mercredi 28 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2400239 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | GUILMAIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 13 février 2024, M. C E, représenté par Me Mons-Bariaud, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 10 octobre 2023 par laquelle le directeur de l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) " Suzanne Valadon " de Bessines-sur-Gartempe n'a pas reconnu comme imputable au service l'accident du 7 juin 2021 et l'a maintenu en congé de longue durée pour la période du 23 août 2021 au 22 février 2024 inclus, ainsi que de la décision du 13 décembre 2023 rejetant son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre à l'Ehpad " Suzanne Valadon " de procéder au réexamen de sa situation ;
3°) de mettre à la charge de cet établissement une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie eu égard à la circonstance que son congé de longue durée a débuté le 23 août 2021 et doit s'achever le 22 février 2024 ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité des décisions contestées :
' elles sont insuffisamment motivées en ce que leur auteur n'a pas précisé les raisons pour lesquelles il s'est écarté de l'avis favorable rendu par le conseil médical ;
' elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il n'a pas commis de faute personnelle détachable du service ;
' elles sont entachées d'une erreur de droit dès lors qu'il disposait d'un délai de deux ans à compter de la date de la première constatation de sa maladie pour transmettre sa déclaration.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 février 2024, l'Ehpad " Suzanne Valadon ", représenté par Me Guilmain, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. E au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- la condition d'urgence n'est pas satisfaite dès lors que, d'une part, le requérant ne produit aucune pièce permettant d'apprécier sa situation financière et que, d'autre part, son congé de longue durée a été prolongé du 23 février au 22 août 2024 inclus, période durant laquelle il continue de percevoir son plein traitement, de sorte que les décisions contestées n'ont pas pour effet de l'exposer de manière grave et immédiate à une quelconque diminution de ses revenus ;
- aucun des moyens soulevés n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 13 février 2024 sous le n° 2400238 par laquelle M. E demande l'annulation des décisions attaquées.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les observations de Me Mons-Bariaud, représentant M. E, qui reprend ses écritures et confirme que le congé de longue durée de celui-ci a été reconduit jusqu'au 22 août 2024, ajoutant à cet égard que si l'urgence à suspendre l'exécution des décisions litigieuses n'est pas financière, elle est néanmoins morale ;
- et les observations de M. D, représentant l'Ehpad " Suzanne Valadon ".
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique ".
2. M. E, agent des services hospitaliers, est affecté à l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) " Suzanne Valadon " de Bessines-sur-Gartempe. Le 7 juin 2021, il a été reçu par le directeur de cet établissement qui lui a notifié sa décision de le suspendre de ses fonctions à titre conservatoire. M. E a ensuite été placé en arrêt maladie à compter du 23 août 2021, se voyant octroyer, sur sa demande, un congé de longue maladie puis un congé de longue durée. Par une décision du 13 décembre 2023, le directeur de l'Ehpad " Suzanne Valadon " n'a pas reconnu comme imputable au service l'accident dont M. E a déclaré avoir été victime le 7 juin 2021 et a maintenu celui-ci en congé de longue durée pour la période du 23 août 2021 au 22 février 2024 inclus. Le recours gracieux formé par l'intéressé à l'encontre de cette décision a été rejeté par une décision du 10 octobre suivant. Par la présente requête, M. E demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de ces deux décisions.
Sur le cadre juridique applicable au litige :
3. Aux termes de l'article L. 822-18 du code général de la fonction publique : " Est présumé imputable au service tout accident survenu à un fonctionnaire, quelle qu'en soit la cause, dans le temps et le lieu du service, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions ou d'une activité qui en constitue le prolongement normal, en l'absence de faute personnelle ou de toute autre circonstance particulière détachant l'accident du service ".
4. Il résulte de ces disposition qu'un accident survenu sur le lieu et dans le temps du service, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par un fonctionnaire de ses fonctions ou d'une activité qui en constitue le prolongement normal présente, en l'absence de faute personnelle ou de toute autre circonstance particulière détachant cet évènement du service, le caractère d'un accident de service. Doit être regardé comme un accident un évènement survenu à une date certaine dont il est résulté une lésion, quelle que soit la date d'apparition de celle-ci. Sauf à ce qu'il soit établi qu'il aurait donné lieu à un comportement ou à des propos excédant l'exercice normal du pouvoir hiérarchique, lequel peut conduire le supérieur hiérarchique à adresser aux agents des recommandations, remarques, reproches ou à prendre à leur encontre des mesures disciplinaires, un entretien, notamment d'évaluation, entre un agent et son supérieur hiérarchique, ne saurait être regardé comme un événement soudain et violent susceptible d'être qualifié d'accident de service, quels que soient les effets qu'il a pu produire sur l'agent.
Sur les conclusions à fin de suspension :
5. La condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier, ou le cas échéant des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
6. Il est constant que, par une décision du 24 janvier 2024, le directeur de l'Ehpad " Suzanne Valadon " a prolongé le congé de longue durée de M. E du 23 février 2024 au 22 août 2024 inclus, période durant laquelle l'intéressé continue de percevoir l'intégralité de son traitement conformément aux dispositions de l'article L. 822-15 du code général de la fonction publique. En se bornant à faire valoir que, si l'urgence à suspendre l'exécution des décisions contestées n'est pas financière, elle revêt néanmoins un caractère moral, M. E ne peut être regardé comme établissant l'existence d'un préjudice suffisamment grave et immédiat à sa situation. Il suit de là que la condition d'urgence exigée par les dispositions précitées de l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'est pas remplie.
7. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'existence d'un moyen propre à faire naître un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées, que les conclusions à fin de suspension présentées par M. E doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. Par voie de conséquence du rejet de ses conclusions à fin de suspension des décisions contestées, les conclusions à fin d'injonction présentées par le requérant doivent également être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Ehpad " Suzanne Valadon ", qui n'est pas, dans la présente instance de référé, la partie perdante, la somme que demande M. E sur ce fondement. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire doit aux conclusions présentées sur ce même fondement par l'Ehpad " Suzanne Valadon ".
O R D O N N E :
Article 1er: La requête de M. E est rejetée.
Article 2:Les conclusions de l'Ehpad " Suzanne Valadon " tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3:La présente ordonnance sera notifiée à M. C E et à l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes " Suzanne Valadon " de Bessines-sur-Gartempe.
GHELLAMGGGG
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 février 2024.
Le juge des référés,
D. A
La greffière,
M. B
La République mande et ordonne
au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour Le Greffier en Chef,
La Greffière,
M. B
if
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026