situation irrégulière, le respect du droit d'être entendu. Ce droit, qui se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts, ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente est tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause.
6. Dans le cadre ainsi posé, et s'agissant plus particulièrement des décisions relatives au séjour des étrangers, la Cour de justice de l'Union européenne a jugé, dans ses arrêts C-166/13 Sophie Mukarubega du 5 novembre 2014 et C-249/13 Khaled Boudjlida du 11 décembre 2014, que le droit d'être entendu préalablement à l'adoption d'une décision de retour implique que l'autorité administrative mette le ressortissant étranger en situation irrégulière à même de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur l'irrégularité du séjour et les motifs qui seraient susceptibles de justifier que l'autorité s'abstienne de prendre à son égard une décision de retour. Ce droit n'implique toutefois pas que l'administration ait l'obligation de mettre l'intéressé à même de présenter ses observations de façon spécifique sur la décision l'obligeant à quitter le territoire français, dès lors qu'il a pu être entendu sur l'irrégularité du séjour ou la perspective de l'éloignement.
7. Enfin, il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne, notamment de son arrêt du 10 septembre 2013, que toute irrégularité dans l'exercice des droits de la défense lors d'une procédure administrative concernant un ressortissant d'un pays tiers en vue de son éloignement ne saurait constituer une violation de ces droits et, en conséquence, que tout manquement, notamment, au droit d'être entendu n'est pas de nature à entacher systématiquement d'illégalité la décision prise. Il revient à l'intéressé d'établir devant le juge chargé d'apprécier la légalité de cette décision que les éléments qu'il n'a pas pu présenter à l'administration auraient pu influer sur le sens de cette décision et il appartient au juge saisi d'une telle demande de vérifier, lorsqu'il estime être en présence d'une irrégularité affectant le droit d'être entendu, si, eu égard à l'ensemble des circonstances de fait et de droit spécifiques de l'espèce, cette violation a effectivement privé celui qui l'invoque de la possibilité de mieux faire valoir sa défense dans une mesure telle que cette procédure administrative aurait pu aboutir à un résultat différent.
8. En l'espèce, il ressort du procès-verbal d'audition de M. C du 14 janvier 2024 dressé à la suite de son interpellation que le requérant a été à même de préciser les conditions de son entrée et de son séjour en France, d'exposer sa situation personnelle. Interrogé sur l'éventualité d'un retour dans son pays d'origine, il a affirmé qu'il refuserait d'y retourner, expliquant que " son frère s'est fait tuer au bled par des terroristes " et qu'il avait " peur pour sa vie ", sans autre précision. Il n'a pas exprimé lors de cette audition de demande afin d'être assisté par un conseil. En tout état de cause, il ressort des pièces du dossier, notamment du contrat de travail à durée déterminée pour la période allant du 19 septembre 2022 au 18 mars 2023 et des fiches de paie, que la profession de responsable d'atelier qu'exerce le requérant à temps partiel ne lui procure qu'un salaire mensuel d'environ 1 000 euros. Dès lors, et en dépit de la promesse d'embauche confirmée lors de l'audience par l'employeur, qui loue les qualités de son employé, en cas de régularisation de la situation du requérant au regard du séjour, et eu égard à la situation personnelle de M. C qui est célibataire et sans charge de famille, les éléments dont se prévaut l'intéressé dans la présente instance ne sont pas susceptibles, eu égard à l'examen particulier mené en l'espèce par l'autorité préfectorale, d'aboutir à un résultat différent et, ainsi, d'affecter le sens des décisions contestées. Si le requérant précise à l'audience qu'il n'a pas effectué son service militaire, son frère ayant été tué par un groupe terroriste alors qu'il était lui-même miliaire, il ne l'établit pas. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du principe général du droit d'être entendu doit être écarté.
9. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Pour l'application des stipulations précitées, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
10. M. C, ressortissant algérien né en 1993 à Sidi Lakhdar, est entré irrégulièrement sur le territoire français, selon ses dires, en octobre 2018. Sa demande d'asile a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 26 août 2019. Il n'a engagé depuis, aucune démarche en vue de régulariser son séjour en France. Le préfet de la Haute-Vienne lui a fait obligation de quitter le territoire français le 22 novembre 2019 et le requérant n'a pas exécuté cette mesure. Il est célibataire, sans enfant et n'établit ni même ne soutient entretenir des liens d'une particulière intensité, pas plus qu'il ne prouve être dépourvu de tout lien familial en Algérie où ce dernier a vécu jusqu'à l'âge de 25 ans et où vivent ses parents et une de ses sœurs. En outre, la promesse d'embauche dont se prévaut le requérant n'est pas de nature à prouver, à elle seule, que le requérant aurait transféré en France le centre de ses intérêts personnels et familiaux. Dans ces conditions, le préfet de la Haute-Vienne, en prenant les décisions attaquées, n'a pas porté une atteinte disproportionnée au respect de son droit à sa vie privée et familiale. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
11. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. (). ".
12. Il ressort des pièces du dossier qu'à la date des décisions attaquées du 14 janvier 2024, M. C n'a présenté aucune demande de titre de séjour et qu'il a seulement obtenu, le 16 janvier 2024, postérieurement aux arrêtés contestés, un rendez-vous en préfecture " pour première demande de titre de séjour " fixé au 20 février 2024. Dans ces conditions, et alors que les arrêtés en cause n'ont pas pour objet de refuser la délivrance d'un tel titre, il ne peut utilement se prévaloir des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui, en tout état de cause, ne permet pas la délivrance d'un titre de séjour de plein droit.
En ce qui concerne la prolongation de l'interdiction de retour sur le territoire français :
13. Il ressort des pièces du dossier et des déclarations de l'employeur de M. C lors de l'audience que ce dernier l'accompagne dans les démarches engagées par le requérant en vue d'obtenir la régularisation de son titre de séjour et qu'il s'engage par ailleurs, en cas de renvoi dans son pays d'origine, à solliciter un visa de long séjour " salarié ", qu'il rassemble à l'appui de ces démarches un ensemble de témoignages et que son expert-comptable prépare un document pour attester d'une promesse d'embauche en contrat à durée indéterminée. Dans ces conditions, la prolongation de l'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'une année supplémentaire et alors qu'il ne ressort d'aucune des pièces du dossier que M. C représenterait une menace pour l'ordre publique est disproportionnée et doit, par suite, être annulée.
14. Il résulte de ce qui précède qu'à l'exception de celles dirigées contre la décision du 14 janvier 2024 prononçant une prolongation de l'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an, les conclusions aux fins d'annulation présentées par M. C doivent être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction sous astreinte :
15. Le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Dès lors, les conclusions de la requête aux fins d'injonction sous astreinte doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
16. M. C ayant été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire, son avocate peut donc se prévaloir des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Pion, avocate de M. C, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État et sous réserve de l'admission définitive de son client à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'État, dans les circonstances de l'espèce, le versement à Me Pion de la somme de 1 500 euros. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. C par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1 500 euros sera versée à M. C.
D E C I D E :
Article 1er: M. C est admis à titre provisoire à l'aide juridictionnelle.
Article 2: La décision du 14 janvier 2024 portant prolongation pour une durée d'un an de l'interdiction de retour sur le territoire français est annulée.
Article 3: Sous réserve de l'admission définitive de M. C à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Pion renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, ce dernier versera à Me Pion, avocat de M. C, la somme de 1 500 (mille cinq cents) euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. C par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1 500 (mille cinq cents) euros sera versée à M. C.
Article 4: Le surplus des conclusions est rejeté.
Article 5: Le présent jugement sera notifié à M. D C, à Me Pion et au préfet de la Haute-Vienne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 janvier 2024 à 11h00.
La magistrate désignée,
H. SIQUIERLa greffière,
M. B
La République mande et ordonne
au préfet de la Haute-Vienne en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour Le greffier en chef,
La Greffière
M. B
Nos 2400086,2400087
if
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026